‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 12 sur 427 · Le c de comme corrige m[archer · texte numérisé non relu

Le c de comme corrige m[archer

6. Françoise de Montaul-Navaillcs, (ille du maréchal de ce nom et troisième femme du duc d'Eibeuf qui suit, avait été mariée le 25 août 1684, et mourut le Idjuin 1717, à soixante-quatre ans.

7. Charles III de Lorraine, duc d'Eibeuf, devenu pair de France par

de Chévigay.

[1698] DE SAINT-SIMON. 2i

que Mme de Lillebonne ni ses filles n'y voulurent pas aller. Mme de Valentinois n'y fut point non plus; je ne sais ce qu'on lui mit dans la tête.

Le P. de ChévicrnyS de l'Oratoire'-, mourut en ce Mort du p. temps-ci^ C'étoit un gentilhomme de bon lieu, qui avoit

la mort de son père, en 1657, et mort le 4 mai 1692 : tome II, p. 101. — La branche de Lorraine-Elbeuf descendait de René, septième fils de Claude, duc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon.

1. Le P. Batterel a consacré au P. de Chévigny un long et intéressant article de son recueil sur Plusieurs (jrands hommes de l'Oratoire (Arch. nat., M 220), que le R. P. Ingold a abrégé dans le tome III, p. 211, de sa Bibliothèque Oratorienne. Nicolas Guyet de Chévigny était fils d'un bourgeois de Paris anobli par une charge de secrétaire du Roi. Entré très jeune au régiment de la Reine, et parvenu en 1658 au grade de capitaine dans les gardes, sous la protection du duc de la Vallette et de Turenne, il devint aide-major en 1653, commanda à Ypres en 1658, à Oudenarde en 1659. Dès ce temps, il songeait à la vie religieuse, et peu s'en fallut qu'il n'entrât dans la compagnie de Jésus ; mais l'Institution des Oi'atoriens eut ses préférences, après toutefois cinq années passées encore au service, notamment à Belle-Isle, qu'il fut chargé d'occuper lors de l'arrestation de Foucquet. Le 5 août 1664, ayant alors une quarantaine d'années, il prit l'habit de l'Oratoire, et, à la Pentecôte de 1667, i'évêque Henri Arnauld l'ordonna prêtre. Ce fut avec ce nouveau caractère qu'il accompagna le duc de la Feuillade et le comte de Saint-Pol à l'expédition de Candie. Il s'occupa ensuite de la conversion des protestants de Languedoc et de la conduite d'une maison de charité oîi il fournissait, à ses frais, la nouiTiture pour plus de cinq cents pauvres, trois fois par semaine. Ce fut lui qui donna les secours de la religion à Mme de Brinvilliers. En 1690, il fut promu assistant, pendant l'exil du P. de Sainte-Marthe. II mourut à la maison de Paris, le 12 janvier 1698, âgé de près de soixante-seize ans. Son portrait a été gravé par Pierre de Rochefort, et aussi par Gantrel, d'après une très belle peinture de Rigaud.

2. Congrégation de prêtres fondée en 1611, par Pierre de BéruUe, avec mission d'honorer les mystères de la vie de Jésus-Christ et de sa mère, tout en se livrant à la prédication, aux missions, à l'instruction des jeunes gens dans des collèges et à celle des clercs dans des séminaires. Établie d'abord au faubourg Saint-Jacques, elle avait pris pour résidence définitive la maison de la rue Saint-Honoré dont l'église subsiste encore. Son succès était tel, qu'elle finit par compter plus de soixante-quinze établissements en France, sans parler des autres pays.

3. Voyez la mention de cette mort dans Dangeau, qui dit : « Nous

servi longtemps avec réputation, et connu du Roi. M. de Turenne l'aimoit fort, et tous les généraux de ces tempsià l'estimoient '. Cela l'a voit fort mis dans le grand monde. Dieu le toucha, et il se fit prêtre, se mit dans l'Oratoire, et le servit d'aussi bonne foi et d'aussi bon cœur qu'il avoit servi le Roi et le monde. îl conserva d'illustres amis dans sa retraite^, dont il ne sortoit presque jamais. Il se trouva fort mêlé et lié avec tous les fameux jansénistes, et en butte à leurs persécuteurs^. C'étoit un homme droit, franc, vrai, et d'une vertu simple, unie, militaire, mais grande, fidèle à Dieu, à ses amis et au parti qu'il croyoit le meilleur. Cela embarrassa les Pères de l'Oratoire. Il étoit ami intime de 31. et de Mme de Liancourt' : sans quitter l'Oratoire, il se retira avec eux, et, après leur mort, M. de la Rochefoucauld'', tout ignorant et tout courtisan qu'il étoit, mais qui avoit un extrême respect pour la mémoire de M. et de Mme de

l'avons vu capitaine aux gardes et en grande réputation. » {Journal, tome VI, p. 277.) La Gazette (p. 38 pour 36) donne quelques mots d'éloge. i. C'est bien ce que dit le P. Batterel, qui avait entre les mains, dans les papiers de M. de Chévigny restés à l'Oratoire, sa correspondance avec Turenne, Fabert, les maréchaux de Gramont, d'IInmières, de Bel- Icfonds, etc.

2. Parmi ces amis, le P. Pialterel cite Monsieur, qui ne manquait pas de l'entretenir en particulier quand il allait à l'Oratoire.

3. De ceci il n'est nullement question dans sa biographie, non plus que du séjour de longue durée à Liancourt, dont Saint-Simon va parler, mais qui s'accommode mal avec les missions et fonctions mentionnées par le P. Batterel.

4. Roger du Plessis, premier duc de la Rochcguyon et Liancourt, mort en 1674 (voyez notre tome III, p. 21o), épousa en 1621 Jeanne de Schonbcrg, tille du surintendant et maréchal de ce nom, laquelle mourut sept semaines avant lui, le 14 juin 1674, dans sa soixantequatorzième année. Voyez la notice du duché de Luxcourt dans les Écrits iîiédits de Saint-Simon, tome VI, p. 202 et suivantes, et les documents biographiques ou nécrologiques que cite le Moréri. tome VI. 2° partie, p. 290-291, ainsi que la Vie de M. Olicr, par M. Paillon, tome II, p. 42o-479, passim.

o. Le duc François VII, gendre de la duchesse.

Liancourt, le pria tant de demeurer à Liancourt', qu'il s'y fixa. Quand il y venoit compagnie avec M. de la Rochefoucauld, on ne le voyoit point, que M. de la Rochefoucauld, M. le maréchal de Lorge-, et quelques amis très particuliers, et, quand le Roi y passoit% il se tapissoit^ dans un grenier. A un de ces voyages du Roi, je ne sais qui en parla : le Roi le voulut voir. Le P. de Chévignv en fut surpris, car le jansénisme l'avoit fort barbouillé^ auprès de lui ; il fallut pourtant obéir, et M. de la Rochefoucauld l'amena. Le Roi lui fit toutes sortes d'honnêtetés et causa longtemps avec lui de ses anciennes guerres, puis de sa retraite. Le P. de Chévigny fut fort respectueux et mesuré, et point embarrassé. Ce fut à qui le verroit. Jamais il ne fut si aise qu'après que tout ce monde fut parti. Ce château, du temps de M. et de Mme de Liancourt, étoit le rendez-vous et l'asile des principaux jansénistes; il le fut bien encore après ^ M. de la Rochefoucauld, qui les y avoit tous vus, les aima toujours; ce qui en i-estoit y alloit voir le P. de Chévigny. 11 y mourut saintement, comme il y avoit vécu, sans cesse appliqué à la prière, à l'étude et à toutes sortes de bonnes œuvres, et toujours gaiement et avec

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