‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 187 sur 393 · ET INSPECTEURS EN TITRE · texte numérisé non relu

ET INSPECTEURS EN TITRE

ment au quartier général, et dispense de leur service de brigadier pendant la campagne. Telle fut la fondation de ces emplois, qui blessa extrêmement les officiers généraux de la cavalerie et des dragons.

Le comte d'Auvergne, nourri de couleuvres sur sa charge depuis longtemps, avala encore celle-ci en silence. Rosen, étranger et soldat de fortune jusqu'à avoir tiré au billet p. s* maraude, quoique de bonne noblesse de Poméranie, devt,^ lieutenant général et mestre de camp général de la cavalerie, étoit un matois rusé qui n'avoit garde de se blesser, et qui loua au contraire cet établissement. Yillars, lieutenant général et commissaire général de la cavalerie, ébloui de sa fortune et de celle de son père, se fit moquer des deux autres, à qui il proposa de s'opposer à une nouveauté si préjudiciable à leurs charges, et encore plus du Roi, à qui il osa en parler. Huxelles pour l'infanterie, et du Bourg pour la cavalerie, eurent la direction du Rhin; ils se retrouveront ailleurs : le premier lieutenant général et chevalier de Tordre, l'autre maréchal de camp. Chamarande et Vaudray, deux hommes distingués par leur valeur , par leur application et par leur mérite : Vaudray étoit d'une naissance fort distinguée, du comté de Bourgogne, singulièrement bien fait, mais cadet et pauvre. De chanoine de Besançon, il prit un mousquet, devint capitaine de grenadiers, et reçut trente-deux blessures, dont plusieurs presque mortelles, à l'attaque de la contrescarpe de Conni, sans vouloir quitter prise, et y fut laissé pour mort. Cette action le fit connoître, et lui valut peu après le régiment de la Sarre. Ghamarande avoit été premier valet de chambre du Roi, en survivance de son père, qui l'avoit achetée de Beringhen, et en avoit conservé toutes les entrées. Le père étoit de ces sages que tout le monde révéroil [ our sa probité à toute épreuve et pour sa modestie. 11 avoit vendu sa charge, et le Roi, quil'aimoitetle considéroit fort au-dessus de son état, l'avoit fait premier maître d'hôteJ de Madame la Dauphine lors du mariage de Monseigneur. 11 fit cette charge au gré de toute la cour, et eut toujours

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