‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 48 sur 334 · Ci-dessus, p. 57-58 et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 57-58 et

4. Saint-Simon dira ailleurs de M. de Ventadour (tome XIV, p. 123) : « C'étoit un homme fort laid et fort contrefait, qui, avec beaucoup d'esprit et de valeur, avoit toujours mené la vie la plus obscure et la plus débauchée. »

5. C'est le terme dont Saint-Simon se servira chaque fois qu'il aura à parler de cette nièce du cardinal de Retz et des magnificences de son hôtel ou des singularités de son existence. Comparez les Lettres de Sévigné, tome VI, p. 323, tome X, p. 374, etc.

sur qui son cousin de Villeroy' avoit tout crédit : ainsi ce fut beaucoup pour elle que de laisser le nom de son fils, dont elle étoit tutrice, parmi ceux des opposants. M. de Brissac^, obscur, ruiné, et d'une vie étrange, ne sortoit plus de son château de Brissac, et ne fit que laisser son nom parmi les autres. M. ^ de Sully peu assidûment, mais fermement. MM. de Chaulnes, de Richelieu, de la Rochefoucauld et de la Trémoïlle étoient ceux sur qui tout portoit, auxquels le bonhomme* M. de la Force se joignit dignement tant qu'il put, et M. de Rohan aussi ; mais M. de Richelieu et lui étoient gens à boutades, qui ne donnèrent pas peu d'affaires aux autres. M. de Monaco y étoit ardent, sauf ses parties^ et sa bourse ; encore payoitil bien en rognonnanf; mais c' étoit des farces pour tirer le contingent du duc de Rohan.

Les intendants de MM. de la Trémoïlle et de la Rochefoucauld, nommés Magueux' et Aubry^, gens d'honneur, capables, laborieux, et infiniment touchés de cette affaire, en étoient les principaux directeurs, etRiparfonds*^, avocat

1. Le maréchal de Villeroy avait eu pour mère une sœur du père du duc de Lesdiguières, mari de la fée.

3. Au lieu de M., le manuscrit porte M^^, ajouté en interligne.

4. Nous rencontrerons souvent ce terme, qui était d'usage, aux seizième et dix-septième siècles, pour désigner un vieillard, un chef de famille, « un personnage très-âgé et très-respectable. » Voyez les exemples cités par les éditeurs du Journal de Dangeau, dans V Appendice du tome XVIII, p. 472-473.

5. Ses parties, c'est-à-dire, comme l'explique M. Littré (14"), ce qu'il avait à mettre au jeu, l'argent qu'il fallait exposer dans l'affaire.

6. Rogno7iner, « gronder entre ses dents. » Ce mot « est bas, » disent l'Académie et Furetière.

7. Etienne Magueux, qui se qualifiait, en 1696, ancien échevin de Paris et avocat au Parlement.

8. Antoine Aubry, qui se qualifiait, en 1696, intendant des maisons de MM. les ducs de la Rochefoucauld et de la Rocheguyon.

9. Etienne Gabriau de Riparfonds, reçu avocat au parlement de Paris le 13 juin 1661, mort le 5 décembre 1704, à soixante-trois ans environ. Selon ses contemporains, c'était un homme de bonne famille,

célèbre consultant, étoitle chef de nos avocats' et de notre conseil, chez qui se tenoient toutes nos assemblées, toujours une après-dinée de chaque semaine, et quelquefois plus souvent, oîi M. de la Rochefoucauld ne manquoit^ jamais, quoiqu'il ne couchât presque jamais à Paris^, et qui y rendit par son exemple les autres très-assidus et fort ponctuels à l'heure. Les plus ardents et les plus continuellement à tout étoient MM. de laïrémoïlle, de Chaulnes, la Rochefoucauld et la Force, M. de Monaco autant qu'il étoit en lui, et, plus qu'aucuns, MM. de Richelieu et dé Rohan, mais, comme il a été dit, pleins de boutades et de fantaisies. Je me rendis assidu aux assemblées ; je m'instruisis et de l'affaire en soi, et de ce qui se passoit par rapport à elle. Ce que je hasardai de dire dans les assemblées n'y déplut point; Riparfonds et les deux intendants conducteurs me prirent en amitié. Je plus aux ducs : M. de la Rochefoucauld, tout farouche qu'il étoit, et, par son nom et le mien, peu disposé pour moi*, s'apprivoisa tout à fait avec moi ; l'intimité de M. de Chaulnes avec mon père se renouvela avec moi, ainsi que l'amitié qu'il avoit eue avec le bonhomme la Force; je fis une amitié intime avec M.^ de la Trémoïlle, et je n'oserois dire que j'acquis une sorte d'autorité sur M. de Richelieu, qui avoit été aussi fort ami

aussi distingué par la noblesse de ses sentiments que par son savoii. avait un véritable attachement pour sa profession, et légua ses belles collections de livres pour former le premier fonds d'une bibliollicque à l'usage de l'ordre des Avocats.

i. Saint-Simon citera bientôt (p. 269) un autre avocat, assez célèbre, Claude Érard. Nous verrons aussi que Fréteau plaida pour les ducs, en 1696.

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