Avoir est en interligne
6. Le Mercure à' octobre 1706 (p. 90) rappelle, à ce sujet, que la même qualification avait été donnée aux duchesses d'Aiguillon et d'Angoulème.
7. César d'Estrées, né le 12 février 1628, nommé évêque-duc de Laonetpairde France en 1633, membre de l'Académie française en 1657,
son étoit en splendeur. Elle s'adressa à lui et au maréchal d'Estrées , son frère, pour obtenir la permission du Roi de faire juger sa prétention en épousant le comte d'Estrées', vice-amiral en survivance du maréchal son père ^. Le Roi y entra, et aussitôt MM. d'Estrées se mirent en grand mouvement; ils sentirent bien que la sœur d'un homme fait duc et pair, et non appelée par ses lettres d'érection au défaut de sa postérité, n'a nul droit d'y rien prétendre ; mais ils espérèrent de nous épouvanter par leur bruit et leur crédit, et en même temps de nous séparer et de nous séduire. Ils briguèrent^ donc ceux qu'ils purent, et nous firent proposer de se départir de l'ancienneté et de prendre
cardinal en 1671, fut chargé plusieurs fois d'importantes naissions diplomatiques en Bavière et à Rome, où il devint camerlingue du sacré collège et rendit les services les plus signalés à l'Église et à la cour de France. Il était commandeur du Saint-Esprit depuis 1689, et fut pourvu en 1703 de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, où il mourut le 18 décembre 1714.
1. Victor-Marie, comte, puis duc d'Estrées, né le 30 novembre 1660, capitaine de vaisseau en 1678, et reçu vice-amiral en survivance de son père le 12 décembre 1684, faisait les fonctions de cette charge depuis 1690. En 1701, Philippe V le nomma lieutenant général des Hottes d'Espagne; en 1703, il devint maréchal de France, sous le nom de maréchal de Cœuvres; il fut fait grand d'Espagne et chevalier de la Toison d'or l'année suivante, chevalier des ordres du Roi en 1703, et succéda à son père, en 1707, comme vice-amiral, vice-roi d'Amérique et gouverneur de Nantes. Il fut aussi membre de l'Académie française (171S) et membre honoraire des Académies des sciences et des inscriptions. Mort le 28 décembre 1737.
2. Cette phrase est empruntée presque textuellement au Journal de Dangeau, tome IV, p. 473, 9 avril 1694 : c'est toujours Là que Saint- Simon va relever, dans le cours de chaque année, les noms ou les faits qui lui semblent dignes d'entrer dans ses Mémoires. La Gazette d'Amsterdam dit, à la date du 26 mars (p. 106) : « Le Roi a permis à Mlle d'Épernon.... de poursuivre au Parlement sa duché, de même qu'a fait le maréchal de Luxembourg. On dit qu'elle épousera ensuite le comte d'Estrées. »
3. Saint-Simon emploie briguer, à l'imitation du latin ambire, avec un nom, soit de chose, comme c'est l'usage ordinaire, soit, on le voit ici, de personne, pour complément : nous ne nous rappelons pas avoir vu ailleurs d'autre exemple de cette seconde sorte de régime.
la queue, mais secrètement, à chacun à part, pour, à cette condition, obtenir un acquiescement de ceux qui s'en trouveroient éblouis. Malheureusement pour MM. d'Estrées, le procès de M. de Luxembourg avoit uni ceux qu'il attaquoit et les rassembloit en ce temps-là chez Riparfonds, leur avocat, toutes les semaines*, une fois de règle, et très-souvent davantage. Là, chacun rapporta ce qui lui avoit été proposé par MM. d'Estrées sous le spécieux prétexte d'accélérer leur mariage et d'éviter les piques et les brouilleries qui naissent si aisément de ces sortes d'affaires, mais sans toutefois aucune inquiétude du succès. On y trouva premièrement un défaut de droit radical, tel que je le viens d'expliquer ; '^2° la proposition de céder l'ancienneté illusoire, comme ne dépendant point d'un duc d'Épernon par héritage, puisqu'il ne le pouvoit être qu'au titre, et par conséquent de la date de son érection, et que, de plus, quand il la pourroit céder, ses enfants seroient toujours en état de la reprendre. Il fut donc résolu de se moquer de ces manèges et de répondre, sur le même ton, que les services et le crédit de MM. d'Estrées dévoient plutôt leur procurer une érection nouvelle en faveur de M. le comte d'Estrées, qu'un procès dont nous soutiendrions unanimement le poids, sans aucune crainte de l'issue. MM. d'Estrées, voyant ainsi la ruse et la menace inutile, sentirent bien qu'ils ne réussiroient pas : le mariage fut rompu, et il ne fut plus question de cette prétention^.
1. Saint-Simon avait d'abord mis les mots : « toutes les semaines », après rassembloit, à la ligne précédente; puis, les ayant bifiTés là, il les a récrits ici, les a biffés de nouveau, et enfin les a récrits une troisième fois en interligne.
2. Reprise en 1701, et surtout en 1711, par le marquis d'Antin, cette prétention donna lieu à une nouvelle procédure que les Me'mo/res raconteront en son temps : voyez tome 111, p. 199, tome YIII, p. 177 et suivantes, etle Journal de Dangeau, tome XIII, p. 319, avec une Addition de Saint- Simon. Quant à Mlle d'Épernon, voyant que le mariage projeté ne se ferait pas, elle entra, comme novice, aux Carmélites du grand couvent,
Toutes ces affaires différentes ne furent rien en compa- Préicmion
raison d'une autre qu'elles firent naître, et dont l'entre- a^ndemîeté d
prise donna lieu à la plus grande plaie que la pairie pût Vendôme,
recevoir.
, et qui en devint la lèpre et le chancre. L'abbé «fsisiee en^ de Chaulieu', qui gouvernoit les affaires de M. de Yen- quefomiée, dôme, imagina de lui faire prétendre l'ancienneté de la d'où naît le raiu
, . 1 T7 lA p 1 1 1 • intermédiaire
première érection de Vendôme en laveur du père du roi jes t,âiai-ds. de Navarre^, père d'Henri IV, et d'attaquer les ducs d'Uzès, d'Elbeuf, Ventadour, Montbazon ou Guémené, et la Trémoïlle, ses anciens. Feu M. d'Elbeuf^, père de celui-ci, s'étoit toujours montré fort uni aux pairs et fort jaloux des droits et du rang de la pairie en ce qui ne touchoit point les princes étrangers. M. de Chaulnes avoit attaqué M. d'Elbeuf par de fines railleries sur son indolence contre M. de Luxembourg, et il étoit venu à
dans l'aiilomne de 1693; puis, quelques mois plus tard, trouvant la règle trop dure, elle passa à la Visitation (Pap. du P. Léonard, MM 824, fol. 134), et enfin elle se retira au Calvaire du Marais, où elle mourut en septembre 1706. Le Mercure du mois suivant (p. 89-103) donna son éloge, où nous voyons que, toute jeune, elle s'était occupée avec succès, sous la direction de Malebranche, des « sciences les plus abstraites, » de métaphysique, de géométrie, etc. Cet article ajoute, en parlant du duché d'Épernon : « Elle a négligé de faire valoir les droits les mieux acquis, plutôt que de troubler la paix de quelques familles qui lui touchoient de près, et elle a mieux aimé se réduire au nécessaire que de contester avec des parents qu'elle aimoit. ■>
1. Guillaume Anffrie de Chaulieu, abbé commondataire d'Aumale (1682-1696), prieur d'Oléron, Pourier, Resnel et Saint-Etienne, mourut aveugle, le 27 juin 1720, âgé d'environ quatre-vingt-quatre ans, selon l'acte mortuaire (Jal, Dictionnaire critique, p. 37S), ou de quatrevingt-un ans, selon ses portraits et ses biographies.
2. C'est en faveur de Charles de Bourbon (1489-1537), père d'Antoine de Bourbon (1518-1562), roi de Navarre et prince de Béarn par sa femme, et aïeul d'Henri IV, que le comté de Vendôme fut érigé en duchépairie (1514). Henri IV en fit don à son fils naturel César, en 1598.
3. Charles III de Lorraine, duc d'Elbeuf, gouverneur de Picardie et d'Artois et gouverneur particulier de Montreuil, né en 1620, mort le 4 mai 1692. Son fils, Henri de Lorraine (tome I, p. 46, note 2), lui avait succédé.
bout de l'exciter à imiter son père, jusqu'à lui faire des remerciements de lui avoir ouvert les yeux ; et il en étoit là lorsque M. de Vendôme, persuadé par l'abbé de Chaulieu, obtint la permission du Roi d'attaquer ses anciens et leur donna la' première assignation. Comme cela ne fut point poussé, je n'entrerai pas dans le prétendu droit de l'un, ni dans celui des autres. L'affaire se commença à l'ordinaire, fort civilement de part et d'autre; mais à peine y eut-il quelques procédures^ commencées, que l'humeur s'y mit.
Dans ces circonstances, il arriva ce qui n'arrivoit presque jamais, et que^ depuis ne vit-on peut-être plus, que des gens sans charge suivissent le Roi s'allant promener de Versailles à Marly. Le Roi alloit toujours seul dans une calèche ^ Ce jour-là, le second carrosse fut du capitaine des srardes et de M. de la Rochefoucauld, et, avec eux, de Mon-
sieur le Grand^, qui ne suivoit guère, et, par extraordinaire, des ducs d'Elbeuf et de Vendôme. Ces deux derniers parlèrent bientôt de leur procès avec civilités réciproques; mais, sur les significations réciproques, ils s'aigrirent, se picotèrent, et enfin se querellèrent. M. d'Elbeuf dit à M. de Vendôme qu'il n'étoit de naissance ni de dignité à lui rien céder, et qu'il le précéderoit partout, comme avoient fait ses pères. M. de Vendôme lui répondit avec feu qu'il ne pouvoit pas avoir encore oublié que son père n'avoit pas pris l'Ordre parce qu'il l'y auroit précédé. L'autre à lui répliquer avec encore plus de chaleur qu'une
i. Sa a été corrigé en la. — 2. Devant commencées, est effacé de.