AVEC ACTIONS DE. GRACE
sur la mort advenue à Henry de Vallois, par un Sainct et très digne de mémoire Frère Jacques Clément, Religieux du couvent des Jacobins de Paris, natif de Sorbonne, poussé du S. Esprit, pour mettre Iqs Catholiques en liberté.
Sur le chant : Tremble^^ tremhle^j Huguenots. Placard in-foL, à 3 col., sans date, ni nom de lieu et d'imprimeur.
Peuple dévot de Paris, Esfouis-toi de courage^ Par gays chants et joyeux ris, Estant libre du naufrage
I. Titre général, écrit par L'Estoile, entête des quatre Chansons imprimées en placard, qui vont suifre.
i589 BELLES FIGURES DE LA LIGUE s 19
Préparé aux Catholiques Par ce pervers et meschant Bouclier des Hérétiques, En tous ses faits inconstant !
Plus cruel et inhumain Qu'un Néron trouant de rage, Dont le sang est en la main De sa mère, le carnage, N'a-il pasfaict le semblable.
En la Rochelle et ailleurs, Se rendant leur secourable^ S'accompaignant de voleurs?
Tesmoing en est ce Biron^ D^avarice t exemplaire.
Et le démon d'Espemon, Des En/ers le Secrétaire :
Il laissera leur salaire Bien préparé, je le scajr !
D'Of d'Aumont, et les confraires, En jouiront de Vessay,
// afaict profession De deffendre nostre Eglise :
Mais, plus cruel qu^un lyon, Se nourrissant en sa guise.
S'accosta des Hérétiques, Gens semblables à Henry,
aao PIERRE DE L'ESTOILE 1589
Contrefaisant rhipocrite, De tous vices endwrçy.
Il a sucé tout le sang De son peuple débonnaire ; Comme un taureau mugissant, S* est rendu son adversaire; Tirant du fort et dufoible Les moyenSy en gaudissant. Vers nous s'est rendu corsaire, La rage l'engloutissant.
Après avoir fait mourir
De ce siècle r espérance,
Cuidoit les autres férir.
Tous vrays supports de la France.
Mais le mol fer de la lance
A rebouché, en rompant.
Et ce Cousteau d'espérance
L* a fait mourir à F instant.
// s'approche de Paris j
Y voulant couper les vivres; Mais à Saint'Cloudfut surpris,
Y gissant mort, s'il n^estyvre.
Je Vay veu (je le tesmoigne), Estant assis sur ung lit,
Mis à mort par un saint Moine, Jacobin, ainsi qu'on dit.
i589 BELLES FIGURES DE LA LIGUE aai
Dont le chantons bien heureux D^avoir fait tel sacrifice, Faisant mourir Vorgueilleux, De tous les maux la nourrice, Qui tant afflige son peuple, OiiHl nepeult plus respirer :
Tout le reste de son meurtre Veult le Biart hériter.
Mais ses jours il finira Bien plus tost que il ne pense.
Ou diligent s^en ira Hors d'icy, 6 noble France, Qui tant à souffert d'outrance De ce tyran inhumain :
Von luy crèvera la ponce.
Soit aujourd'hui ou demain.
OseS'tu bien hasarder, Biernois,plain defallace, D'orgueil^ voulloir^ impiété, Ce Royaume plain de grâce ?
Ta teste nest suffisante!
A quel jeu l* as-tu gaigné.
Par tapresche desplaisante.
De ces desseings eslongné?
// est mort, ce traistre Royt Il est mort, 6 Thypocritel
%%% PIERRE DE L'ESTOILE iSSg
Il est mort en desarrajr, Vestu de ses/aicts iniques!
Il est mort, 6 le meschant!
Sa sépulture aux Enfers, Et à jamais languissant.
C'est le guerdon des malfaits,
Oh l le bon Dieu, qui a soin De son peuple variable, Va regardé au besoin, En se rendant favorable.
Le délivrant de la perte Visible devant nos^eux.
Cestoit chose descouverte.
O desseing pernicieux !
Prions tous dévotement Pour ce Moyne secourable^ Qui s'est offert librement Au supplice exécrable.
Cestoit pour nous demonstrer Le sang de ce [Roy] cruel Et pour estre transporté Au Royaume étemel,
O le sainct Religieux De Sorbonne, sa naissance, Jacques Clément bienheureux, Des Jacobins l'excellence,
i589 BELLES FIGURES DE LA LIGUE sa3
Qui, par sa bénévolance.
Guidé par le Sainct Esprit, A mérité asseurance Len haut au^Ciel où il vit.
Fin.
CHANSON NOUVELLE
ou EST DESCRITE LA VERTU ET VALEUR DES LYONNOIS
en la deffence de Pontoise.
Sur le chant : Estendu parmy les fleurs.
Placard in-fol., à 3 coL, sans date, ni nom de lieu et d'imprimeur.
PONTOISE, afin qu^à Vadvenir Chacun se puisse souvenir Que tu as /ait grand* résistance A u dernier Valois de la France,
1. Je veux publier, en ces vers, Par tous les coins de l'univers, Que tu as défendu sans crainte Le parti de la cause sainte,
2. Plusieurs Régiments, commandé^ Par grands seigneurs, furent mander Dans Pontoise^ pour la deffendre.
Car l'ennemi la vouloit prendre.
224 PIERRE DE L'ESTOILE iSSg
3 . Deux Rois, usant d'un pied légier, La vindrent soudain assiéger, Ayans à force infanterie
Et une grand^ cavallerie.