‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 366 sur 393 · HAINE DU ROI ET DU PRINCE D'ORANGE · texte numérisé non relu

HAINE DU ROI ET DU PRINCE D'ORANGE

traverser ce prince, non-seulement dans les affaires d'État, mais dans toutes les particulières et personnelles, de soulever tout ce qu'ils pourroient de gens des villes contre lui, de répandre de l'argent pour faire élire aux magistratures les père )nnes qui lui étoient les plus ooposées, de protéger ouvertement ceux qui étoient déclarés contre lui, de ne le point voir; en un mot, de lui faire tout le j mal et toutes les malhonnêtetés dont ils pourroient s'aviser. Jamais le prince, jusqu'à l'entrée de cette guerre, ne cessa, et publiquement et par des voies plus sourdes, d'apaiser cette colère; jamais le Roi ne s'en relâcha. Enfin, désespérant d'obtenir de rentrer dans les bonnes grâces du Roi, et dans l'espérance de sa prochaine inva- 1 sion de l'Angleterre et de l'effet de la formidable ligue 1 qu'il avoit formée contre la France, il dit tout haut qu'il f avoit toute sa vie inutilement travaillé à obtenir les bontés j du Roi, mais qu'il espéroit du moins être plus heureux à 1 mériter son estime. On peut juger ensuite quel triomphe ce fut pour lui que de forcer le Roi à le reconnoître roi d'Angleterre, et tout ce que cette reconnoissance coûta au Roi.

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