‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 13 sur 142 · DE L'ASSEMBLÉE PUBLIQUE DES ESTATS · texte numérisé non relu

DE L'ASSEMBLÉE PUBLIQUE DES ESTATS

tenuz en la ville et chasteau de Blois, soubs le perfide

Henri de Valois.

Et comme, ayant communié avec messeigneurs de Guise,

il les fait massacrer à coups de poignards.

A Paris par Nicolas le Roy et François Gence, rue de Mont-orgueil, à l'image S. Pierre. Avec Privilège de Messieurs du Conseil.

Grande pièce gravée sur bois, avec le monogramme P. H. — H. o**3oo, L. o'*397.

Dans une vaste salle, dont le plafond est soutenu par des colonnes, sont représentées plusieurs scènes différentes. A gauche, le roi Henri III, sur son trône, présidant les États ; à ses pieds, deux secrétaires écrivent le procès-verbal de la séance. Au milieu, dans le fond, le cardinal de Lorraine et le duc de Guise reçoivent la communion. A droite, assassinat du duc de Guise, et arrestation du cardinal.

On voit, en ce portrait, que Henry de Vallois Préside aux Estats en la ville de Blois,

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Lors, estant assisté de Messeigneurs de Guyse, Vrais supports de la Catholique Eglise.

Les Estais tenons, ce perfide politique, Masqué d'une vie sainte et catholique.

Communie au corps de Jésus-Christ nostre Seigneur y Avec le Duc de Guy se {de Vhérétique haineur).

Après, disnèrent ensemble, luy monstrant Signe d*amitié, soubs beau semblant.

Ce bon prince tost après fut tué et massacré, Aussi le Cardinal son frère, qui Roy l'avoit sacré.

En ceste figure Henry de Vallois faict assassiner trahitrement

M' le Duc de Guyse :

puis le montre à Monsieur le Cardinal son frère.

Gravure sur bois. H. o">a92, L. 0^346.

Au milieu de l'estampe, le duc de Guise, debout, entouré de ses assassins. Au fond, à droite, le roi Henri III, une canne à la main, assiste à l'exécution du meurtre.

Le dernier des Vallois, Henry, plain de furie, De simulation, de rancœur et d'envie, Imposteur, regorgeant en toute impieté.

Aux Estais fait{ à Blois, pour marquer lafaintise, Faict venir devant luy le noble Duc de Guise, Qu'il faict assassiner, par grande cruauté.

Ce vertueux seigneur^ appujr des Catholiques, La terreur et Veffrqy des maudits Hérétiques, Entrant au cabinet de ce Roy enragé, Par Larchant et le Cas, et autres leurs complices^ Hommes traihitres sans cjr, ne\ en tous mallefices, A grans coups depoignars est illec saccagé.

Monsieur le Cardinal, de ce bon prince frère. Est pris f bientost après une mort si sévère. Et mené vers Henry, qui, bouffant de couroux. Faisant lever soudain une tapisserie, Luy monstre ce bon Duc, tout massacré de coups. Dont encores le sang à Dieu vengeance crie.

Le Martire cruel

du Reverendissime Cardinal de Guise,

soubz l'inhumain tirant Henry de VaUois.

Grande gravure sur bois. H. o"'246, L. o™38o.

Au milieu de l'estrade, le cardinal de Lorraine se couvre les yeux avec la main, pendant que plusieurs assassins le percent de coups de hallebardes. A droite, le roi Henri III regarde le meurtre s'accomplir. A gauche, le cardinal en prières. Au fond , en dehors, des hommes attisant un brasier ardent.

Monsieur le Cardinal de Guise, détenu, Des meurtriers de Henry qui ravoient prévenu, Ponr le faire soudain suivre à la mort son frère.

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Seprosteme à genoux, etfaictson Oraison, Pardonnant aux bourreaux esloigne\ de raison. Lesquels se préparaient pour l'occire et deffaire.

Celafaict, de sa main il se bouche les yeux.

Pour ne voir ce carnage korr^le et vicieux.

Lors les trahistres arme\ luy donnent, sans attendre,

Tant de coups redouble^, qu'ils s'en trouvent lasse\. Puis ilspreignent les corps desjrères trespasse^.

Que camassièrement ils consumment en cendre.

Henry, sachant celafaict selon son désir, Sautelle d'allégresse et se donne plaisir.

Et crie à hautte voix qu'il est seul Roy de France, Qi/Cit veult remettre sus V Athée et Libertin, Le Sorcier, le Volleur, le Huguenot mutin.

Et les Diables ausquels il a mis sa fiance.

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