‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 152 sur 427 · La première lettre de Montbazon corrige C[hevreuse · texte numérisé non relu

La première lettre de Montbazon corrige C[hevreuse

3. Après familiarité, Saint-Simon a effacé du doigt un point qu'il venait d'écrire, pour ajouter : « ignorée et sans conséquence ».

4. Cette locution était usitée, au temps de Saint-Simon, dans le sens de : moitié par adresse, moitié par force, comme le prouvent les exemples de Mme de Sévigné et de Lesage cités par Littré à côté de celui-ci. et suivis de l'explication historique qu'en donnait Gaignières. On l'a aussi dans les Histondtes de Tallemant, tome I, p. 482.

5. C'est-à-dire en faisant sentir que toute la Fronde était derrière elle, prête à l'appuyer. C'est une association de deux idées, de deux éléments, aussi bien que de deux personnages : voyez les Historiettes, tome II, p. 21. Littré a imprimé, d'après une ancienne édition ; « la fraude en croupe ». En effet Saint-Simon a écrit : frode, mais par mégarde, pour fronde. Plus tard (tome II de 1873, p. 307), il dira : « Mme de Soubise..., avec le Roi en croupe.... »

6. Comme la Palatine, Mme de Guéraené ménageait à la fois la cour et la Fronde; Mazarin lui donnait des subsides. — Le Cérémonial français, si bien connu de Saint-Simon, mentionne un fait relatif à cette princesse qui devait être très sensible à notre auteur : c'est que, le 8 février 1647, à l'audience de l'ambassadeur portugais, elle prit rang imraé-

Autres tabourets de grâce en même temps.

pour lors dans la maison de Rohan, et n'y produisit point d'autres distinctions'. En même temps, la Reine fit la même grâce à la marquise de Senecey^, sa dame d'honneur, chassée pour elle, et à qui, en arrivant à la régence, elle avoit rendu sa charge, qui lui avoit été ôtée^,

diatement après Mademoiselle et avant les duchesses de Veutadour, de la Trémoïlle et de Saint-Simon (tome II, p. 864; Réponse de l'abbc Georgel, p. 91).

1. A partir d'ici, le récit de Saint-Simon est, volontairement ou non, inexact et peut induire en erreur. Non seulement la concession du tabouret à Mme de Guémené fut suivie de pareille grâce pour l'héritière du duc de Rohan, mais on l'accorda aussi à la fille de Mme de Montbazon, celle qui épousa plus tard le duc de Luynes''. De plus, dans la « guerre des Tabourets » dont il va être parlé, ces tabourets des dames de Rohan furent expressément mis hors de cause par les princes du sang et la noblesse (déclaration du o octobre), tandis que Saint-Simon voudrait faire croire le contraire. II y a encore quelques erreurs de détail ; mais celles-ci portent sur le fond même de l'afTaire.

2. II a déjà été parlé du renvoi de Mme de Seuecey (9 octobre 1638) et de sou retour en grâce, ainsi que de sa fille la comtesse de Fleix, dans notre tome I, p. 190-191 ; il en sera encore question plus tard, tomes IV de 1873, p. lo-16, X, p. 133-136, XIII, p. 386 et 396. Comparez la notice de Mme de Senecey, comme gouvernante des enfants de France, dans le tome IV des Éciils inédits, p. 471-47:2, et dans l'article Randan des Duchés éteints, tome VI, p. 192-193. M. de Senecey a aussi son article dans les notices inédites sur les Chevaliers du Saint-Esprit. On a placé les portraits de l'un et de l'autre au musée de Versailles, n°' 3389 et 3390.

3. Mme de Senecey, installée gouvernante du jeune roi le 10 juin 1643, reprit, en mars 1646, sa charge de dame d'honneur, et passa le reste de sa vie auprès d'Anne d'Autriche, comme « l'ombre de son corps. » (Mémoires de Mme de Motteville, tomes I, p. 20-22, 123-126, 166-167, et II, p. 20, 21, 88, 262-264 et 286; Mémoires de Monglal, p. 139 et 183, etc.) Mazarin lui confia aussi ses nièces. Tallemant donne de curieux détails sur sa rentrée en fonctions, dans les Historiettes, tome IV, p. 388.

^ M. Chéruel (Minorité de Louis XIV, tome II, p. l-2-2-t2i) a cru qu'il devait s'agir de Marie-Éléonore. fille aînée de Mme de Montbazon ; mais elle était depuis longtemps aux Bénédictines de Montargis, tout entière à ses devoirs de religion, et elle fit profession le 1"2 avril 1G46. Ce fut à la fois pour récompenser la mère d'avoir dévoilé, en IC-io, les intrigues de Mme de Chevreuse avec la Flandre, pour la détacher de Gaston d'Orléans, et pour gagner M. de Beaufort par elle, que Mazarin fit accorder le tabouret à son autre fille.

rendus.

et récompensé' de la survivance à la comtesse de Fleix, sa fille, toutes deux veuves-, qui eut aussi le tabourets

Elles en jouirent quelques années, jusqu'à ce que plu- Tous ôtés, puis sieurs personnes de qualité, excitées par Monsieur Gaston et Monsieur le Prince, s'assemblèrent en grand nombre*, invitèrent les ducs de se joindre à eux, et, sous le nom de la noblesse, demandèrent la suppression de ces tabourets^

i. Il y a bien récompensé, qui, à la rigueur, peut s'interpréter de deux façons : ou bien, en ôtant la charge à Mme de Senecey, on avait donné une « récompense, » une compensation à sa fille, qui, du même coup, perdait la survivance; ou plutôt c'est Anne d'Autriche, qui, en rendant la charge de dame d'honneur à la mère, crut devoir indemniser la fille, car celle-ci ne fut remise en possession de la survivance que le 27 octobre I600 {Gazette, p. 1224; Mémoires de Mme de Motteville, tome IV, p. 91 et 92; Muse historique, tome II, p. 118).

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