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L'on fait asçavoir : à tous Luthériens et Huguenoz, lesquels taschent, par la parole de Dieu, nous oster la commodité et liberté deshontée, qu'avons eue par cy
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devant, et avons de présent, d^user de toutes choses dissoliîement, et sans contredire , comme idolâtries, impiétés manifestes et barbares blasphèmes, meurtres, extorsions, paillardises exécrables, bougreries, incestes, ravissements, usures, empoisonnements, gourmandises, yvrongneries, dances, jeux, emprisonnements, et autres voluptçz et plaisirs désordonnez, auxquels Nous nous plaisons à les raconter, comme grandes vertus, chacun le sçait et le cognoit : dont noz prédécesseurs (qui valoyent autant comme nous) ont jouy et usé longtemps, et sans grand contredit (soubs ombre de Religion et par une hypocrisie fardée, couverte de saincteté). Par ce moyen, peu à peu. Nous nous sommes ainsi agrandis, jusques à devenir Monarque, comme les histoires tesmoignent qu^avons mis le pied sur la gorge d^un Empereur, par le moyen de nostre capitaine et protecteur, le grand Lucifer d'Enfer, lequel a fait jusques icy fumer nostre cuisine à la grande sorte : ce qu^avons en grande recommandation.
PÂRQUOY Nous commandons, de nostre authorité, aux dessusdias Luthériens et Huguenotz, sur la promesse qu'ils nous doyvent, et par laquelle ils nous sont obligez,que doresenavant ils ayent à eux taire, sans nous inconmioder ni inquiéter, sur peine d'estre excommuniés de Tauthorité de nostredit Saint Siège apocriphe, lequel nous tenons de Sainct Pierre (comme nous disons), et faut que le croyez sur les peines contenues cy après. Autrement, et à faute de ce que dessus. Nous vous faisons entendre que, venans à estre les plus fortz, conmie Sathan nous promet (si Dieu ne Tempesche et retient). Nous procéderons envers eux avecques la plus grande fureur et cruauté que nous pourrons ad viser, ainsi qu'ont faict Néron, Domitian, Julian TApostat, autheurs de
nostre Siège Papal, et compagnons et suppostz de nostre dessusdici Grand Maistre, leurs Inquisiteurs, Juges, tenans nostre querelle; lesquelz, de nostre [temps], en ont faictmourirdediverses sortes, pour tascher d'esteindre et du tout suffoquer la pure vérité del'Evangilc. Atous lesquels Nous avons promis et promettons, et à tous ceux qui voudront faire le semblable, aussi bonne récompense, à la fin de leurs jours. . . Nous attendons, estans asseurez d'aller droit en Enfer, à la conduite de nostredict maistre Lucifer.
ET, au cas que Icsdicts Luthériens et Huguenotz voudroieni eux déporter de suyvrc leurs entreprises, et vivre selon noz conditions, comme on a faict depuis neuf cens ans en ça. Nous promettons les absoudre, de nostre authorité, de les récompenser s'ils veulent venir vers Nous, pour nous faire Tliommage tel, comme ont faict tes Princes et Roys jusqu'icy, auquel se baize nostre pan* louffle, comme chose saincte et digne. Ce faisant. Nous vous ostcrons hors de nostre malegrace, et vous chargerons d'Eveschés, Abbayes, Prieurez, Bénéfices, de telle sorte qu'en peu de temps Nous vous rendrons gras comme Moynes, et lourds Ignorantins docteurs de la Sorbonne. Qui est le moyen par lequel Nous avons gagné â Nous, et attirerons, si on nous veut croire, le reste des hommes.
CAR Nous serions fort despiaisantz de perdre le bon moyen qu'avons eu et avons de vivre en oisiveté, et sans rien faire de nos mains, horsmis le travail qu'avons ordinairement au service du Vin, pour un peu d'espérance qu'on nous met en avant de Vie éternelle, de laquelle n'avons aucun sentiment, quoy qu'en facions bonne myne.
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VRAY est que,d^autant que Nous sentons le Jugement DE Dieu tomber sur nous, volontiers Nous rangerions à la pure vérité du Saina Evangile de Jésus Christ et à la forme de vivre des saincts Apostres, selon laquelle Nous voudrions volontiers vivre, n'estoit que nous ne pourrions vivre de nostre façon accoustumée, sans travailler de noz mains pour ceste misérable vie, en laquelle toutesfois Nous avons constitué nostre paradis.
ITEM, il nous seroit grand mal et desplaisir, d^estre cyaprès exposez en risée et servir de fable à tout le monde, estant découverts comme vrays Hypocrites, Séducteurs, Abuseurs, Athéistes (sans Dieu ny religion : telz que nous sommes) : qui est la cause pourquoy Nous entretenons le povre peuple en des Idolâtries, Superstitions controuvées en la boutique de Sathan , lesquels toutesfois Nous confessons estre contre la pure parole de Dieu et contre i^ostre conscience. Car tel est le bon plaisir de nostredia Grand Maistre le Diable, auquel entièrement Nous obéissons.
Donné a Rome, a nostre Conclave, par le conseil
DE nos bien-aimez Cardinaux,
Ce premier jour d'Aoust mil cinq cens soixante et dou\e,
et de nostre règne environ neuf cents.
)[ Si donnons en mandement à tous ceux qui tiennent nostre party, ayant nostre honneur en grande révérence, qu'ils ayent à lire et enregistrer le contenu cy dessus.
Ainsi signé : LE PAPE.
Et audessous : Ambition , Avarice et le Ventre ,
ses loyaux Secrétaires.