‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 14 sur 427 · Voyez notre tome I, p. 2o · texte numérisé non relu

Voyez notre tome I, p. 2o

8. « Très jolie et très à la mode, » dit Dangeau, tome V, p. 330. Elle était poitrinaire et eut une longue agonie. La Gazette fit son éloge en quelques mots, le 1"' février, p. 60.

9. ÎN'on pus à Montpellier, mais à Pezénas, le 16 janvier. Berwick parle lui-même de la mort de sa femme, dans ses Mémoires, p. 34o, et dit qu'elle était de « l'ancienne et illustre famille des Bourke, en Irlande. »

10. Jacques- François de Fitz-James, né le 19 octobre 1696, titré d'abord comte de ïynemoutli, puis substitué, en 1716, aux titres de duc de Licia et de Xerica, en Espagne, avec la grandesse et la Toison d'or. S'étant établi définitivement dans ce royaume, il y parvint au grade de maréchal de camp avant de partir comme ambassadeur pour la cour de Russie, d'où il passa à celle d'Autriche. Créé lieutenant général en 1732, il mourut à Naples, le 2 juin 1738. — Le maréchal de Berwick eut, d'un second mariage, d'autres fils, qui continuèrent le nom en France.

[1698] DE SAINT-SIMON. 2o

de' cette année' : celui de Mlle de Chevreuse avec le du marqui? marquis de Levis^, qui en eut la lieutenance générale de et^de^Mife Bourbonnois de son père', où ils avoient leurs biens, de chevreuse. C'étoit un jeune homme bien fait, tout militaire et fort débauché, qui n'avoit jamais eu la plus légère teinture d'éducation, et qui, avec cela, avoit de l'esprit, de la valeur, de l'honneur et beaucoup d'envie de faire^. Son père étoit un homme de beaucoup d'esprit, sans aucunes mœurs, retiré chez lui, et fort obscur à Paris, quand il y venoit; la mère, une joueuse sans tin et partout, avare à l'excès, et faite et mise comme une porteuse d'eau''. Tout

t. Ce, par mégarde, clans le manuscrit.

2. C'est toujours clans Dangeau, à côté de la mort de Mme de Berwick, tome VI, p. "iiSl-SSo, que Saint-Simon prend ces faits.

3. Ils ont été déjà nommés incidemment l'un et l'autre, tome IV, p. 224, Mlle de Chevreuse ayant failli épouser le marquis de Rochecliouart-Faudoas, ami de Saint-Simon.

4. Charles-Antoine de Levis. comte de Charlus, mestre de camp d'un régiment de cavalerie, nommé lieutenant général de Bourbonnais en 1686, mourut le 21 avril 1719, à soixante-quinze ans, sa femme, Marie-Françoise-de-Paule de Béthisy, tille du marquis de Mézières, l'ayant précédé de deux mois et demi, 30 janvier 1719. Dès 1690, il avait passé à son tils son régiment, pour se retirer dans ses terres. Voici ce que dit, de tous les deux, le mémoire sur l'intendance de Moulins dressé en 1698 (Bibl. nat., ms. Fr. 22 218, fol. 42) : « Tout le crédit et l'autorité se trouve entre les mains du lieutenant général de la province. M. le comte de Charlus est le lieutenant général de la province. Il est l'un des aines de la maison de Levis. Il a été autrefois mestre de camp d'un régiment de cavalerie, et reste ordinairement dans son château de Poligny, en Bourbonnois, et M. le marquis de Levis, son fils, est actuellement mestre de camp d'un régiment de cavalerie. Il a plusieurs terres en Auvergne, dans le Nivernois, même en Champagne. Il y a aussi beaucoup d'affaires dans sa maison. On le tient riche de dix-huit à vingt mille livres de rente. 11 est fort ménager, vindicatif, médisant et redouté. Feu M. le marquis de Levis. son père, étoit aussi lieutenant général de la province. » Comparez, dans le tome I"de la Correspondance des Contrôleurs généraux, n° 1884. une lettre de l'intendant auteur du mémoire qui vient d'être cité.

o. Voyez tome III, p. 112, note 10.

6. Une « harengère », dit-il dans les notices consacrées aux Charlus, comme branche de la maison ducale de Levis (Écrits inédits, tome VI,

cela cadroit mal avec les mœurs et le génie ^ de M. et Mme de Chevreusc. La légèreté de la dot et une naissance susceptible de tout les déterminèrent, avec une place de dame du palais qui attendoit Mlle de Chevreuse. Quand il fallut dresser le contrat de mariage, dont toutes les conditions étoient convenues, on fut arrêté sur le nom de baptême du marquis de Levis". M. et Mme de Charlus se le demandèrent l'un à l'autre; il se trouva qu'il n'en avoit point : de là on douta s'il avoit été baptisé. Tous trois l'ignoroient. Ils^ s'avisèrent que sa nourrice vivoit encore et qu'elle étoit à Paris : ce fut elle qu'ils consultèrent. Elle leur apprit que, portant leur enfant avec eux en Bourbonnois, pour le faire tenir au vieux marquis de Levis\ son grand-père, M. Colbert'', évêque d'Auxerre,

|). 399), et au marquis de Levis, comme ayant été t'ait duc en 1723 fp. 400).

i. Mot déjà rencontré au sens de caractère, tome IV, p. 332.

2. L'historiette qui va suivre se retrouve dans les notes journalières recueillies par Gaignières (ms. Clairambauit 290, p. 501), en ces termes : « Lundi 27 janvier, l'on pressa si fort le mariage de Mlle de Chevreuse avec le marquis de Levis-t^harlus, qu'ils ne se virent qu'à trois lieures après midi, et furent fiancés le soir, à neuf heures, dans la chapelle du château de Versailles, par le curé. Cette même précipitation et beaucoup de négligence avoient fait oublier au père et à la mère du futur mari qu'il n'étoit pas baptisé. Le souvenir en vint fort à propos, car, sans cela, on l'auroit tiancé et marié sans baptême, n'ayant élé qu'ondoyé; encore n'en put-on trouver le certificat : si bien qu'à telle fin que de raison, il fut baptisé. — Lorscjue M. de Chevreusc dit, dimanche 2(7, au Roi, que ce mariage étoit arrêté, le Roi lui dit : « Voilà la première « affaire que vous avez expédiée promptcment! »

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