‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 63 sur 142 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

La nécessité des vivres qui est en Il ceste ville, estant accreûe depuis que les g ennemys se sont logez dans les Fauxi bourgs, a donné occasion à plusieurs Bouigeois, des plus affectionnez au bien et conservation

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d^icelle, de se dispenser d^eux-mesmes d^aller aux gardes de la nuict, comme ils avoient accoustumé : Qui a esté cause que les autres ont, moins affectionnez, soubs ce prétexte, usé de pareille dispense, et que les Compagnies qui dévoient entrer en garde la nuict se sont trouvées fort faibles, ainsi que nous avons esté bien avertis par ceux qui ont durant ce temps-là fait les rondes : Ce qu^estant recongneu par lesdits ennemis, il est à craindre que, par le moyen de ces partisans qu'ils ont parmy nous, nous attaquant de vive force, il n'arrive aucun sinistre inconvénient à cestedite ville : A quoy désirant remédier autant qu'il nous est possible. Nous vous prions et néantmoins ordonnons que, continuant vostre bonne vigilance au bien et conservation de cestedite ville. Vous ayez à assembler, dans ce jourd'huy, tous les Capitaines, Lieutenans et Enseignes de vostre CoUonelle, et leur enjoindre, de par Nous, d'assister doresnavant en personne auxdites gardes de la nuict : à ce que par leur présence lesdits Bourgeois, ainsi refroidis au besoing et nécessité,, soient incitez à les assister : Ce que Nous leur enjoignons très expressément pour si peu de temps qu'il nous reste à patir, à peine d'estre descheuz du droîct de Bourgeoisie et déclarez ennemis et proditeurs de leur patrie. Fait à Paris, le jour d'Aoust iSgo.

BELLES FIGURES DE LA i-IGUE

De par le Duc de Genevois et de Nemours

Et les Prévost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.

Placard peiit tD-4°, sans nom de lieu ni d'imprimeur.

EsstEUss les CoUonels, Nous avions estimé que, suyvant nozderniei^ Mandements à vous adressez pour le faict , des gardes de nuict, vous les feriez ' exécuter de telle sorte qu'il n'en pour- ' roit arriver aucun sinistre accident à ceste ville, mais Talarmequi y a esté la nuict passée nous a fait cognoistre et juger à l'œil le peu de devoir qu'aucuns de vous et les Capitaines de voz CoUonels y ont rendu, ayant trouvé les murailles, remparts, bouleverts et autres lieux désignés par les Règlements, sur ce faict si mal gardez, que s'il n'eust pieu à Dieu par sa divine bonté nous préserver, les ennemis de son sainct nom eussent dès longtemps exécuté leurs meschans et pernicieux desseings, mesmes ceste nuict passée qu'ils ont présenté l'escalade : A quoy désirant de tout nostre pouvoir remédier, Nous vous prions et exhortons de rechef, sur tant que vous avez l'honneur de Dieu en recommandation, la conservation de vostre patrie et de ceste ville, vous ayez à faire faire, chacun en vostre regard, bonnes gardes la nuict es lieux et endroits qui

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vous ont esté ordonnez par lesdicts Règlements : Mandant et enjoignant à tous voz Capitaines, Lieutenants, Enseignes et Bourgeois, de n'y faire faute, et de continuer lesdites gardes, tandis que lesdits ennemis seront es environs de ceste ville, faisant asseoir iesdictes gardes dés les quatre heures du soir, pour y demeurer jusques au lendemain pareille heure de quatre heures du soir, â peine d'estre punis comme ennemis publics et decheuz du droict de Bourgeoisie. Faict à Paris, le diziesme Septembre 1590.

La Foy des Seize et leur Jargon pour tirer deniers.

it ajouté, de la n

i UTRE que, par tout devoir de

\ bons et vrais Catholiques, nous sommes ( obligez â la deffence et manutention de I nostre saïncte Foy, en ayant faict vœu i et serment à Dieu, nous ne pourrions faire autrement sans estre déserteurs de nous-mesmes.et de nostre propre salut : estans très certain que les desseings de nos ennemis sont du tout bandez à nostre mine, et ne peuvent faire rétablissement des hérésies et de la cruelle tyrannie qu'ils ont projettée sur le patron

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du changement d'Angleterre, sans un général massacre des principaux Prélats, Seigneurs, Magistrats et citoyens en toutes les villes de ce Royaume, C'est de quoy nous sommes menacez par eux, et à quoy nous avons à pourveoir par tous les moyens que Dieu a mis à noz mains, lesquels estans plus siens que nostres, ce seroit trop d'ingratitude d'en faire espargnc en une si saincte cause, et trop d'ignorance de penser que, si le vaisseau de cest Estât faisoit naufrage (ce queDieu ne veuille), nous ne soyons enveloppez au péril commun. Nous ne faisons aucun double qu'un chacun de nous entrant en ces considérations ne s'efforce d'apporter tout le secours qu'il peut de deniers, soit pour presi ou crédit, pour l'entretenement de l'armée Catholique, de laquelle, après Dieu, dépend nostre salut, et la seureté de noz fortunes, femmes et enfans : et, selon que nous jugeons par les heureux commencemens, estant entretenue, nous acquerra en bref un asseoie repos pour nous et les nostres, composée comme elle est de grands Capitaines et de courageux soldats, soubs la conduite d'un Prince non moins généreux que très heureux, lequel en si peu de temps nous a délivré des pernicieuses entreprises de noz ennemis sur Ccste ville, nettoyé la Brie, repris Montreau, et asseuré tous les passages des rivières. Et encores que ce secours deust estre gratuit, ayans receuz de Dieu noz biens et fortunes gratuitement et sans qu'elles nous ayent rien cousté : Si est-ce que, du prest ou crédit que nous ferons, on nous offre un certain remboursement et toutes les seuretez qui se peuvent requérir, et ceux qui des plus aisés et zélés feront la prompte advance pour ceste fois seulement, seront assignez sur les moyens qui ensuivent :

Premièrement, laVille fera un département, par tous les

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quartiers, des sommes qui seront fournies, pour lesquelles recevoir seront commis et députez deux ou quatre notables bourgeois, à la nomination de ceux qui feront les prests, avec ordonnance très expresse, tant du Conseil général que de THostel de Ville, que les deniers ne seront divertis ny employez ailleurs qu'à leur remboursement, lequel se fera dedans un mois, pour lequel temps sera assigné rente pour ceux qui la voudront prendre.

Et d^abondant, à ceux qui feront ladicte avance sera hypothéqué et afiecté le domaine de Montfort, Dreux, et autre, dont PEdict a esté de naguères vérifié au Parlement, et les maisons, héritages, estats et rentes qui appartiennent aux absens, et à ceux qui seront jugez de contraire party, tant en la Ville qu'en la Vicomte et Prévosté de Paris, et ailleurs. Plus, seront nantis de meubles précieux, si besoing est, pour plus que le prest qu'ils feront.

Monsieur Chesneau Chaufecire^, nous vous prions peser et considérer le contenu çy dessus^ et vous efforcer, pour une si saincte cause^ et, pour ceste fois, de la ee^ courir de la somme de quatre cens escus, du remboursement de laquelle nous vous asseurerons sur telle des assignations que voudre\ choisir, et vous promettons ny faire faute. Faict au Conseil, le 22 Juin mil cinq cens quatre vingts neuf.

Sénault.

I. C«s mots sont ajoutés à U main, ainsi que la somme d'argent et la dite.

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