‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 155 sur 334 · Saint-Simon a écrit deux fois en · texte numérisé non relu

Saint-Simon a écrit deux fois en

3. Ville et comté souverain de Suisse, sur le lac du même nom. Les d'Orléans-Longueville en étaient propriétaires depuis 1304.

4. Elle n'était qu'abbesse séculière de Poussay (ci-dessus, p. 41, note 4). 3. Pendant l'été de 1694, Mme de Nemours avait presque conclu

avec Mlle de la Ferté-Mennetou, une des danseuses de Saint-Simon (ci-dessus, p. <S0) ; puis elle l'avait délaissée, pour négocier avec les Luxembourg. {Journal de Dangeau, tome V, p. 33.) Sur ce dernier mariage, dont on commença à parler au mois d'aoiàt, voyez la Gazette d'Amsterdam, p. 266, 274, 294, 309.

6. La promesse d'un titre de duc pour son second tils; voyez ciaprès, Addition n» 67, p. 380, et la suite du tome I, éd. 1873, p. 294.

demander point, il ne parla point au Roi de ce mariage par aucune de ses lettres. Il avoit déjà transpiré, avec l'idée du rang, lorsque Mme de Meckelbourg alla demander au Roi la permission d'entendre à ce mariage. Au [Add.S'-S. ioi] premier mot qu'elle en dit, le Roi l'interrompit, et lui dit que M. de Luxembourg ne lui en * avoit rien mandé, qu'il n'empêcheroit point qu'elle ne fît là-dessus ce que son frère et elle jugeroient à propos, mais qu'au moins il comptoit bien qu'ils n'imagineroient pas de lui demander un rang pour le chevalier de Soissons *, sous aucun prétexte, à qui il n'en accorderoit jamais; et barra ainsi cette belle chimère. Le mariage ne s'en fit pas moins, et il fut célébré au plus petit bruit à l'hôtel de Soissons, dès que M. de Luxembourg fut arrivé^. Mme de Nemours y logea les mariés, et les combla d'argent, de présents et de revenus, en attendant sa succession, et se prit de la plus parfaite affection pour le mari et pour la femme, qui se renfermèrent auprès d'elle et ne virent d'autre monde que le sien*.

M. de Luxembourg ne survécut pas longtemps à ce beau ^695.

. . . ^ . ., / -4. • L • . MortdeM.de

mariage. A soixante-sept ans, il s en croyoït vingt-cinq, et nixembour».

vivoit comme un homme qui n'en a pas davantage. Au

défaut de bonnes fortunes, dont son âge et sa figure l'ex-

cluoient, il y suppléoit par de l'argent, et l'intimité de

■1. En 3i été ajouté en interligne ; et de même y, huit lignes plus bas, devant logea.

2. Ceci est pris presque mot pour mot du Journal de Dangeau, tome V, p. 56. Comparez la Gazette d'Amsterdam, qui dit que le Roi n'autorise pas le titre de prince de Neufchâtel et ne permet à M. de Soissons de prendre que celui de comte de Dunois, dans le contrat de mariage.

3. Voyez le Mercure, octobre 1694, p. 276-277, et le Journal de Dangeau, tome V, p. 89.

4. Ici finit l'année 1694. C'est cette année-là que mourut à Paris, le 7 juillet, le marquis de Saint-Luc (François d'Espinay), ancien officier des gendarmes de la garde. Saint-Simon ne parle pas de lui dans ses

Mémoires, quoiqu'il lui ait consacré une de ses Additions au Journal [Add. S'-S. 102] de Dangeau. Nous mentionnons sa mort à cause de cette Addition.

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son fils et de lui, de M. le prince de Conti et d'Albergotti, portoit^ presque toute sur des mœurs communes et des parties secrètes qu'ils faisoient ensemble avec des filles. Tout le faix des marches, des ordres, des subsistances portoient^ toutes les campagnes, sur Puységur, qui même dégrossissoit les projets. Rien de plus juste que le coup d'œil de M. de Luxembourg, rien de plus brillant, de plus avisé, de plus prévoyant que lui devant les ennemis ou un jour de bataille, avec une audace, une flatterie^, et en même temps un sang-froid^ qui lui laissoit tout voir et tout prévoir au milieu du plus grand feu et du danger du succès le plus imminent ; et c'étoit là où il étoit grand. Pour le reste, la paresse même : peu de promenades sans grande^' nécessité; du jeu, de la conversation avec ses familiers, et tous les soirs un souper avec un très-petit nombre, presque toujours le même, et, si on étoit voisin de quelque ville, on avoit soin que le sexe y fût agréablement mêlé. Alors il étoit inaccessible à tout, et, s'il arrivoit quelque chose de pressé, c'étoit à Puységur à y donner ordre®. Telle étoit à l'armée la vie de ce grand général, et telle encore à Paris, où la cour et le grand monde occupoient ses journées, et les soirs ses plaisirs \ A la fin, l'âge, le

i . La première syllabe j)or surcharge d'autres lettres ; on dirait que l'auteur avait d'abord voulu écrire consistoit. A la suite, toutes a été corrigé en toute.

2. Nous avons déjà vu plusieurs fois Saint-Simon mettre ainsi le pluriel avec un sujet singulier (surtout de sens, comme ici, collectif), lorsqu'il est suivi de compléments pluriels. Voyez ci-après, p. 232, note 3.

3. Sans doute au sens, assez extraordinaire, de « confiance, bon espoir », sens analogue à celui du verbe réfléchi « se flatter ». Il va sans dire qu'un peu plus loin le mot succès est pris dans l'acception générale (Yissue : « du danger qu'offrait l'issue imminente ».

4. Saint-Simon écrit tantôt sang froid, tantôt sens froid. Ici, il y a bien sang froid.

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