TUDO MEA ET LAUS MEA DOMINUS PACTUS EST MICHI IN SALUTEM
Henry de Valois, amende-toy !
Les amcs crient vengeance après toy !
Amende^-vouSy oupérire\ :
O voix de Dieu espouventable !
Amende!('VOtiSj au Cielyre^ :
O douce voix et amiable!
ÉLAs! hélas! quefay grande douleur Dedans mon cœur, esmotion cruelle.
Quand prospérer l'Hérétique infidelle Je vois partout avoir succès et heur!
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Je dis succès en maudite entreprinse A ruiner saincte Eglise de Dieu Et déposer le Roy hors de son lieu.
Tuer les bons, quand une ville est prinse.
Je crois qu'on met puissante armée aux champs Tant d'estrangers que du cœur de la France, Et toutes/ois rien en mieux ne s'advance:
L ennemi règne il y a si longtemps !
O Jésus- Christ, d'où vient un tel desastre?
Veux'tu, Seigneur y la France exterminer?
Ta saincte foy à d'autres résigner?
L abandonner au Hugnot, pour l'abatre?
Plus de mil ans, tu Vas fait triompher En premier nom, pour sa grande vaillance, Et de ta Loy la première deffence :
Ton nom avoit très précieux et cher.
Contre les Turcs et ennemis du Pape, Faicts belliqueux et stratagèmes haults Elle a laissé dans ses mémoriaux :
Et aujourd^huy elle^mesme se frappe!
Elle se perd par civile discord, De son cousteau se transperse la gorge.
Et sa fureur sur soy-mesme desgorge :
De sa main propre elle a juré sa mort!
Hélas! bon Dieu, quelle civile guerre!
Qu'elle est terrible et de piteux déduit, Non seulement pour le bien fortuit.
Mais pour ravir un plus grand que la terre!
Or, pleust à Dieu que chascuny pensast Et qu'on nefùst tant adonné au monde,
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Aux biens caducs auxquels meurt, si n'abonde. Et qu'à iceux tout son cœur ne penchast !
One Jésus-Christ ne per droit par folie.
Pour les tenir en sa possession; One ne voudroit changer religion Bonne en meschante, et loger Hérésie,
Quoy, que diction, pour le sac engarder? Aux ennemis les gens d'Eglise on livre, A prophaner r Eglise on leur délivre Indignefaict, Dieu nous veuille garder!
O peuple sot! quel bien plus te demeure.
Ayant perdu ce qu'avois précieux.
Les sacremens et gens religieux.
Sans quels ne peux estre Chrestien une heure!
Pire en cejaict te trouve qu'un payen :
Pour les autel^, en premier lieu, bataille; Et son foyer veut qu'au second il aille.
Que prennes Grec, Latin^ ou Caldéen.
Me diras-tu que la guerre est au Prestre, Qu'il est meschant, et veut le chastier Dieu tout puissant, qui ne le peust plier A s amender, sinon qu'à mort le mettre?
Dans son œil vois, possible est, unfestu, Et dans le tien ne regardes la poutre, Qui hors le poche et le passe tout outre :
Prens bien ceci^ et ne sois trop testu.
Tous offencé avons, en tant de sortes, Qu'esmerveiller on se peut justement Comme endurer Dieu peust si longuement Iniquite:{ si grandes et si fortes.
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Et dès encor le plus grand crèvecœur Que fjr peux voir, c'est que pour tant de verges Nul n'est correct, de dire ne retarges, Que l'An passé est toujours le meilleur.
Qu*est'Ce, sinon que ressembler à l'asne, Qu'au serf mauvais s* endurcir au fouet De nostre Dieu, que défaire un jouet Tousjours en pis de noircir sa banane ?
Si est-il temps de plus ne se mocquer.
Me semble voir Dieu lever la coignée, Pour y à ce coup y non V arbre estre rongnée. Mais estre mise à bas, sans révoquer.
De toutes parts sait Huguenots en armes, Bruslans, pillans, mettans les bons à mort, Et au tiers coup faisant leur grand effort De remporter par chevaux et gendarmes.
Du bon costéyfqy peur que par trop froids Ne soyons veu:{; puis est morte une Roine De grand valeur, en temps fort mal idoine :
Asse\y vray Dieu! pour y penser dix fois.
Las! retenons ceste main vengeresse, En abaissant nostre orgueil insolent.
Ambition et larcin violent^ Lasciveté, tout mal qui nous oppresse.
Si contre Dieu tousjours nous roidissons, Nous coupera j n'en faut faire de doute.
Cest le Seigneur, il veut qu^on le redoute.
Que nos forfait^, marris, amoindrissons;
Que librement nous confessions la dette ^ Démérité qu avons vers sa bonté
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Trop lourdement ; qu'à son trosne monté Est nostre mal, pour en avoir recepte.
Des maux passés que satisfaction Soit par nous/aicte, enjeusne avec prière, Aumosne aussi, toute œuvre singulière.
Des maux cherchans la réformation.
Si, faicts petits à Véquierre chrestienne, Au sacrement venons communier Du sang et corps qu'on ne peut renier, De Jésus-Christ, en l'Eglise ancienne,
Dieu pourra bien oublier sa fureur.
Car il est bon, plein de miséricorde. Et de PEnfer ne veut donner la corde Aux pénitens d' escient et de cœur.
De charité chaudement embrasée, En voix piteuse, à mercy recourir Nous faut, qu'à vice avons peu encourir.
Mais que safoy onc ri avons effacée;
Qu'aux destructeurs' de sa religion, Aux conculqueurs de son corps {saincte hostie], Aux grands haineux des saincts (sa compagnie) Ne donne France en laide irrision;
Que reprendrons les traces de no\ pères Et marcherons au sentier vertueux.
Nous retirans loing du défectueux Plain de serpens, de le\ars et vipères.
Recommandons nostre cause à la cour De benoicts Saints, confirme^ en sa grâce.
En lieu ancre\ duquel on ne déplace; Supplions-les de cordiale amour.
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Furent jadis mortels en nostre fange; Sont immortels aujourdhui pour jamais.
Ils sçavent bien que portent humains faicts : Jésus, par eux, nostre cause revange.
Il le fera, si ri est que tempeschons Par ord péché : doncques, avant qu'on tasche A savonner ceste vilaine tasche.
De son opprobre or la nous depeschons.
Ce sera lors que ceux qui ont la charge De dispenser les biens et les honneurs A gens de bien en seront purs donneurs.
Tiendront la main que chascun s'en descharge,
Quand lesPreslat:^ et tous austres pasteurs Reputeront avoir les bénéfices, Non pour dormir, ains pour belles offices ; N entretiendront fénéans et flatteurs;
Plustost seront vrays nourriciers de pauvres, Leurs bienfaicteurs, défenseurs en soûlas, Et de prescher jamais ne seront las, Du haut degré vacquer aux dignes oeuvres;
Quand les Seigneurs leurs subjects garderont Et jugeront ceux qui meinent les causes En depeschant, sans faire tant de pauses, Esgalement à chacun droict feront.
Or, pleust à Dieu que si bien conseille^ Nous fussions tous, que suyvre l'ordonnance De nostre Dieu, en vraye repentance.
Et du sommeil de la mort resveille^!
Que voulussions mourir pour la querelle De JésuS'Christ et de V Eglise saincte,
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A tout effort faire cause si saincte, Dieu ayderoit nostre vouloir et \èle,
Et si, je croy, tant de gens nefaudroit Pour rebeller la tourbe à Dieu contraire^ Que peu pourroient la forcer et deffaire, Si bon vouloir les tenoit par le doigt.
Car nous avons infinité d'exemples Que peu de gens loyaux et courageux En ont deffaict un nombre advantageux, Dieu leur donnant ses victoires très amples.
Il les guidoit et les rendoit hardis, Espouvantoit la vilaine canaille :
Aux pénitens qui livroit la bataille Un en tuoit, mille grandy par dix.
Mais quoy! celuy qui veult se laisser prendre y Merveille ri est si tost est surmonté :
Son ennemy n'est onc par lui dompté. Bien facile est que desoy-mesme rendre.
Et qu'est cecy? Sommes-nous cœurs faillis?
Devant frapper, concéder la victoire!
Comme couards, nous aura en mémoire L'âge futur y enfans de nous saillis l
Craignons, craignons que n'usons de clémence Envers ceux-là qui nous seront bourreaux, De lascheté franqoise vrais fléaux :
Car au Diable est propre V inclémence.
Et c'est justice à mort meschans ruer^ Gens obstine^, rebelles y partiaux, Indignes destre entre les entiaux, Gastans les bons, tout leur cœur à tuer.
Peuple François, pour fin, je te supplie De prendre garde à tout, et de penser Les grands dangers qui se veulent lancer Sur toy, si n'est que Dieu bon fen deffie.
Je le prier ay, avec toy, humblement^ Ne nous donner selon nostre desserte^ Ains que sa grâce au regard ayt offerte.
Qu'il nous soit père indulgent, bon, clément.
Je le prier ay, au surplus, de ne prendre En maie part ceste exhortation.
Laquelle a mis hors moy dilection, Ayant pitié de voir France en esclandre.
FIN
Dieu soit lovéI
DE CiEDE HENRICI III