DIABLERIE DE D'ESPERNON
Gravure sur bois. H. 6^82^ L. o"^62.
c Pourtraict de Jean Vallette », sous la forme d'un Diable couvert de poils , ayant des grifies au lieu de mains et de pieds , avec une griffe plantée entre les deux yeux.
Au-dessous de cette petite estampe, on lit :
C'est ycy le pourtraict
et au verso :
De Jean Vallette, dit de Nogaret, par la grâce du Roy, Duc d'Espemon, grand
Amiral de France et Bourgeois d'Angou-
lesme, sur son département de la Court.
De nouveau mis en lumière
par un des valets du garçon du premier toumebroche
de la cuisine du commun dudit sieur dEspemon.
Tournez le feuillet,
Et vous verrez son portrait.
ailleurs, l'an 1589, en janvier et febvrier, où les gantons et filles, hommes et femmes, se trouvoient pesle-mesle, la pluspart nuds et en chemise, encores qu'il fist fort froid, estans inTités à ceste sotte et maie déTOtion par les Prédicateurs, principalement les femmes : preschant ordinairement nostre maistre Incestre « que Dieu sToit pour agréables les petits pieds blancs et « douillets des femmes ». Ce que je ne croirois, si je ne l'aTois oui. »
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L'Estoile a ajouté à la main, aux deux côtés de l'estampe :
Ce portrait se void au commencement d^un sublin Discours, imprimé à Paris, Tan iSSg, intitulé : La grande Diablerie de Jean Vallette, dit de Nogaret,par la grâce du Roy, duc d^Espamon, Grand Amiral de France et Bourgeois dAngoulesme, sur son département de la Court, de nouveau mis en lumière par un des valets du garçon du premier tournebroche de la cuisine du commun dudit seigneur d^Espamon i.
Tumbeau sur le trespas et assassinat commis
aux personnes de Messeigneurs de Guyse,
à Blois, les xxiij® et xxiiij'' décembre
A Paris, pour Jean Guérin, demeurant rue du Puys d^Arras, près la porte Saint- Victor.
Gravure sur bois, en tête d'une pièce de vers imprimée, encadrée de fleurons et d'ornements typographiques. H. o"^3, L. o"^i63.
Au milieu de l'estampe, la Mort, debout, frappe à la fois avec deux javelots le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, débouta ses côtés. Entre let jambes de la Mort , un cartouche porte cette inscription : Virum sanguinum [sic] et dolosum abominahitur Dominus, Psalm. 5.
RRESTE ic^, Passant, contemple, je te prie, De deux Princes les faits et la mortetlavie:
Tous deux sont descendus de V estoc des Lorrains Souche de plusieurs Rois, tous deux frères germains.
I. Discours, à la Térité, digne d'un croqueltrdon. {Addition de L'Eitoiie, en note,)
Issus de ce vaillant et brave duc de Guyse, Le soutient de la France et pi Hier de l'Eglise. Qui print Met^, Terouenne, et Bologne, et Calais, L'illustre nom duquel ne périra jamais, Ni les faicls dont il a combattu l Hérétique, Pour soustenir son Prince et lafoy Catholique. Les en/ans ont suivi du Père la vertu :
L'aisné, en son printemps, les Turcs a combattu, A Vienne, à Elepante, et depuis, en la France, Souvent de l'Huguenot abaissé l'arrogance, A Poictiers, Moncontour, et en mille autres lieux, Qui demeurent marque:^ de ses/aicts glorieux, Auneau, Villemorjr, oit d'une main hardie Aux Reistres ennemis il retrancha la vie; Estant Pair et Grand- Ma istre, aymé des gens de bien. Comme celuy qui fut de la Foy le soutient.
Son frère. Cardinal et premier pair de France, Estait Prélat de Reims; H fut, dès son enfance, Soigneux du bien public et de la loy de Dieu. Il estoit honoré d'un chacun, en tout lieu.
Tous deux fussent vlvans, si la haine et l'envie D'un Henri le Tyran leur eust laissé la vie!
Henri, traistre, parjure, à tout vice adonné. Qui par taille et mignons son peuple a ruiné, Et qui,faignant vouloir ouyr leurs doléances. Fit convoquer à Blois les trois Estats de France, Devant lesyeux desquels l'hypocrite et cafard Fitmeurtrir ces deux Pairs à grands coups de poignard. Par grande trahison, plein d'envieuse rage.
Pour les veoir vertueux et d'un hardy courage Qui les rendait ainsi de tout le peuple aime^. Leurs corps ne furent pas au cercueil embaume^. Mais ce Néron les fit brûler et mettre en cendre. Dont la France est en pleur, et pour leur devoir rendre Et venger du tyran l'acte tant inhumain.
Le peuple a de son gré pris les armes en main.
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Qu'il ne délaissera jusqu'à tant que la vie Au Traistre et ses mignons on ait içy ravie; Et, pour perpétuer un si tragique faict.
De ces Pairs vertueux a mis çy le pourtraict, Que la Mortj de ses dards, ayant double visage. Dénotant trahison, fier et meurtrit y de rage. Pleure doncques, Passant, ren immortels aussi Lesfaicts^ la vie et mort de ces Princes icy.
Ils sont morts pour Jesus-Christ et le public ,
et vivront à jamais.
Copie de la Bulle (traduite en françoys) du Jubilé accordé par là Saincteté de nostre Sainct Père Sixte Cinquiesme, par la Providence divine, Pape de Rome, pour le salut et le repos du Royaume de France.
Avec faculté de absoudre tous pénitens,
mêmes les hérétiques, exceptez ceux qui sont spécialement
déclarez et condamnez.
Imprimé à Paris par Jean le Blanc, en la rue du Paon, près Saint-Nicolas-du-Chardonneret, à renseigne
du Soleil (fOr. 1 590.
Placard grand in-folio.
Sixte, évesque, serviteur des serviteurs de Dieu, à tous ceux qui ces présentes verront, Salut et bénédiction Apostolique.
\ ous, considérant que, comme, la tempeste estant I soudainement esmeue sur la mer, nostre Seigneur et Sauveur, estant invoqué de ses disci-
S^^^Jtgneur et Sauveur, estant invoqué de ses disciples fluctuans avec luy en la nacelle, commanda aux
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vents et à la mer, et incontinent survint une grande tranquillité. Ainsi, Nous, estans constituez en la nauvie de saint Pierre pour la régir et gouverner au milieu des grands et horribles tourbillons excitez de toutes parts contre elle, ne pouvons demander et attendre secours et repos d'ailleurs que de la main toute puissante de Celuy qui releva saint Pierre, cheminant sur les eaues, et que sans l'ayde spécial de la divine clémence, par le conseil et par la force des hommes, le peuple Chrestien ne peust estre délivré et garanti tant des maux présens desquels il est affligé, que des grands dangers qui le menacent et talonnent de près.
Et spécialement, remettans devant nos yeux comme ce très ample royaume de France, jadis tant florissant en piété et zèle à la conservation de la Foy Catholique, et qui souloit estre la force et le plus ferme appuy de la République Chrestienne, non-seulement est dès longtemps embrasé des guerres civiles et intestines, mais aussi pour le présent est misérablement divisé contre soy-mcsme, au moyen des grandes factions formées et armées les unes contre les autres, asçavoir des Catholiques contre les Hérétiques et des Hérétiques contre les Catholiques, et mesme des Catholiques contre les Catholiques, et que, au grand préjudice et hazard des âmes, toute unité et concorde y est rompue, tant entre les princes et grands seigneurs que entre le peuple, et que, de part et d'autre, y sont eslevées grandes et puissantes armées, qui gastent et ravagent tout cedit royaume; bref, que toutes les provinces sont en teUe combustion par ie feu et par le sang, que l'on ne peult attendre sinon une ruine totale dudit royaume, si Dieu bientost ne le regarde de son œil de pitié et miséricorde. Et singulièrement voyant {ce que nous sommes contrajnct de dé-
plorer avec extresme douleur plus tost que de réciter) comme Sathan, père et auteur de toute hérésie, en ce trouble très pernicieux, ne cesse pas ses funestes flambeaux allumer et eschauffer de jour en jour les cœurs des Hérétiques de ce temps, pour abolir s^il peult le nom de la Religion Catholique, pour saccager, prophaner et démolir les Eglises, et pour déchasser de toutes les villes et provinces de cedit Royaume Texercice de ladite Religion Catholique et faire cesser le service divin.
D'avantage, recognoissans que d^autant nostre souverain chef, Jésus Christ, a voulu que tous les fidèles soient unis ensemble, comme membres faisant un corps, pour s^entr^ayder et mutuellement secourir les uns les autres, il est de besoin et nécessaire que tout le corps d^un commun accord s^employe pour subvenir et remédier à ce trèsnoble membre extrêmement malade et travaillé. Et que comme tout le peuple Chrestien a jusquesicy, par ses iniquitez et offenses, provoqué Tire et la juste vengeance de Dieu contre soy, pour estre puny et affligé de ses fléaux en ceste principale et plus noble partie : ainsi estil très-juste et très-raisonnable que tout ledit peuple unanimement s'efforce, au moyen d'une vraye humilité et compimction de cœur et d'une parfaite pénitence, d'appaiser Tire et indignation de Dieu. Car, combien qu'il semble estre courroucé contre ses fidèles, et pour un temps semble les oublier et abandonner en tant de tribulation, de laquelle il les visite pour les corriger et chastier, néantmoins estant juste et miséricordieux, comme il punit et chastie grièvement ceux qui continuent en leur péchez, ainsi, à l'endroit de ceux qui recognoissent leurs faultes par vraye pénitence, il se montre propice et clément, et ne permet que nous soyons tentez plus que nos forces peuvent porter : ce qu'il faict, afin
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que, estant admonestez et corrigez, nous ayons recours à luy par une salutaire pénitence, et que, en temps de tribulation et nécessité, nous recourions à luy avec plus grande ferveur, comme à celuy qui nous mortifie et vivifie, qui nous navre et guarit, qui nous frappe et nous sauve, â ce que nous recognoissions que les fléaux et affections desquels nous sommes chastiez comme serfs, nous sont ordonnées pour nostre amandemeni, non pas pour nostre perdition, selon sa parole, disant par le Psalmiste : Je visiterai de ma verge leurs iniquite\, et de coups leurs péche\; néantmoins je ne laissera/ de leur faire miséricorde et ne leur nuiraj point, en vérité; et par le même Psalmiste : Ce peult-il faire que Dieu aye jamais rejecté les pécheurs, et qu'il cesse de les recevoir à pardon, ou qu'il oublie de leur faire grâce, ou que en son ire il contienne ses miséricordes ?
Et de rechef, par un autre Prophète : Ce peut-il faire que la mère oublie son propre enfant, qu'elle n'aye pitié de celuy qu'elle a porté en son ventre? et encore qu'elle l'oublie, néantmoins, je ne l'oublierqy. Et puisqu'il est le père de miséricorde et le Dieu de toute consolation, qui nous console en toute nostre tribulation, et qu'il nous a chasiié pour nos offenses, nous sauvera par sa miséricorde et ne nous rejecter a à perpétuité; et s'il nous rejecte pour nos offenses, il aura pitié de nous, selon la multitude de ses mJserations : et s'il se monstre courroucé contre nous quelque temps, par après se monstrera propice, lorsque nous le prierons : car, estant bening, miséricordieux et plus patient que nous ne sommes malicieux, il ne désire point la mort du pécheur, ains qu'il se convertisse et qu'il vive, selon que luy-mesme nous exhorte par sa parole : Convertisse:{-vous à moy, et je convertira/ à vous. Invoque-moy en temps de tribulation, et je te
deltprerqy, et tu me glorifieras. Et souvent nous enseigne par les Saintes Lettres, comme, au moyen de prières, larmes, jeûnes et aumosnes, faictes avec une vraye foy et charité, son ire est appaisée, et sa grâce impétrée.
Pour ces considérations, commençant à nostre ville de Rome, où Nostre Seigneur a estably le principal siège de son Eglise, ordonnons que processions et prières solennelles soient faiaes et célébrées es principales Eglises de nostredicte ville, sçavoir, en l'Eglise de saint Pierre, prince des Apôtres, au Vatican, et de sainte Marie Majeure, la première sepmaine de TÂdvent, afin que, par la grâce de F Esprit divin, qui postule pour nous avec gémissements inénarrables. Nous, avec un cœur vrayement contrit et humilié, et avec larmes, non point tant des yeux que de cœur, estans convertis à Dieu, nous méritions sa miséricorde : Et ce, avec nos vénérables frères les Cardinaux, Patriarches, Ârchevesques et Evesques, qui sont présents en nostredicte ville de Rome, et avec les Orateurs ou Ambassadeurs des Roys et des Princes, et avec les autres Prélats et Officiers de nostre G)ur de Rome, Magistrats, Barons, Seigneurs ; et avec tous Chapitres, Collèges des Eglises, tant Patriarchalles que Collégiales, et tout le reste du Clergé, des Églises, tant séculières que régulières, mandiantes et non mandiantes, et de toutes les autres Congrégations.
Et d'autant, que la Majesté divine souvent, ce qu^elle a octroyé par les prières de quelques particuliers, ou de peu de gens, elle Faccorde enfin, comme se laissant vaincre, par la multiplication des intercesseurs : Et que c^est chose qui touche le devoir de nostre charge comme du Pasteur universel, que de la guerre Apostolique où
nous sommes establys, nous facions retentir sans cesse la trompette d'exhortation aux oreilles du peuple Chrestien, comme Dieu le commandoit par son Prophète, disant : « Crie et ne cesse, exalte ta voix comme trompette de la part de Dieu tout puissant !" Exhortons et admonestons paternellement tout et un chacun fidèle Chrestien de l'un et de l'autre sexe, tant en ladite ville de Rome que en toute l'Italie et ailleurs, en quelques Royaumes, Seigneuries, Provinces, Isles, Citez, Bourgades et autres lieux qu'ils soient : que, après la publication des présentes, ils se convertissent d'un cœur vrayement contrit et humilié à Dieu; et que, par l'examen et diligente discution de leur conscience, se préparent à la confession sacramentale ; et, pour le regard de ceux qui sont en la ville de Rome, que le mercredy, vendredy et samedy de la première ou seconde sepmaine de l'Advent ils jeusnent; mais, pour le regard des autres lieux, que la première ou autre sepmaine après la publication de CCS présentes, selon la comodité d'un chacun, ils jeusnent lesdits trois jours, et tel jour qu'ils voudront de ladite sepmaine, ils facent confession de tous leurs péchez à tel prestre qu'ils voudront choysir, séculier ou régulier, approuvé néantmoins de l'Ordinaire : et que cesdits jours ils s'employent à prières, aumosnes et autres œuvres de piété, selon leur conscience et dévotion, et selon le bon conseil de leurs confesseurs; et le jour du dimanche immédiatement suyvant, ils reçoyvent dévotement la communion du sainct Sacrement de l'autel; et d'une intime dévotion et humilité, prient Dieu, à ce qu'il luy plaise faire miséricorde envers son peuple, pour lequel il a souffert la mort en la croix, et le délivrer des présentes calamitez et dangers, qu'ils environnent de toutes parts. Et principalement, qu'il lui plaise, en toutes les provinces.
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villes et villages de ce royaume, maintenir et conserver la Foy Catholique; réduire et ramener les Hérétiques au gyron et unité de TEglise, ou les humilier et confondre, pour du tout extirper les hérésies, et réconcilier, en une vraye union, paix et concorde de tous les princes, seigneurs, gentilshommes, et tout le peuple généralement, tous les Ordres et Estats, pour conspirer tous ensemble i la conservation de ce royaume; et que, estans bien unis, puissent en toute sécurité, et sans crainte des ennemys perfides de la Religion Catholique, sous un bon, pieux et trës-chrestien Roy, rendre paisiblement à Dieu le service qui lui est deu.
Or, afin que, avec plus grande sécurité de conscience, et plus de confiance, ils puissent implorer Tayde de la divine bonté; et quUis ne soient retardez ou empeschez de ce faire, ou par la gravité de leurs péchez, ou par la difficulté d^obtenir absolution : et que leur oraison procédante d^un cœur plus net soit d^autant plus agréable et plus efficace envers Dieu; Nous, de nostre authorité Apostolique, donnons à tous et un chacun des susdits puissance, pour ceste fois, d^eslire tels Prestres qu^ils voudront, séculiers ou réguliers, approuvez néantmoins par les Ordinaires des lieux : lesquels Prestres, après avoir ouy diligemment leurs confessions, les puissent absoudre de tous péchez, délits, crimes et excès, de quelque gravité et énormité qu^ils puissent estre, voire mesmes tous ceulx qui seroient hérétiques ou schismatiques, ou fauteurs, défenseurs, receptateurs desdits hérétiques ou schismatiques, ou leur ayant preste ayde, secours, ou faveur, direaement ou indirectement, publiquement ou secrettement, en quelque sorte que ce soit, pénitent et retournant au g3rron de nostre mère saincte Eglise (moyennant qu^ils détestent, abjurent et anathema-
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tizent ies hérésies, schismes ou erreurs, à tout le moins, en leur confession sacrementale, et qu'ils en facent satisfaction congrue à l'Eglise, et ayant ferme propos de s'abstenir de tous péchez à l'ad venir, et qu'ils le promettent par serment); et pareillement de tous autres cas, voire reservez au saînct Siège Apostolique, et contenus en la Bulle, accoustumée d'estre leue le jour du Jeudi sainct à Rome, appellée la Bulle Jti cœna Domini, et es autres Constitutions, tant de Nous que de nos prédécesseurs, desquels les teneurs voulons estre teniies pour expresses par ces présentes : Et d'abondant, de toutes semences d'excommunications, suspension, interdiction ou autres censures et peines, qu'ils auraient encourues pour les causes que dessus ou autres, en quelque manière que ce soit (exceptés toutesfois seulement les Hérétiques spécialement déclarés ou condamnés), et ce pour ceste fois, et au for de conscience seulement, et leur puissent enjoindre salutaire pénitence pour leursdicts péchez, et leur puissent changer et convertir leurs vœux (hormis le vœu de chasteté et de religion) en autres œuvres de piété.
Et, afin que les susdits fidèles soient plus excitez à l'accomplissement de tout ce que dessus, par la dispensation des dons célestes et du thrésor de l'Eglise, duquel Nous sommes dispensateurs, donnons et octroyons plenière remission et indulgence de leurs péchez (telle qui est donnée et élargie à tous ceux qui, en l'an Jubilé, visitent les Eglises députées pour ledit Jubilé, tant au dedans que dehors la ville de Rome) à tous ceux et celles qui auront accomply tout ce que dessus, et qui auront visité dévotement les Eglises susdites, pour le regard de ceux qui sont présens en nostredite ville de Rome : Et pour le regard des autres lieux, à tous ceux qui auront visité l'église, ou les églises qui leur seront députées, pour
cet efiect, par leurs prélats ordinaires,ou par leurs vicaires, ou ayans puissance légitime de ce faire, alors de la publication de ces présentes : ou bien , quant aux lieux où la publication de ces présentes ne se pourra faire , qui auront visité réglise, ou les églises que lesdits fidèles pourront d^eux-mêmes eslire par Tadvis et conseil de leurs confesseurs: Et ce, une fois seulement, tel jour de la sepmaine qu'ils ad viseront. Et, en ladite Visitation desdites églises, feront prières à Dieu, pour les causes et en la manière que dessus.
Et quant à ceux et celles qui sont enfermés es cloistres des monastères et lieux réguliers , ou détenus en prison , ou qui, pour maladie ou autre légitime empeschement, ne pourront accomplir les charges susdites ou parties d'icelles, moyennant quMls s'employent en quelques autres œuvres pieux, par Tadvis de leurs confesseurs, lesquels Nous autorisons, pour cet effect, par ces présentes, donnons pareille indulgence.
Comme aussi à tous ceux, lesquels estant en voyage ne pourroient, durant leurdit voyage, accomplir lesdites chaînes, moyennant que, aussi tost qu'ils seront délivrés desdits empêchements, la première ou autre sepmaine commode après, ils accomplissent tout ce que dessus, donnons pareille grâce et remission.
Et pour ce, commandons et enjoignons, en vertu de sainte obédience , à tous les Patriarches , Archevesques et Évesques, et à tous autres Prélats ordinaires de quelques églises et lieux que ce soit, que, incontinent après qu*ils auront receu ces présentes ou coppie d'icelles, signée de la main d'un notaire public, et scellée du sceau de quelque Prélat ou d'autre personne constituée en dignité ecclésiastique, ils indient et célèbrent ou facent célébrer processions et prières publiques, tel jour et en telles
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églises qu'ils verront plus â propos, chacun en son endroit, pour l'effect que dessus.
Et afin que tous les fidèles Chrestiens, en quelque lieu qu'ils soient, ayent moyen de gaygnerce pardon et indulgence comme dit est, que lesdits Prélats, le plus test qu'ils pourront, publient ou facent publier ces présentes, ou coppies authentiques d'icelles, par toutes les provinces, villes et diocèses de leur ressort.
DÉCLARONS, au surplus, que cesprésentes et toutes autres bulles de semblables indulgences et facultez, tant celles qui ont esté données par Nous jusques à huy, que celles qui seront données cy après, n'ont et n'auront aucun cffect et valeur, sinon au for de conscience et de pénitence sacrcmcntale , non pas au for extérieur et contentieux, el ce sans préjudice de quelque personne que ce soit.
Et pour ceste cause que tous ceux qui sont excommuniés, suspens ou interdicts, déclarés tels publiquement par sentence de quelque juge , ne peuvent jouir de ceste indulgence, si, dans le temps ordonné pour la célébration du présent Jubilé, ils ne font satisfaction des fautes pour lesquelles ils auroient encouru telles sentences et censures publiées contre eux.
Ne voulons aussi que, en vertu de ce présent Jubilé, il soit dispensé avec personne, voire au for de conscience, sur quelconque incapacité, inhabileté ou irrégularité publique ou secrette. Que si quelqu'un altentoit ou auroit attenté au contraire, ou sciemment, ou par ignorance. Nous déclarons le tout nul et de nulle efficace, nonobstant toutes Constitutions et Ordonnances Apostoliques, voire mesme celles que Nous aurions données touchant la puissance de absoudre, en certains cas et exprès réservés à Nous, comme Souverain en l'Église : De façon que semblables ou dissemblables Jubilés ou concessions de fa-
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cultez ne puissent en ce favoriser personne, sHl n^en est faicte spéciale et expresse mention dérogatoire.
A toutes lesquelles Constitutions, tant en général que en particulier, encores que d^celles, et de toutes leurs teneurs, soit faicte expresse mention spéciale, spécifique et individiie, et non pas quelques clauses générales, ou que en icelle soit gardée quelque autre forme exquise, et que telles teneurs soient réputées pour choses expresses, et insérées de mot à mot, avec leur forme du tout observée, néantmoins, par ces présentes, pour ceste fois et pour cest effect seulement, avons dérogé et dérogeons spécialement (jaçoit que autrement elles demeureroient en leur force et valeur), comme aussi à toutes autres Constitutions contraires.
Or, d'autant que Tassiduité d'oraison est de grande efficace pour impétrer de Dieu ce que nous lui demandons. Nous exhortons et admonestons tous les susdits Prélats et Ordinaires des Eglises, Monastères et Maisons régulières, tous Chappitres , Convens et Congrégations , que, outre les susdites Processions et Prières ordonnées cy-dessus pour le présent Jubilé, tiennent la main, qu^en toutes Églises, tant de nostredite ville de Rome, que dehors par toute la Chrestienté, Patriarches, Métropolitains, Cathédrales, Collégiales, Conventuelles, Séculières ou Régulières, de quelque Ordre que ce soit, tous les jours, au grand autel, devant ou après la grande Messe, soient chantées dévotement les litanies, avec les prières adjointes, ou autres spécialement à ce ordonnées. Et que tous les jours, le Dimanche et festes commandées, soient faiaes processions à Tentour desdites Eglises ou Cloitres, en chantant lesdites litanies et prières.
Et généralement, d^une affection de charité paternelle, exhortons tous et un chacun Chrestien, de Tun et de
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Tautre sexe, de quelque estât, condition ou dignité quMls soient, que tous les jours, une fois au moins, au matin ou au soir, ou autre heure commode, ou en l'église ou en leur maison , ils facent humbles prières à Dieu, pour Teffect que dessus, à ce que, prians tous sans cesse , il plaise à Dieu nous faire grâce et miséricorde, tant par abondance que par avance de sa piété, en ce que nous luy demandons.
FiNABLEMENT, voulons et ordouuons que, aux coppies de ces présentes, signées et sellées comme dit est, soit adjoustée pareille foy conmie aux originaux, s^ils estoient exhibés et représentés. Donné à Rome, au Palais de Saint-Pierre, Tan deNostre Seigneur mil cinq cent quatre vingt et neuf, le premier jour de Décembre , et Fan cinquiesme de nostre Pontificat. Signé E. Cardinalis Prodatarius M. Vestrius Balbianus, S. de Ursinis A. Cardinalis Montaltus. Jo Franciscus Ugolinus, Curiœ causarum Camerœ Apostolicœ Notarius. Et sellé d'un petit Seau en Cire rouge.
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