AFFAIRE DE ^ARCHEVÊQUE DE CAMBRAY. 4(H
fond de sa doctrine, sans avoir pu lui persuader de changer de sentiment. On peut juger qu'elle les avoit épurés en effet, ou du moins en apparence, de tout ce qui étoit reproché de sale et de honteux à cette doctrine, et à ce 4ui lui avoit été reproché de sa conduite avec le P. la Combe, et de ses bizarres voyages avec lui. Sans des précautions les plus scrupuleuses là-dessus, elle n'auroit pu surprendre la candeur et la pureté des mœurs des ducs de Chevreuse et de Beauvillier. de leurs épouses, de l'archevêque de Cambray, et de bien d'autres personnes qui faisoient l'élite de son petit troupeau. Mais, lasse enfin d'être comme prisonnière entre les mains de Monsieur de Meaux, elle avoit feint d'ouvrir les yeux à sa lumière, et avoit signé une rétractation telle qu'il la lui avoit présentée, moyennant quoi lui, qui étoit doux et de bonne foi, en fut la dupe, et lui procura la liberté, dont l'abus qu'elle fit par les assemblées secrètes qu'elle tenoit avec les plus affîdés de son école la firent chasser de Paris, puis, sur son retour secret, enfermer à Vincennes. Cette mauvaise foi de la fausse convertie, jointe au peu de fruit des conférences d'Issy, qui sont si connues, et le célèbre tour que fit si prestement Monsieur de Cambray de se confesser à Monsieur de Meaux, pour lui fermer la bouche, mit enfin la main de ce dernier prélat à la plume, pour exposer au public et la doctrine, et la conduite, et les procédés de part et d'autre depuis la naissance de cette affaire, sous le titre & Instruction sur les états d'oraison.
Cet ouvrage lui parut d'autant plus nécessaire que Monsieur de Chartres d'abord, et Monsieur de Paris ensuite, n'avoient traité l'affaire que d'une manière toute théologique par leurs mandements, et qu'il crut important de réduire au clair cette théologie, assez pour être entendue de tout le monde, et mettre en même temps au net ce qui s'étoit passé là-dessus avec Monsieur de Cambray. Comme il étoit rempli de la matière, tant par ce qui s'étoit passé à ïssy avec Monsieur de Cambray, que par ce qu'il avoit vu des livres de Mme Guyen, puis d'elle-même