‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 2 sur 427 · Et très accoutumés à dominer · texte numérisé non relu

Et très accoutumés à dominer

3. L'écrit en question, intitulé : Remontrance à Mgr l' archevêque de Reims sur son ordonnance, etc., fut attribué au P. Daniel, et une analyse en parut dans la Gazette d'Amsterdam, 1698, Extr. xxm. Sous des apparences respectueuses, cette pièce était conçue en termes ironiques et offensants pour le prélaî. .... .. ., ■■ ;

porta ses plaintes au Roi avec tant de menaces, que l'écrit fut supprimé autant ' qu'il le put être, et l'imprimeur sévèrement châtié -. Cela ne contenta pas l'archevêque : ses menaces continuèrent. Les jésuites, déjà mortifiés de ce qui venoit d'arriver, se servirent de la porte de derrière qu'ils s'étoient ménagée, et protestèrent qu'ils ignoroient l'auteur de l'écrit. Avec une humiliation pour eux si nouvelle, ils espérèrent tout de leur crédit auprès du Roi, et que l'archevêque, à son tour, se trouveroit heureux de leur désaveu; mais il se trouva qu'ils avoient affaire à un homme qui ne les aimoit, ni ne les craignoit, ni ne les ménageoit, qui, dans le fond, avoit raison, que son siège, ses richesses, son neveu ^ et sa doctrine rendoient considérable, qui étoit personnellement fort bien et dans la familiarité du Roi, qui étoit soutenu par Messieurs de Paris, de Meaux, et même par Monsieur de Chartres, les prélats alors les plus en faveur et avec qui il s' étoit comme enrôlé contre Monsieur de Gambray '. Les jésuites ne purent donc rien obtenir, sinon que le Roi parleroit à Monsieur de Reims pour qu'il ne les poussât point à bout par des écrits et une interdiction dans son diocèse; mais qu'il vouloit qu'il fût content, et qu'il chargeroit le premier président de cette affaire^'.

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