Il fut déclaré ministre d'Étal le 26 novembre
4. Cette « affaire du chapeau » occupe une grande place dans les mémoires indiqués plus haut. Le cardinal Mazarin, après avoir aidé l'abbé à obtenir la nomination du Roi et l'agrément du saint-siège, redoutait sa rivalité dans le Conseil : il lui suscita un prince du sang royal pour concurrent. « Telle était alors la force du préjugé, que le prince de Conti, frère du grand Condé, voulait aussi couvrir sa couronne de prince d'un chapeau rouge. Et tel était en même temps le pouvoir des intrigues, qu'un abbé sans naissance et sans mérite, nommé la Ri-
« On croit que c'est à lui que s'appliquaient ces vers de la première satire de Boiloau :
.... Le sort burlesque, en ce siècle de fer. D'un pédant, (luand il veut, sait faire un duc et pair.
étoit et enfin perdu*, eut, en dédommagement de ce qu'il avoit été et prétendu", cet évêché duché-pairie et force bénéfices ^ Il savoit par expérience active et passive ce que peuvent les ministres : il fut ravi de s'acquérir M. de Louvois et son père, et alla, avec les deux frères, dire sa résolution à M. le Tellier. Celui-ci fut épouvanté d'un siège de cette dignité ; mais l'affaire étoit faite ^ : il ne put s'empêcher de se joindre à eux pour la faire agréer au Roi". Le bruit qu'elle fit réveilla le cardinal Antoine Barberin'', archovêque-duc de Reims. Sa puissance et
vière, disputait ce chapeau romain au prince. Ils ne l'eurent ni l'un ni l'autre : le prince, parce qu'enfin il sut le mépriser; la Rivière, parce qu'on se moqua de son ambition. » (Voltaire, le Siècle de Louis XIV, chap. IV.)