SUR LES CALAMITEZ DE CE TEMPS PRESENT
Placard pet. in-4, à 3 col., sans nom de lieu ni d'imprimeur.
Puisque Mars impétueux
A ses yeux Tournés sur la triste France, Pour accabler de ses mains
Les humains Soub\ sa cruelle puissance^
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Sur le Théâtre Gaulois
Maintes/ois A dressé une Trophée De sa dure Tragédie
Et furie, Pour la France désolée.
De vol et ravissement
Maintenant Toute pleine l'a rendue, De mespris et remarques^
Cruauté:^ Va par toute respandue,
De pleurs et gémissemens,
Hurlemens Des orphelins^ qui sans cesse Sont tourmente^ déplorer,
Lamenter, Leur incroyable détresse !
En a peuplé les chemins.
Et sont plains De leur malheureux désastre, Et de leur piteux exil
Et péril Font gémir mesme les astres t
On voit les oiseaux voler
Parmy l'air, Nous donner un chant ramage^ Remply de confusion.
Maris son.
De voir si cruelle rage.
Les for est s et les buissons.
De leurs sons.
Font un bruit espouvantable, Comme voulant dénoncer
Et monstrer Quelque douleur lamentable.
Non refait de tant de maux
Et assaux.
Sur ceste bénigne terre, Nous a vomy le venin
Inhumain De la paternelle guerre.
Le père acharné au fils
Et surpris D'une bourelle vengeance; L enfant bruslant de courroux ,
A tous coups, De la mort font alliance.
C'est le Seigneur tout puissant.
Nous voulant Monstrer sa juste sentence.
Pour nous rigoureusement
Justement Chastier de nostre offence.
Permettant tout ce malheur
Et rigueur^ Soub\ le sceptre d'une enfance^ Voulant son peuple abysmer
Pour régner, Met Roy sans obéissance,
O pauvre peuple Gaulois,
Tu soulois Estre Vheureux de l'Europe^ Estant le mieux fortuné.
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Suporté De Dieu Vinvincible trope.
Mais, f estant, fol, eslongné
Et jette Hors du sein de sa clémence, Embrassant tout le désir
De choisir La fureur qui tant t'offence :
Tu as esté T inventeur
Du malheur Qui a causé ta ruïne :
Que si tu ne te cognois,
RecognoiSf Garde vengeance divine!
Toute/ois pose l'appuy
De ton crjr Sur la bonté nonpareille Du vray Seigneur, le soustien
Du Chrestien, Qui oyt ta juste querelle :
Et te fera triompher
De dompter Celle trouppe ramassée De ces grands loups enragés,
Affame^ A la brebis esgarée.
Et Vaigneau, de toutes parSf
Est espars.
De la surprise sanglante Des pards et loups ravisseurs,
Espieurs De sa fin et mort dolentes
Ne se doubtant d'éviter
Le danger D'une faintc courtoisie, Est poursuivjr de Veffort
D'une mort Furtive et pleine d^envie.
Héla\! bon Dieu, mets ton œil
Sur le dueil De ce peuple misérable, Qui n'a nul autre confort
Que le sort De Clotho, Parque muable :
S'asseurant de ta faveur
Et douceur, Te requiert pardon et grâce.
Se repentant du forfait
Qu'il afaict, Délaissant ton alliance.
Que si toy, Dieu éternel,
Immortel, Par ta déité puissante^ N^as esgard au juste sang
Qu'on respand Dans flots et onde courante;
Si bien que, de jour en jour ^
Est le cours Empesché de Veau flottante.
Pour le grand nombre des corps
Qui sont morts Sur la campagne plaisante !
C'est fait du peuple François, Cestefois,
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Souffrant langoureux martyre^ Ne se pouvant retirer
Du bourbier Appresté pour le destruire.
Tu es le seul protecteur
De thonneur Des amateurs de ta gloire :
Sauve de France le nom
Et renonty Car il a de toy mémoire ;
Et que, conduit sous ta main,
Soit en vain L'effort du meschant rebelle, Pourpensant enraciner
Et planter En la Gaule sa querelle :
Permettant que, sous ta loy.
Son vray Roy, Conduit par ta providence.
Puisse du tout saccager,
Ruiner De ces mutins Parrogance.
Fin.
26o PIERRE DE L'ESTOILE iSgo