‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 146 sur 427 · Ci-après, p. 252 et suivantes · texte numérisé non relu

Ci-après, p. 252 et suivantes

3. Charles d'Albert (tome 1, p. 146 et note i), depuis l'assassinat du maréchal d'Ancre, gouvernait le jeune Roi et dirigeait tout, avec les titres de premier gentilhomme de la chambre et de grand fauconnier, de lieutenant au gouvernement de l'Ile-de-France, de gouverneur de la Picardie, de capitaine des Tuileries et de la Bastille, etc. Il ne fut fait duc et pair et chevalier des ordres qu'en 1619, connétable qu'en 1621. Sa femme fut nommée, à la fin de 1618, surintendante générale de la maison et finances de la Reine.

4. Toute cette argumentation contre les Rohan repose sur un passage des mémoires de Fontenay-Mareuil, qui étaient encore inédits (on ne les a imprimés qu'en 1826), mais dont Saint-Simon avait une copie, prise sans doute par lui chez le duc de Gesvres, et conservée aujourd'hui au Dépôt des affaires étrangères, vol. France. 401. Fontenay dit (p. 12o de l'éd. Michaud et Poujoulat") que M. de Luynes, redoutant de prendre femme, comme on l'eût voulu, dans la maison de Vendôme, « choisit enfin Mlle de Montbazon, laquelle étoit d'une grande maison, d'âge proportionné, fort belle, et avoit des biens suffisamment; mais, parce qu'il ne vouloit pas qu'elle se tint debout devant la Reine pendant que tant d'autres de moindre naissance qu'elle seroient assises, et qu'il n'avoit

Le texte imprimé, conforme à l'original, présente quelques différences avec celui du manuscrit reproduit par le P. Griffet (voyez plus loin), qui n'était pas bien persuadé que ce fût l'œuvre de Fontenay lui-même. L'ori- ;,'inal autographe, venant des Gesvres, est à la Bibliothèque nationale, mss. Fr. 13 7-21 et Vilii.

M. de Luynes fait asseoir, pour une fois

seulement, Mile de Montbazon, la veille de leurs noces, depuis duchesse de Chevreuse.

en un mot un tabouret de grâce et pour une seule fois,

encore rien de prêt pour être due et pair, il prit l'expédient de lui faire donner le tabouret devant que de l'épouser, comme l'avoient déjà les filles de l'autre branche de Rohan, pour lui faire continuer après qu'elle seroit mariée, ainsi qu'il se pratique à l'égard des bâtardes de France, qui ne perdent jamais leur rang ni les privilèges qu'elles ont, qui que ce soit qu'elles épousent : ce que personne n'osa contredire. Aussitôt après, on fit venir la comtesse de Rochefort, belle-fille de M. de Montbazon, pour s'asseoir aussi; mais le marquis de Marigny, frère de M. de Montbazon, n'eut point les entrées dans le Louvre, ni sa femme le tabouret, quand depuis il se maria, cette grâce ayant été bornée aux descendants de M. de Montbazon. » Ici vient une addition que Saint-Simon, pour les besoins de sa thèse, a passée sous silence, tandis que le P. Griffet et l'abbé Georgel l'ont considérée comme absolument favorable à la leur : « Ç'avoit été encore, dit Fontenay- Mareuil, en faveur d'un autre mariage que celles de l'autre branche de Rohan l'avoient eu : car le roi Henri le Grand, pour tenir le duc des Deux- Pouts, de la maison palatine, et qui étoit fort considéré en Allemagne, tout à fait dans ses intérêts, lui voulant faire épouser Mlle Catherine de Rohan, sœur aînée de M. de Rohan, et qui étoit sa parente bien proche, étant sortie d'une fille de Navarre, il ne put jamais l'y obliger, les Allemands ne se dépariant pas volontiers, jusques à ce que, pour montrer qu'elle étoit princesse, il lui eût fait donner le tabouret. Il est vrai que M. de Piohan l'avoit toujours prétendu, et disoit qu'il lui appartenoit mieux qu'aux filles de Savoie, de Lorraine et autres, puisqu'il étoit prince du sang de Navarre et le plus proche héritier de cette couronne, sa grand'raère et le bisaïeul du Roi étant enfants de Jean d'Albret et de Catherine de Foix, roi et reine de Navarre, et qu'ils auroient certainement été traités comme tels du temps des autres rois, sans la religion, qui les avoit toujours tenus éloignés et mal à la cour. Mais quelques-uns répondoient à cela qu'en ces sortes de choses la descente par les femmes n'est pas considérée comme celle des hommes, parce que cela iroit à l'infini, et (]ue le Roi même, qui les aimoit tant, en étoit si bien persuadé, qu'il ne leur donna que le tabouret, sans tous les autres attributs des princes. >> — Saint-Simon était mort depuis douze ans quand ce texte de Fonlenay-Marcuil fut repris, dans le même sens, par un historien très secondaire, Richard de Bury, qui le commenta d'une façon désobligeante pour les Rohan, au tome I", p. 220, d'une nouvelle Histoire de la vie de Louis XIII (1768). C'est en vue de rétorquer les dires de Fontcnay-Mareuil et les conclusions de Bury que le P. Griffet, qui venait de donner Vllisloire de Tancrède de Rohan, lit paraître (1769) son Traité des différentes sortes de preuves qui servent à éUihlir la vérité dans l'histoire. Les derniers cha-

pour faire briller la faveur du favori' et témoigner à M. de Montbazon combien ce mariage étoit agréable au Roi^

A la promotion de 1619^, M. de Luynes obtint une dis- obtient dispense d'âffe pour le frère de sa femme, qui n'avoit que pense d âge et

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Vingt et un ans ' et qu on appeloit alors le comte de Roche- place après les fort, qui prit après le nom de prince do Guémené jusqu'à ^^^^ po"'' ^^

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pitres de ce livre sont uniquement consacrés à établir que, depuis l'arrivée des Roliaii en France, ils avaient, toujours et tous, joui des honneurs attribués à la qualité de prince ; que la propre belle-sœur de Marie de Rohan, celle qu'on appelait alors la comtesse de Rochefort, plus tard princesse de Guémené, avait eu le tabouret eu se mariant, un an avant elle (1616), et cela, au dire de Mme de Motteville, quoique Marie de Médicis « ne l'accordât pas légèrement; » que Luynes n'était pas encore tout-puissant à cette époque, et que son crédit n'avait été pour rien dans l'obtention du premier, ni même du second tabouret; que c'était, non pas une faveur accordée en considération, soit du mariage de 1604 avec le prince de Deux-Ponts, soit de la proche parenté avec Henri IV, soit enfin de l'affection de la Reine mère pour sa filleule Marie de Rohan, mais bien un droit acquis aux Rohan de par leur origine princière. La critique et l'argumentation du P. Griffet, appuyées sur une phrase do Mme de Motteville, qui n'écrivait que de ouï-dire et ne précisait même rien, ne sont peut-être pas très concluantes ni convaincantes en tant que possession du tabouret avant 1617 ; mais, à regarder d'un peu près le texte de Fontenay-Mareuil, à la tin surtout, on reconnaît que lui-même ne contestait guère plus le droit des Rohan et le principe de ce droit que Mme de Motteville ou que les autres contemporains, Moiiglat par exemple [Mcinoires, p. i"!), ou Brienne {Mémoires, p. 14). Saint-Simon, et après lui Richard de Bury, ont singulièrement renchéri sur ce texte, base de la polémique que continuèrent, pendant quelques années encore, l'académicien Gibert et l'abbé Georgel.

1. A la ligne précédente, en corrige un, et, ici, favori est bitle une première fois, puis récrit, la lettre /"corrigeant un p.

2. Comparez l'Addition indiquée ci-dessus, n° 'ioo, et trois passages sur le même sujet dans le mémoire de 1710 et dans le mémoire de 17o3 : Écrits inédits, tomes III, p. "274 et 332, et IV, p. 423.

3. La promotion de l'Ordre ciui eut lieu le dernier décembre 1619 : tome I, Addition n" (], p. 311-313.

4. Et non dix-sept, comme le portent les registres de l'Ordre, ni dixneuf, comme l'écrit l'abbé Georgel. Pour les princes eux-mêmes, l'âge régulier était vingt-cinq ans.

mené, son la mort de son père'. M. de Luynes" obtint encore pour beau-frère, en |jjj qu'il marclieroit le premier des gentilshommes^ de

la promotion ., ^. ».<i- • -i-I ±i >!•

de 1611). cette promotion, c est-a-dire immédiatement après luimême, qui en étoit le dernier duc^. Mais cela n'empêcha pas que, jusqu'à ce qu'il le fût devenu lui-même par la mort de son père, trente-cinq ans après, il n'ait toujours

1. "Le comte de Rochefort, depuis prince de Guémené,... vieilli sous ce nom du vivant du duc de Montbazon, n'en voulut pas changer à sa mort. Son fils porta le nom de duc de Montbazon, et il est mort à Liège sous ce nom, depuis assez peu d'années. Sou fils, le prince de Guémené d'aujourd'hui, vieilli avec ce nom du vivant de son père, comme son grand-père du vivant du sien, Fa imité en ne changeant point de nom. » (Mémoire de 1711, dans le tome III des Éa'its inédits, n. 162-163; comparez le mémoire de 1733, dans le tome IV, p. 425.)

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