‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 58 sur 334 · Ce a été substitué à et, et le biffé devant fis · texte numérisé non relu

Ce a été substitué à et, et le biffé devant fis

3. Ausstj est ajouté en interligne ; et après le de suivant, il y a, par mcgarde, la pour le.

Conseil. Chacun de nous, excepté M. de Lesdiguières et moi, à cause de notre minorité, y forma une demande à part, pour allonger, chose dont nous ne nous cachions plus. Force factums de part et d'autre, et force sollicitations, comme nous avions fait au Parlement. M. de Vendôme et moi fûmes chargés d'aller ensemble parler au chancelier Boucherat', et nous y fûmes à la Chancellerie-, à Versailles, de chez Livry, où M. de Vendôme m'avoit donné rendez-vous. Argouges^, Bignon*, Riheyre'' et Harlay*^, gendre du chancelier, tous conseillers d'État,

d. Louis Boucherat, né le 19 août 4616, correcteur des comptes (1637), conseiller au Parlement (1641), maître des requêtes (1643) et intendant à f'aris, en Ciiampagne , en Picardie , en Languedoc, en Guyenne et en Bretagne, conseiller d'État (166^2), conseiller au conseil royal des finances (1681), enfin chancelier de France (1" novembre 1685) et chancelier des ordres (juillet 1691). Mort le 2 septembre 1699.

2. L'hôtel de la Chancellerie, à Versailles, porte aujourd'hui le n° 24 de la rue de ce nom. Construit en 1670, c'était un des plus anciens bâtiments de la résidence royale.

3. François d'Argouges, conseiller au Grand Conseil (1645) et intendant de la maison et finances de la reine Anne d'AutiMchc, maître des requêtes (16oo), premier président du parlement de Bretagne (1661), conseiller d'État et du conseil royal des finances (1685) ; mort le 16 août 1695, à soixante-treize ans.

4. Jérôme Bignon, né le 11 novembre 1627, avocat général et grand maître de la bibhothèque du Roi après son père (1656), conseiller d'honneur au Parlement (1673), conseiller d'État (1678); mort le 15 janvier 1697. Il avait composé un traité de la Pairie, dont le manuscrit se trouve aujourd'hui aux Archives nationales, U 960.

5. Antoine de Riheyre, né le 10 février 1632, conseiller au Parlement (1657), maître des requêtes (1667), intendant à Limoges (1671) et à Tours (1672), lieutenant civil au nouveau Châtelet (1674), intendant à Poitiers (1689), président au Grand Conseil, était conseiller d'État semestre depuis 1683, et devint conseiller ordinaire en 1695. Il mourut le 7 octobre 1712, à quatre-vingt-un ans.

6. Nicolas-Auguste de Harlay, seigneur de Bonneuil et comte de Cély, fut d'abord conseiller au parlement de Paris (1672), puis maître des requêtes (1675), intendant en Bourgogne (1683), conseiller d'État semestre en 1686, et ordinaire en 1700. II remplit les fonctions de plénipotentiaire aux congrès de Francfort, en 1681, et de Ryswyk, en 1697,

furent nos commissaires', et Creil de Soisy*, maître des requêtes, rapporteur. Quantité de conseillers d'État se récusèrent; Bignon aussi, comme parent de la duchesse de Rohan ^ : nous regrettâmes sa vertu et sa capacité ; on ne le remplaça point. Argouges s'étoll ouvert à M. de la Rochefoucauld d'être pour nous, et manqua de parole, ce que ce duc lui reprocha cruellement; Ribeyre, gendre du premier président de Novion\ grand ennemi des pairs et aussi fort maltraité par eux, fut soupçonné d'avoir épousé les haines de son beau-père, quoique homme d'honneur et de probité ; Harlay, entraîné par sa famille et par le bel air, auquel il n'étoit pas insensible. Cette même raison donna à M. de Luxembourg le gros des maîtres des requêtes, petits-maîtres de robe, et fort peu instruits du droit pulDlic et de ces grandes questions^: de manière que

et mourut à Paris, le 2 avril 1704, âgé de cinquante-sept ans. 11 avait épousé, en 1670, Anne-Marie-Françoise Boucherai, fille du chancelier.

1. Saint-Simon oublie un des commissaires, nommé le second, entre d' Argouges et Bignon : c'était Jean Rouillé, comte de Meslay (1615- 1698), conseiller d'État ordinaire depuis 1687.

2. Jean de Creil, sieur de Soisy (et non de Choisy, comme l'a écrit Saint-Simon), fut d'abord conseiller au parlement de Metz, puis maître des requêtes en 1670, intendant à Rouen de 1672 à 1677, et mourut le l^»" mars 1697, à l'âge de soixante-cinq ans. Le 9 mars 1694, le duc de Rohan déclara que ce rapporteur était son parent; mais M. de Luxembourg prouva qu'il n'était parent de la duchesse de Rohan que du quatrième au cinquième degré. Il fut maintenu, et ce fut sur son rapport que le Conseil décida qu'il serait passé outre à l'opposition et que le Parlement jugerait l'instance.

3. Marie-Élisabeth du Bec-Crespin Grimaldi de Tardes, lille du marquis de Vardes, avait épousé le duc de Rohan le 28 juillet 1678. Elle mourut le 27 mars 1743, à quatre-vingt-deux ans moins sept jours. Comme le rapporteur, M. Bignon était parent de cette duchesse par les Amelot et les Creil.

4. Antoine de Ribeyre avait épousé Catherine Potier de Novion, sœur aînée de Mme de la Briffe. Elle mourut le 29 décembre 1709, à soixantetrois ans.

6. Les principales fonctions des maîtres des requêtes ordinaires de l'hôtel étaient de juger les causes des oflBciers de la couronne, des com-

MM. de Richelieu et de Luxembourg, dout tout l'a-

nous fûmes renvoyés au Parlement. Mais notre vue n'en lut pas moins remplie : nous voulions gagner temps, et par ce moyen notre procès se trouva hors d'état d'être jugé de cette année.

Cependant les procédures s'étoient peu à peu tournées en procédés* : il y avoit toujours eu ^quelques propos aigres-doux, à l'entrée du Conseil, entre quelques-uns de nous et M. de Luxembourg ; et comme c'est une suite presque immanquable dans ces sortes de procès de rang, l'aigreur et la pique s'y étoit mise. Je ne fus pas le seul à Édat enti qui, plus particulièrement qu'aux autres, M. de Luxembourg fit sentir la sienne, qui, pour le dire en passant, ne saluoit presque plus M. de la Rochefoucauld, et plus du tout MM. de la Trémoïlle et de Richelieu. \T,!5,!,.^^r'

L c âU pi cinUul .

Il étoit plus personnellement outré contre ce dernier d'avoir vu toutes ses mesures rompues par le règlement de juges entrepris au Conseil sous son nom; aussi n'épargna-t-il ni sa personne, ni sa conduite, ni le ministère du cardinal de Richelieu, dans un de ses factums^. M. de Richelieu, très- vivement offensé, fit sur-le-champ une

mensaux du Roi, ou autres privilégiés jouissant du commiltimus , et de préparer et rapporter les affaires soumises au Conseil ou à la chancellerie. Ils rendaient surtout de grands services au Conseil et dans les intendances, qui leur étaient presque exclusivement réservées. Ils avaient droit de prendre séance au Parlement et au Grand Conseil. Leur nombre était de quatre-vingt-huit.

1. Comparez l'Addition n» 76, ci-après, p. 386. — Voltaire joue de même sur ces deux mots, dans une lettre de 1766 citée par M. Littré, à l'article Procédé. M. Littré cite aussi un exemple de Bossuet, où procédé, qui a signifié anciennement préliminaires d'un duel, est pris d'une façon qui explique bien l'emploi qu'en fait souvent Saint-Simon : « On ne demande qu'à tourner tout en plaintes et en procédés contre moi. »

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