Dons a été corrigé en don. — 5. Voyez tome I, p
6. Sur ce château, voyez la Description de Paris, par Piganiol de la Force, tome VIII, p. 57-65, et nos notes de la page suivante.
en retour. Mme de Louvois, pour qui Meudon étoit trop grand et trop difficile à remplir, fut ravie de recevoir neuf cent mille livres, avec une maison plus à sa portée, et d'ailleurs fort agréable ; et le même jour que le Roi témoigna désirer cet échange, il fut conclu*. Le Roi ne l'avoit pas fait sans en avoir parlé à Monseigneur, pour qui ses moindres apparences de désirs étoient des ordres. Mme de Louvois passa depuis les étés en bonne compagnie à Choisy , et Monseigneur n'en voltigea que de plus en plus de Versailles à Meudon, oij, à l'imitation du Roi, il fit beaucoup de choses dans la maison et dans les jardins et combla^ les merveilles que les cardinaux de Meudon^ et de Lorraine* et MM. Servien et de Louvois y avoient successivement ajoutées^.
1. Comparez le Journal de Dcuigeau, à la date du i^'" juin 1695, la Gazette cV Amsterdam, 169o, p. 185 et 187, et les Lettres de Sévigné, tome X, p. 173, 270, 274, et passim. « En vérité, disait Coulanges dès l'été de 1694, c'est un lieu enchanté, et je ne comprendrai jamais que le Roi ne veuille point jouir d'un tel enchantement, car cette maison, avec toute sa vaste étendue, lui convient beaucoup mieux qu'à Mme de Louvois.... » Aus.sitôt l'achat conclu, le Roi alla visiter Meudon, comme il avait fait pour Choisy. Le Mercure (novembre 1695, p. 238-274) rend compte d'une fête magnifique que le Dauphin donna le jour d(3 saint Martin, patron de la paroisse.
2. Combler, mettre le comble à, était plus usité figurément avec des noms de qualité, comme dans Racine, « combler sa perfidie » [Phèdre, IV, II), qu'avec des noms de choses pris, comme ici merveilles, au sens concret.
3. Antoine Sanguin, évêque d'Orléans, puis archevêque de Toulouse, grand aumônier de France et gouverneur de Paris, fut élevé au cardinalat en 1539, et prit le nom de cardinal de Meudon. Il légua cette terre à sa nièce, la duchesse d'Étampes, et mourut le 22 décembre 1559.
4. Charles, cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, né en 1524, mort en 1574, était un des fils puînés du premier duc de Guise. Il acheta Meudon et y fit construire par Philibert de l'Orme un nouveau château, sur le point le plus élevé de la colline qui regarde la Seine.
5. Abel Servien, après avoir été procureur général au parlement de Grenoble et conseiller d'État, secrétaire d'État et ambassadeur, devint ministre en 1648, surintendant des finances en 1653, chancelier des ordres en 1654, et fut un des premiers membres de l'Académie fran-
Les armées et les corps séparés eurent les mêmes généraux que l'année précédente % excepté que le maréchal de Villeroy succéda au maréchal de Luxembourg et eut M. ^ le duc de Chartres pour général de la cavalerie, les deux princes du sang et M. du Maine pour lieutenants généraux, parmi les autres, et le comte de Toulouse servant à la tète de son régiment^.
M. de Noailles, brouillé avec le Roi jusqu'à être presque perdu par l'artifice de Barbezieux que j'ai raconté page 57*, sur le projet manqué du siège de Barcelone, n'avoit pu se faire écouter de tout l'hiver sur la noirceur qui l'avoit accablé. Il comprit le danger d'une situation si forcée à la tête d'une armée, si même il la pouvoit obtenir, et jugea sagement que, parvenu au bâton de maréchal de France, il n'y avoit de bon parti pour lui que de se raccommoder solidement avec le Roi par un sacrifice qui lui seroit agréable, et de demeurer à la cour avec une faveur renouvelée, et à l'abri d'un ennemi avec qui il n'auroit plus à compter. Trop rusé courtisan, quoique d'ailleurs fort lourd, pour ne pas sentir l'essor du goût du Roi pour les bâtards, par tout ce qu'iP venoit de faire pour eux, et son peu d'inclination à rien faire pour Monsieur le Duc et M. le prince de Conti, il avisa à se rétablir pleinement
çaise. Il acheta Meudon de la maison de Lorraine, et y mourut le 17 février 1659. — Louvois avait acquis Meudon en 1680 et y avait fait des embellissements considérables; mais Monseigneur, devenu maître du château, le fit aussitôt reconstruire par Mansart, et le Nostre fut chargé de dessiner le jardin et le parc.