‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 15 sur 142 · DU CONSEIL GÉNÉRAL DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

DU CONSEIL GÉNÉRAL DES CATHOLIQUES

ESSiEDRs, VOUS nous enseignez journellement qu'il faut employer, pour l'advancement, deffense et conservation de nostre saincte Religion, de laquelle nos ennemis prétendent nous priver, non-seulement les moyens que Dieu nous a libéralement donnés, mais aussi nostre propre vie. El d'autant que, pour pourveoir à nostre intention, il est besoing entretenir Tarmée des Catholiques, conduite par M. le duc de Mayenne, et la secourir promptement pour ceste fois, ce qui ne se peut faire sans l'ayde de ceux auxquels Dieu a plus abondamment départy les biens temporels, desquels nous espérons estre secouruz, moyennant nos sainctes exhortations envers eux. Nous vous prions appcller avec vous tels ecclésiastiques et autres bons bourgeois de vostre quartier que voudrez choisir, et ensemblement prendre la peine d'aller es maisons de ceux qui sont nommés es Lettres que vous envoyons.

pour les semondre et inviter de secourir ceste cause, d^autant quUls craignent Dieu, ayment leur salut, le repos et conservation de leurs familles et biens, lesquels sont en hazard d^estre la proye des ennemis. Nostre Seigneur récompensera vostre labeur au Ciel : dont nous le prions, nous recommandant à voz bonnes grâces. A Paris, ce 22 juin iSSg.

Le Conseil général des Catholiques, vos meilleurs et plus affectionnez amis à vous servir.

Le soufflement et conseil diabolique d'Espemon à Henry de Vallois,

pour saccager les Catholiques.

Grande gravure sur bois. H. 0*240, L. o™56o.

Au milieu de Testampe, Henri III, debout, le sceptre à la main, donne audience au cardinal de Bourbon , à Tarchevéque de Lyon et au prince de Geinville (sic), pendant que Jehan d'Épernon lui introduit dans l'oreille, avec un soufflet, Tinspiration diabolique. Deux autres, dont l'un porte sur le dos une devise : VLTIMA CL.. MANE. A droite, Larchant, tenant les têtes du duc de Guise et du cardinal de Lorraine. A ses pieds, c les corps des deux frères catholiques t. Dans le fond, on aperçoit le château de Blois.

Monsieur le Cardinal de Bourbon, et aussi L'Archevesque sacré de Lion, sont ici Venus au mandement de Henry Vhomicide, Pour entendre de lujr quelle est sa volonté, Mesme pour le prier n'estreplus irrité Contre un peuple dévot, dont il doit estre guide.

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Henri, cruel tirant de tous Chrestiens honnestes^ Des Princes massacrei leur montre à F œil les testes, Que Larchant tenait lors; puis dict arrogamment : c Pour autant. Cardinal, que soutenois sans cesse c Ces deux ligueurs Guisars, riestoit ta grande vieillesse ^ c Tu serois mis à mort comme eux présentement. »

Despemon, cependant, que Bel:{ebus conseille^ D'Angoulesme, où il est, souffle droict en Faureille De Henry de Vallois, lujr remontrant qu'il /ault Mettre, par sang et feu, en ruine la France, Et que T Enfer sera son suport et deffence.

Voila pourquoy Henry est si terrible et chauvit.

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