LAUZUN SE BROUILLE AVEC LORGES
chose avec le Roi, à l'occasion d'un beau-père général d'armée, ne lui pardonnoit pas d'avoir résisté à tous ses contours et de ne l'avoir mis à portée de rien. ïl ignoroit les précautions et les défenses expresses du Roi là-dessus lors de son mariage ; et quand il les auroit sues, il n'auroit pas trouvé moins mauvais que le maréchal ne les eût pas su vaincre. G'étoit d'ailleurs un homme peu suivi et peu d'accord avec soi-même, et dont l'humeur et les fantaisies lui avoient plus d'une fois coûté la plus haute et la plus solide fortune. Dépité donc de n'avoir eu part à rien, et hors d'espérance d'y revenir par un beau-père qui ne commandoit plus d'armées, il ne compta plus assez sur sa charge pour se contraindre plus longtemps. Ce n'étoit pas un homme à durer longtemps au pot et au logis d'autrui, et la jalousie, qui toute sa vie avoit été sa passion dominante, ne se pouvoit accommoder d'une maison soir et matin ouverte à Paris et à la cour, et qui fourmilloit à toute heure de ce qu'il y avoit de plus brillant en l'une et en l'autre, sans que la cessation du commandement eût rien diminué de cette nombreuse et continuelle compagnie. Il avoit surtout en butte les neveux, qui étoient sur le pied d'enfants de la maison, et il étoit extrêmement choqué de leur âge et de leur figure avec une femme de l'âge et de la figure de la sienne : elle ne sortoit pourtant jamais des côtés de sa mère, et ni le monde ni lui-même n'avoient pu trouver rien à reprendre en elle; mais il trouvoit le danger continuel, et comme les vues d'ambition ne le etenoient plus, il ne résista plus à ses fantaisies : plaintes /agues, caprices, scènes pour rien, lettres ou d'avis ou de nenaces, humeurs continuelles. Enfin il prit son temps lue M. le maréchal de Lorges avoit le bâton à Marly pour [. le maréchal de Duras; il sortit le matin de l'hôtel de orges, manda à sa femme de le venir trouver dans la naison qu'il avoit gardée joignant l'Assomption, rue Saintlonoré, et qu'elle auroit un carrosse sur les six heures, our y aller désormais demeurer avec lui. Quoique tout ût dû préparer à cette dernière scène, ce furent des cris