‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 34 sur 334 · Voyez ci-après, p. 61, note rî · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, p. 61, note rî

4. Des deux côtés du tribunal. Comparez tome X, p. 420. o. Les conseillers qui siégeaient avec le premier président.

6. Dès le temps où Colbert se faisait donner des notes secrètes sur le personnel judiciaire, le président de Novion était représenté comme un « homme de grande présomption et de peu de sûreté, intéressé, timide lorsqu'il est poussé, assez habile dans le Palais, y ayant sa cabale, composée de ses parents et amis,... s'appliquant tous les jours à y faire de nouvelles liabitudes. » [Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, tome II, p. 34.) Le Chansonnier (ms. Fr. 12688, p. 211 et suivantes) le compare à un brigand, à un pirate, et, comme le fait ici Saint-Simon, l'accuse d'avoir vendu des arrêts. Cependant tous ces contemporains ne l'ont pas traité avec la même sévérité ; les 3Iémoires de Vabbé le Gendre (p. 30), entre autres, disent qu'il « faisoit honneur à sa place par sa magnificence dans son train, sa table et ses

en homme qui a toute honte bue', et qui se prend à la forme, qui rendoit son expulsion difticile; mais on le* menaça enfin de tout ce qu'il méritoit, on lui montra une charge de président à mortier pour son petit-fils ^ car son

meubles, » mais aussi que « personne ne s'entendoit mieux que lui à faire marcher le Palais, >> qu'il « savoit parfaitement la procédure et étoit bon juge, » quoique « haranguer ne fût point son fait. » Saint- Simon répétera encore (tome III, p. 312) les mêmes accusations qu'on vient de lire et affirmera de nouveau que la démission du premier président fut l'effet d'une disgrâce motivée. M. Chéruel, dans son livre de Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIY, p. 500-503, a démontré l'invraisemblance de la partie la plus positive de ces accusations, et fait voir que, notre auteur n'ayant pas connu le premier président dont il s'agit ici, ses griefs peuvent avoir pour raison déterminante les hostilités qui s'engagèrent, en 1715, entre lui et le petit-fils du premier président, dans la grave question du bonnet. Quand M. de Novion fit cette retraite, volontaire ou forcée (voyez Dangeau, tome II, p. 472), il avait soixante et onze ans, dont cinquante-deux de service au Parlement, et il ne survécut que quatre ans; l'âge et la fatigue purent donc le décider à se démettre. D'autre part, le Roi le combla de bienfaits : il lui fit payer l'année entière de ses appointements , lui continua ses pensions de six mille et de douze mille livres, donna l'agrément d'une charge de président à mortier à son fils aîné, avec une somme de trois cent soixante mille livres en deniers comptants du Trésor royal, pour la payer, et lui promit une abbaye et un grade de brigadier pour ses autres enfants. Enfin il ne manque pas de contemporains dont les témoignages contredisent formellement Saint- Simon : voyez, entre autres, une lettre de Bussy au premier président, toute remplie des mots « d'estime, » de « vertu, » de « gloire, » etc. {Correspondance de Bussy, tome VI, p. 279), et le Journal de Dangeau, tome II, p. 473 et 475, ou l'article nécrologique de M. de Novion, dans le Mercure, septembre 1693, p. 154-160.

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