‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 95 sur 393 · MORT DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS XIII

blants. On voit dans cet ouvrage qu'il avoit toute la confiance de son parti, qu'il y influoit par ses conseils, qu'il avoit une pénétration profonde, une grande probité, et l'amour de la vérité; (et l'exactitude à la transmettre à la postérité s'y fait sentir partout, jusque dans les choses les moins avantageuses), et qu'il auroit pu cacher des fautes et des foiblesses des personnes à qui il étoit attaché. Dès les premières pages de son histoire, qu'il commence à la mort de Louis XIII, et qu'il décrit courtement, mais avec des traits admirables pour ce prince, il rapporte un fait merveilleux, et qu'il étoit en situation d'avoir appris sur-lechamp de Monsieur le Prince même et de M. de Longueville. Parlant du Roi, qui mourut le lendemain : Condœum intuitus, dit-il, livre Ier, page 17, Filius tuus,inquit, insignem victoriam reportavit (comme les prophètes, ce qui va arriver comme déjà passé).... Ici ante efflatam animam, Ludov. magis prœsagio, quam mentis alienatœ signum dédit. Gast. Aurel. fratrem unicum serio monuit, etc.... Quœ toiies concionatoribus infonata reticeo. Nullus mortalium, nec antiquorum nec recentiorum, fatum ultimum tara intrépide excepit.

Pour revenir à mon père et à sa nouvelle charge, il en fit les fonctions aux obsèques du Roi, et il m'a souvent dit qu'en jetant l'épée royale dans le caveau, il fut au moment de s'y jeter lui-même. Il ne pensoit qu'à sa douleur, et ses amis le pressoient d'envoyer chercher ses provisions de grand écuyer sans qu'ils le pussent distraire. A la fin pourtant il y envoya; ce fut inutilement : elles n'étoient pas, disait-on, expédiées.

Le crime r-end honteux, on ne l'avoue que le plus tard qu'on peut; cependant, après plusieurs envois, il apprit que Chavigny avoit laissé son nom en blanc, îjien sûr que le Roi, en l'état extrême où il se trouvoit lorsqu'il lui dicta ses dernières dispositions, signeroit sans lire, ainsi qu'il arriva; que Ghavigny avoit été trouver la Reine, auprès de laquelle il s'étoit fait un mérite de sa scélératesse, pour lui laisser la disposition de la charge de grand écuyer, dont il rempli- Saint-Simon i. 5

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