‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 72 sur 142 · Mais on ne voulut nullement Démolir si grand bastiment · texte numérisé non relu

Mais on ne voulut nullement Démolir si grand bastiment

Et voila comme Vavarice Apporte tousjours préjudice.

1 1 . Von ne voyoit les cœurs faillir j Soit pour deffendre ou assaillir, Aux Lyonnois, lesquels sans cesse Combattoyent avec grande adresse.

12. Ils soustindrent virilement Et combattirent longuement Dedans V Eglise vénérable

De la VIERGE très honnorable.

1 3. Car les ennemis, de plein sault.

Par là donnèrent leur assault, Pensant, s'ils gaignoient cette église^ Que la ville seroit tost prise.

14. Les LYONNOIS, qui entendoient A quoy les ennemis tendoyent.

Gardèrent d'une force exquise

Tout le pourpris de cette église.

1 5. Mais les cannons des ennemis f Qui contre estoyent braqués et mis, Et tonnoyent ainsi que la foudre.

Mirent toute la vouste en poudre.

16. Le camp des deux Roy s a esté^ En ce siège, très bien frotté,

Et a veuy assiégeant PONTOISE, Que vault force Lyonnoise.

iS

ta6 PIERRE DE L'ESTOILE iSqo

17. Par quoy, ces Rqys, déplus en plus Voyant tant de leurs chefs perdus,

Se despitqyentj et leur courage Estoit tout agité de rage.

1 8. Par dix et sept jours tous entiers, Ils nous battqyent de tous quartiers, Mais nous repoussions leur furie

A grands coups d'escopeterie,

1 9. Les citoyens ri espar gnoient rien De ce qui estoit de leur bien,

Et donnoient aux soldats courage, Par bonne chère et bon visage.

20. Les femmes venqyent aux remparts Et y apport oient aux soudarts

Tout ce qui estoit nécessaire.

Sans craindre le camp adversaire.

2 1 . Mais, tant jour que nuict canonans.

Et sur nostre ennemy tonnans.

Nos pouldres, hélas ! nous faillirent Et en grande tristesse nous mirent.

Page 1