CHAPITRE VII
Monseigneur, mal conseillé, n'attaque point les retranchements d'IIeiJbronn, dont le maréchal de Lorges est outré. — Monseigneur de retour du Rhin et Monsieur des côtes. — Succès à la mer. — Siège et prise de Charleroy par le maréchal de Villeroy. — Prise de Rose par le maréchal de Noailles. — Bataille de la Marsaille en Piémont.
— J'arrive à Paris, et j'achète un régiment de cavalerie. — D'Aquin, premier médecin du Roi, chassé, et Fagon en sa place. — Fortune et mort de la Vauguyon. — Survivance de Pontchartrain. — Saint- Malo bombardé sans dommage. — Mariage du maréchal de Boui'flers.
— Dangeau grand'maître de Tordre de Saint-Lazare. — Ordre de Saint-Louis.
Le maréchal de Lorges passa le Rhin, et prit la ville et le château d'Heidelberg, puis passa le Necker, et prit Zuingenberg, où Vaubecourt eut un pied cassé et le prince d'Épinay a été dangereusement blessé. La jonction faite de Monseigneur, le maréchal de Lorges voulut attaquer Heilbronn : Monseigneur y trouva de la difficulté. Le maréchal s'y est opiniâtre, les a toutes levées, et les troupes ne demandoient qu'à donner, lorsqu'un petit conseil particulier de Saint- Pouange et de Monsieur le Premier1 a tout arrêté. Le maréchal s'est mis en furie, mais Ghamlay ayant été entraîné par les deux autres, et Monseigneur penchant fort de ce côté, il n'y a pas eu moyen de le résoudre, au grand regret des principaux généraux et de toutes les troupes. Le reste de la campagne se passa en subsistances abondantes, et Monseigneur revint de bonne heure avec ses trois conseillers pacifiques. Monsieur, avec le maréchal d'Humières, étoit revenu longtemps avant lui de Pontorson, où il s'étoit le plus fixé. 11 avoit fait un to.ur en Bretagne, où le duc de Ghaulnes l'avoit reçu et traité avec une magnificence royale. Monsieur eut des relais du Roi à Dreux, et trouva Madame, qui venoit d'avoir la petite vérole.
J. On appelait Monsieur le Premier le premier écuyer du Roi : c'était Ors le marquis de Beringhen.