‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 35 sur 393 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

avec celle de l'Église, pourroit-on sans honte se faire u: scrupule de savoir ce qu'a été la Grèce, ce qu'ont été le Romains, l'histoire de ces fameuses républiques et de leur personnages principaux ? Oseroit-on ignorer par scrupul les divers degrés de leurs changements, de leur décadence de leur chute, ceux de l'élévation des États qui se son formés de leurs débris, l'origine et la fondation des monai chies de notre Europe, et de celle des Sarrasins, puis de Turcs, enfin la succession des siècles et des règnes, et leur événements principaux jusqu'à nous? Voilà en gros pou l'histoire générale. Venons maintenant à ce qui regard celle du temps et du pays où l'on vit.

Si Ton convient que le scrupule qui retiendroit daiï, l'entière ignorance de l'histoire générale seroit la plus gros sière ineptie, et qui jetteroit dans les inconvénients h plus honteux et les plus lourds, il sera difficile de se peu suader qu'aucun scrupule doive ou puisse admettre l'ignc! rance de l'histoire particulière du temps et du pays où l'o vit, qui est bien plus intéressante que la générale, et qx touche bien autrement l'instruction de notre conduite i de nos mœurs.

J'entends le scrupuleux répondre que l'éloignement à( temps et des lieux affranchit la charité en quelque sort sur les vices de personnages étrangers, reculés, dont o ne connoît ni les personnes ni les races, et à qui il n'e plus d'hommes qui puissent prendre quelque part; bie différents de ceux de notre pays et de notre âge, que noi connoissons tous par leurs noms, par leur conduite, pi : leurs familles, par leurs amis, pour qui on a pu concevo de l'estime, qui même en ont pu mériter par quelques ei droits, et pour qui on fait souvent plus que la perdre p<\ la levée du rideau qui les couvroit.

L'objection n'est pas différente de celle qui a été dé.ji présentée; les raisons qui la détruisent ne seront pas diff ( rentes aussi des premières dont on s'est servi ; mais poi couper court, ne craignons point le sarcasme, et un sa

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