‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 303 sur 334 · Extraordinaire cii de l'année 169i · texte numérisé non relu

Extraordinaire cii de l'année 169i

5. Gazette d'Amsterdam, 1695, Extraordinaire n, sous la date du 6 janvier.

6. La statistique de la population n'étant pas encore faite à cette époque, on commença par demander aux intendants le dénombrement des habitants de chaque généralité, pour se rendre compte du produit que donnerait chaque classe de la capitation. Fait à la hâte par chaque curé, ce travail n'aboutit

des autres, qu'on est étonné de voir, dans un royaume autrefois aussi florissant, et que la nature a rendu fertile et abondant, un si grand nombre de misérables qui auroient besoin que la capitation fût levée pour eux. » Ce qui consolait peut-être les contribuables, c'est que, pour la première fois, les privilégiés, nobles, ecclésiastiques, fonctionnaires ou officiers, devaient être assujettis à l'impôt comme les simples taillables. En même temps, ils croyaient que la capitation ferait cesser toutes les affaires extraordinaires qui écrasaient le pays depuis six ou sept ans : on le leur avait promis à peu près dans les circulaires officielles, et, pour compléter l'illusion, Pontchartrain, qui préparait les choses de longue date, provoqua une manifestation de la part des États de Languedoc, afin de pouvoir dire, dans les considérants de l'édit, que des sujets « zélés et éclairés » avaient proposé le nouvel impôt par préférence à tous autres expédients extraordinaires'. Ces États avaient été jadis, sous le roi Jean, des premiers à proposer la capitation dont il a été parlé plus haut; par une délibération du 10 décembre 1694, l'assemblée déclara au Roi qu'ayant cherché les moyens de donner des secours efficaces et proportionnés à ses besoins, et « se faisant gloire d'exciter par son exemple tout le reste du Royaume à se mettre en état de continuer la guerre avec autant de zèle qu'on l'a commencée, » elle lui offrait de faire une subvention générale- ou capitation, qui fût supportée par tousses sujets. La province, disait cette pièce, « n'a point de moyens plus sûrs pour soutenir le poids des affaires que cette espèce de subside, qui pourra suffire à toutes les charges, qui sera fixe et certain durant le cours de la guerre, et qui, étant partagé par tous les sujets de S. M., chacun selon sa force, fournira des secours abondants et maintiendra l'honneur et le repos de l'Etat, sans être à charge aux particuliers^. » Est-il besoin de dire que cette démarche des États n'avait rien de spontané? Elle avait été préparée, provoquée, à la suggestion du contrôleur général, par l'intendant Bâville et par le cardinal de Bonzy, archevêque de Narbonne, président-né de l'assemblée*, et l'on eut bien soin de faire reproduire la délibération du 10 décembre par le Mercure

point ou no présenta aucune garantie de précision ; et cependant la pénurie de documents sur la population de la France au temps de Louis XIV est telle, qu'on serait très-heureux de posséder tous ces dénombrements de 1694.

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