‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 206 sur 427 · Ci-dessus, p. 259, etc · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 259, etc

7. Après avoir écrit : « tout le bien », Saint-Simon a mis au pluriel les et biens, mais non tout.

cela lavoit engagée à y faire de longs séjours. M. [le] Peletier de Souzy* y étoit intendant : lui et son frère le contrôleur général étoient créatures de M. de Louvois"; par conséquent, il étoit le maître en Flandres^. Le besoin que Mme d'Espinoy en eut et les services quil lui rendit les lièrent d'une amitié si intime, qu'elle dura toute leur vie et passa réciproquement à leurs enfants, quoiqu'ils eussent fait tout ce qu'il falloit pour l'éteindre; car, M. [le] Peletier ayant perdu sa femme', Mme d'Espinoy l'épousa, et, quoique ce mariage n'ait jamais été déclaré, il ne fut pourtant ignoré de personne''. C'est cette première liaison avec [le] Peletier qui forma la sienne avec M. de Louvois, qui devint son intime ami. H la trouva propre au monde et à la cour, il lui conseilla de s'y mettre; elle le crut : elle s'y introduisit par le gros jeu et par Monsieur, et, soutenue par Louvois, elle fut bientôt de tout. Ce fut par lui qu'elle obtint le tabouret de grâce

I. Tomes III, p. ^28"2, et IV, p. 264. 4. Tome IV, p. 259-260.

3. C'est en février et en juin 1668 que Souzy fut chargé successivement d'administrer les deux nouvelles provinces de Franche-Comté, puis de Flandre, qui, comme frontières, étaient du département de Louvois ; mais il quitta Lille dès le commencement de 1684, pour venir seconder son frère au contrôle général des finances.

4. Marie-Madeleine Guérin des Forts, fille d'un maître des comptes, mariée en août 1669. Elle mourut subitement, le 21 septembre 1691 {Journal de Dcuujeau, tome III, p. 406). De ce mariage étaient venus un fils, qui fut ministre de Louis XV, sous le nom de le Peletier des Forts, et dont sortit la branche dite de Saint-Fargeau, et une fille, qui fut la mère de M. Turgot, prévôt des marchands, et la grand'nière de l'illustre ministre du même nom.

o. Comparez les Ecrits inédits, tome VI, p. 356. — Non seulement le Chansonnier parle de ses amours avec Souzy (ms. Fr. 12 619, p. 387), mais les Annales de la cour (tome II, p. 432-433) disent que tout le monde alla faire ses condoléances à l'intendant, et que le Roi lui-même ail'ectait de connaître cette union, à tel point qu'un jour de grande perte au jeu pour Mme d'Espinoy, il fit avouer à Souzy que c'était lui qui l'avait aidée à payer sa dette. C'est sans doute aussi Souzy (jui procurait à son amie des « avis de finance » fort productifs, ou les moyens d'en tirer parti : voyez les Archives de la Bastille, tome XI, p. 35, 36 et 44.

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pour son fils, qui n'étoit pas encore dans le monde'; l'autre fils mourut en y entrant". Le désir de rendre ce tabouret plus solide lui fit briguer le mariage de Mlle de Commercy^ dès lors dans toute la confiance déclarée de Monseigneur, ainsi que Mme et Mlle de Lillebonne, sa mère et sa sœur ainée*. Cette raison, et dans une fille de la maison de Lorraine fort belle et fort bien faite, la fit passer sur plusieurs années plus que n'avoit son fils"^ et sur la médiocrité du bien, qui étoit nul et qui alors ne paroissoit pas pouvoir augmenter". Le mariage se fit\ et la belle-mère et la belle-fille vécurent toujours dans la plus étroite amitié. Avec ce surcroît de princes vrais et^ faux dont son fils étoit environné de si près^, bien leur fâchoit de ne l'être pas aussi*". Elle étoit intrigante, et le fut assez pour introduire ses filles à la cour et en même temps faire en sorte qu'elles" ne se trouvassent presque jamais dans les temps où on s'assoyoit, quoiqu'il n'y en eût guère d'autres de faire sa cour à Versailles, où pourtant j'ai été au souper du Roi derrière toutes les deux, mais cela étoit extrêmement rare ; et , bientôt après

1. Ce fils (ci-dessus, p. 334, note 4), tenu au baptême par le Roi et la Reine, avait été élevé avec Saint-Simon (tome IV de 1873, p. 165-166).

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