‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 106 sur 334 · Lisez : « le 27 mai · texte numérisé non relu

Lisez : « le 27 mai

7. Don Jean-Emmanuel Fernandez Pachecho, né le 7 septembre 1648, huitième duc d'Escalone, marquis de Villena et Moia, comte de San-Estevan de Gormaz, etc., chevalier de la Toison d'or et grand d'Espagne, fiit successivement vice-roi et capitaine général en Navarre, en Aragon,

le même), vice-roi de Catalogne, et le défit : quinze cents prisonniers, tout le canon et le bagage, et les ennemis en fuite et poursuivis. Ils y ont perdu cinq cents hommes; M. deNoailles, trois cents ^ Le vieux Chazeron^, chevalier de l'Ordre et premier lieutenant général de cette armée, eut tout l'honneur du passage et du combat'; M. de Noailles ne passa le Ter que pendant la déroute des ennemis : au moins c'est ce qui se débita, et qui a été cru*.

en Catalogne, en Sicile et à Naples. Il eut la charge de majordome-major en 1713, et mourut à Madrid, en juillet 1725. Saint-Simon parlera longuement de lui au chapitre des Grands d'Espagne (tome XVIII, p. 79-82).

4. Saint-Simon tire ces deux phrases du Journal deDangeau, tome V, p. 21, comme le prouve d'ailleurs le passé indéfini qu'il a conservé. Dangeau avait dit : « Nous avons plus de deux mille cinq cents prisonniers {Saint-Simon écrit : 1500) et beaucoup de drapeaux, et tout le bagage des ennemis.... On croit que les ennemis, outre leurs prisonniers, ont bien perdu cinq mille hommes {Saint-Simon écrit : 500) à cette action ; nous n'y avons perdu que trois cents hommes » Selon une rectification de Dangeau (tome V, p. 24), il y avait trois mille cinq cents prisonniers. On remarqua à Paris que cette victoire avait été remportée le même jour et à la même heure qu'on faisait descendre la châsse de sainte Geneviève pour implorer l'appui de Dieu.

2. François de Monestay, marquis de Chazeron, capitaine de cavalerie en 1646, lieutenant aux gardes du corps en 1667, brigadier de cavalerie en 1668, maréchal de camp en 1675, lieutenant général en 1677. Il avait la lieutenance générale de Roussillon depuis 1681, et servait en Catalogne depuis le commencement de la guerre, n'ayant quitté son poste, à la fin de 1690, que pour recevoir le collier de l'Ordre. Il mourut à Agen, en décembre 1697, revenant de la dernière campagne, à quatrevingts ans. Il avait fait passer à son fils le gouvernement de Brest.

3. « Sur les quatre heures, les carabiniers, ayant à leur tête le sieur de Chazeron, lieutenant général, se jetèrent dans l'eau, l'épée à la main, suivis par les grenadiers, le fusil haut avec la baïonnette au bout, et par les dragons de la reine d'Angleterre, conduits par le sieur de Saint- Silvestre, lieutenant général. » {Gazette, p. 284.)

4. On verra bientôt, dans les accusations, ou plutôt les insinuations de notre auteur, sa haine pour les Noailles se trahir encore plus ouvertement. En ce qui concerne la journée du 27 mai, les relations officielles (Dépôt de la guerre, vol. 1282, n"' 92-99) montrent, au contraire, M. de Noailles agissant tout à la fois comme général et comme simple capitaine, quoiqu'il eût été déjà arrêté par une indisposition, et risquant sa

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Nous y avons eu peu d'officiers principaux blessés, et gagné force drapeaux. Le commandant de la cavalerie espagnole, un sergent-major et quelques colonels ont été pris^ Le marquis de Noailles-, frère du maréchal, qui a apporté cette nouvelle, en fut brigadier, avec huit mille livres de gratification, outre sa course^.

Palamos * fut emporté, le 7 juin, l'épée à la main : on leur y a tué trois cents hommes et pris six cents. La citadelle se rendit peu après, c'est-à-dire le 10; la garnison de quinze cents hommes prisonnière de guerre^. La place est considérable par son port et par elle-même. Cela fit chanter des Te Deum ^ et valut une lettre de la

Palamos, Gi-

ronc, Castelfol-

lit pris; M. de

Noailles fait

vice-roi de Catalogne.

vie comme le dernier des soldats, dans les sables mouvants du gué ; soa fils aussi faisant merveilles à la tête d'une compagnie, etc. Voyez le récit des Mémoires de Noailles, p. 49.

1 . Pangeau dit : « Parmi les prisonniers que nous avons faits en Catalogne, il y a le commandant de la cavalerie d'Espagne, quelques sergentsmajors et quelques colonels. » (Tome V, p. S'i.) Les sergents-majors ou sergents de bataille, en Espagne, équivalaient à nos maréchaux de camp.

2. Jean-François, marquis de Noailles et de Montclar (1638-1696), était lieutenant général au gouvernement d'Auvergne et brigadier de cavalerie depuis le mois de mai 1692.

3. Saint-Simon continue à transcrire le Journal de Dangeau (tome V, p. 23), mais avec inexactitude. « Le Roi, y est-il dit, a fait le marquis de Noailles maréchal de camp (il étoit ancien brigadier de cavalerie), et lui a donné, outre le payement ordinaire pour sa course, huit mille livres de gratification. » Sur la mission du marquis et la victoire du maréchal, voyez le Chansonnier, ms. Fr. 12 691, p. 209 et suivantes. Le texte de la lettre du Roi pour le Te Deum est dans le registre du Secrétariat de sa maison, aux Archives nationales, 0* 38, fol. 157 v.

4. Petite ville, très-avantageusement située, à vingt-cinq lieues de Barcelone, sur le bord de la mer, et très-bien fortifiée. La tranchée fut ouverte dans la nuit du 1" au 2 juin, et, malgré ses officiers, M. de Noailles suivit de très-près les opérations, exposé au feu de la place.

8. Saint-Simon a emprunté encore ses dates, et même ses expressions, au Journal de Dangeau, tome V, p. 26 et 29.

6. Voici le texte de la lettre de cachet qui ordonna de faire chanter le Te Deum, le 22 juin : « Je ne doute pas que mes ennemis eux-mêmes ne se soient attendus à voir la dernière victoire que je viens de remporter en Catalogne suivie de près par la prise de Palamos, et qu'après la

main du Roi' à la vieille duchesse de Noailles^. C'étoit une sainte fort aimable, qui avoit été longtemps dame d'atour de la Reine mère, et bien avec elle et avec le Roi, toujours vertueuse à la cour, et depuis longtemps retirée à Châlons-sur-Marne, dans une grande solitude, et se confessant tous les soirs à l'évêque son fils^.

M. de Noailles suivit sa pointe, et prit Girone* en six jours de tranchée ouverte. La place capitula le 29 juin, et la garnison de trois mille hommes ne servira point

prise de Palamos, ils ne s'attendent encore à des pertes plus considérables et plus sensibles. Ce sont aussi les espérances que cette conquête me donne, qui en font le plus grand prix, quoique d'ailleurs elle soit accompagnée de circonstances assez glorieuses. La ville a été prise d'assaut, quoique défendue par plus de trois mille hommes; plus de six cents y ont été tués, et autant faits prisonniers. Le reste, s'étant retiré dans le château, y a été pressé si vivement, qu'après avoir inutilement demandé à capituler, le gouverneur et quatorze cents hommes gui lui restoient se sont rendus prisonniers de guerre. Le bonheur de mes armes ne se dément point, et une si longue prospérité seroit étonnante, si elle n'étoit due à la justice de la cause que je soutiens. C'est pour en rendre grâces à Celui qui s'y intéresse par des marques si visibles de sa continuelle protection, que je vous écris cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deiim.... le 23 de ce mois,... » (Arch. nat., 0' 38, fol. 161 \°.)

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