‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 360 sur 393 · SUSPENSION D'ARMES SUR LE RHIN. [1697] I · texte numérisé non relu

SUSPENSION D'ARMES SUR LE RHIN. [1697] I

de Vienne, ce qui n'cmpêchcroit pas d'observer la suspen-J sion en attendant. 11 défendit donc aussitôt tous actes d'hos- 1 tilité, et rappela tous les hussards et les partis qui étoient 1 dehors. J'eus grande envie de prendre cette occasion d'aller] voir Mayence; plusieurs y furent, mais je n'en pus jamais obtenir la permission du maréchal. Il se tint toujours à dire que j'étois trop marqué, et que, tout général d'armée qu'il étoit, il n'y avoit que le Roi qui pût permettre à un duc et pair de sortir du royaume. Nous n'en fûmes pas longtemps à portée, mais ma curiosité n'en fut pas moins dépitée. La suspension étoit jusqu'au 1er novembre, et laissoit à; cette armée liberté de subsister en attendant en pays en nemi. Comme par la suspension il n'y avoit rien à craindre, et que les fourrages manquoient absolument, l'armée alla cantonner dans le pays de la Sarre, et le maréchal prit son quartier général aux Deux-Ponts Un comte de Nassau Hautveiller, voisin de là, y amena de fort bons chiens; courants pour le lièvre, et cette honnêteté nous fit grand plaisir. L'ennui nous faisoit faire des promenades à pied; de trois et quatre lieues, et nous gagna à tel point plusieurs que nous étions, qu'il nous persuada une vraie équipée. Du Bourg, lors maréchal de camp et directeur de la ca valerie, faisoit ses revues par les quartiers. Il nous conta plusieurs choses curieuses d'une femme possédée, qu'il avoit apprises en passant à l'abbaye de Metloch, à deux lieues de Sarrelouis, qu'on y exorcisoit, et que pourtant il n'avoit point vue. Sur cela nous partîmes sept ou huit, moitié relais, moitié poste, pour faire dix-huit lieues. Au sortir de Sarrelouis, nous trouvâmes des gens qui en ve noient, qui nous assurèrent que cette possédée n'étoit rien moins, mais ou une espèce de folle, ou une pauvre créature qui cherchoit à se faire nourrir. La honte et le courrier qui portoit les quartiers d'hiver et l'ordre de la sépara tion de l'armée, que nous avions rencontré à deux lieues de là, nous empêchèrent de pousser plus loin. Noue tournâmes bride, et revînmes tout de suite aux Deux^ Ponts, où je trouvai le courrier du cabinet couché dans le

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