‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 49 sur 393 · SIÈGE DE NAMUR · texte numérisé non relu

SIÈGE DE NAMUR

plus superb3 revue qui ait peut-être jamais été faite, de ces deux armées rangées sur deux lignes, la droite de M. de Luxembourg touchant la gauche du Roi et tenant trois lieues d'étendue.

Après dix jours de séjour à Gevries, les deux armées se séparèrent et marchèrent. Deux jours après, le siège d( Namur fut déchiré, où le Roi arriva en cinq jours de marche. Monseigneur, Monsieur, Monsieur le Prince et le mj réchal d'Humières, tous quatre, l'un sous l'autre par degrés, commandoient l'armée sous le Roi, et M. de Luxembourg, seul général de la sienne, couvroit le siège et faisoit l'observation. Les dames étoient cependant allées à Dinan. Au troisième jour de marche, Monsieur le Prince fut détaché pour aller investir la ville de Namur. Le célèbre Vauban, l'âme de tous les sièges que le Roi a faits, emporta que la ville seroit attaquée séparément du château, contre le baron de Rressé, qui vouloit qu'on fît le siège de tous les deux à la fois, et c'étoit lui qui avoit fortifié la place. Un fort mécontentement lui avoit fait quitter depuis peu le service d'Espagne, non sans laisser quelque nuage sur sa réputation de s'être aussitôt jeté en celui de France. Il s'étoit distingué par sa valeur et sa capacité ; il étoit excellent ingénieur et très-bon officier général. Il eut, en entrant au service du Roi, le grade de lieutenant général et un grandi traitement pécuniaire. C'étoit un homme de basse mine,' modeste, réservé, dont la physionomie ne promettoit rien,., mais qui acquit bientôt la confiance du Roi et toute l'estime | militaire.

Monsieur le Prince, le maréchal d'Humières et le mar- ; quis de Boufflers curent chacun une attaque. Il n'y eut i rien de grande remarque pendant les dix jours que ce siège dura. L'onzième de tranchée ouverte, la chamade fut battue, i et la capitulation telle à peu près que les assiégés la desi- 1 rèrent. Ils se retirèrent au château, et il fut convenu m part et d'au Ire qu'il ne seroit point attaqué par la ville, et que la ville seroit en pleine sûreté du château, qui ne tireroit pas un seul coup dessus. Pendant ce siège, le Roi fui

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