Frère cadet du duc de Bouillon : tome I
4. J'ai déjà indiqué et reproduit en partie (tome I, p. 61, note 3) la liste écrite de la main même du Roi, dans son état définitif. Ce fut le 2 décembre 1688 que S. M. la communiqua dans un chapitre convoqué si secrètement ou si tardivement qu'il n'y avait de présents, comme membres de l'Ordre, que les princes 'de la maison royale, l'archevêque de Paris, et un ou deux ducs et pairs. La surprise fut grande qu'une moitié de la promotion appartînt aux gens de guerre. [Mémoires de Sourches, tome II, p. 288, 293 et 294 ; Journal de Dangeau, tome II, p. 221, etc.) La liste donnée par MM. de Dangeau et de Sourches énumère : 1° quatre cardinaux et prélats; 2° trente-deux ducs, princes et maréchaux; 3° trente-huit gens de qualité non titrés, en commençant
et les maréchaux de France de cette même promotion, et Mme de Soubise que le prince de Guémené, qui n'en étoit pas, en fût mis et y tint le rang de duc de Montbazon^ Elle en savoit trop pour l'espérer; mais elle compta d'obtenir l'autre demande en compensation du refus de celle-ci^. Pour cette fois, elle se trompa : non seulement le Roi tint ferme, mais il se fâcha jusqu'à ordonner à^ Ghâteauneuf, greffier de l'Ordre^, en plein chapitre, de mettre sur son registre que MM. de Soubise et comte d'Auvergne s'excusoient d'être de la promotion pour ne vouloir pas prendre l'Ordre dans le rang oi^i leurs pères et leurs prédécesseurs s'étoient tenus honorés de le recevoir. Cela fit grand bruit, et la mortification fut cuisante; mais Mme de Soubise y sut pourvoir : elle amadoua et intimida si bien Ghâteauneuf, qui étoit de ses amis et un fort pauvre homme, qu'elle lui fit écrire sur ses registres que ces Messieurs n'avoient pas pris l'Ordre pour n'avoir pas voulu céder à des cadets de la maison de Lorraine^. Ils n'avoient jamais osé parler d'eux, ni des
par les marquis de ïilladet et de la Salle. En tout, c'étaient soixantequatorze noms, auxquels celui de M. de Sourdis fut ajouté après coup.
1. Le comte de Soissons avait décliné également la faveur que le Roi voulait lui faire ; mais il se tira fort habilement d'affaire. Voyez le Journal de Dancjeau, tome II, p. 221, une Addition de Saint-Simon au tome XII, p. 324, un chapitre entier du mémoire de 17 11 sur les Changements arrivés à la di(juité de duc et pair, tome III des Ecrits inédits, p. IJio-lGi, et une page du mémoire de 'i7o3, ibidem, tome IV, p. 427-428.
2. Il est parlé du refus de M. de Soubise dans les Lettres de Mme de Sévigné, tome VIII, p. 298 et 362, mais non de la combinaison pour le prince de Guémené. Je donnerai l'indication des mémoires du premier dans l'appendice XII, avec le texte même du procès-verbal du 2 décembre, dont une partie est reproduite dans la Réponse de l'abbé Georgel (1771), p. 163.