‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 234 sur 427 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

5. Les trois lettres initiales de sappes (sic) corrigent un premier etc. Ensuite, Saint-Simon, ayant écrit Crenant avec un t, a corrigé cette dernière lettre pour en faire le d de défendoit, de telle sorte que les doux mots sont liés ensemble.

6. Crenan, qui était lieutenant général depuis 1693 et avait perdu son gouvernement de Casai en 1693 (tome II, p. 309), reçut en 1699 le gouvernement de Condé et une direction d'infanterie.

part tournoit du côté de la campagne autour du château ; il étoit de plain-pied^ à l'appartement du Roi'^ et par conséquent élevé, et dominoit toute la campagne. Il y avoit au pied une vieille muraille et un moulin à vent, un peu au delà de l'appartement du Roi, sur le rempart, qui n'avoit ni banquette^ ni mur d'appui. Le samedi 13 septembre fut destiné à l'assaut''^ : le Roi, suivi de toutes"' les dames et par le plus beau temps du monde", alla sur ce rempart'; force courtisans, et tout ce qu'il y avoit d'étrangers considérables. De là, on découvroit toute la plaine et la disposition de toutes les troupes. J'étois dans le demicercle, fort près du Roi, à trois pas au plus, et personne

1. Saint-Simon écrit j>lei)i pied, par un e, comme nous l'avons déjà dit au tome 11, p. 'ilo.

2. Voyez la description du château par Piganiol de la Force. C'est Louis XIV qui avait fait rétablir la façade des bâtiments sur la terrasse, construire le grand escalier et le jeu de paume, dessiner le jardin et orner toutes les différentes parties.

3. Épaulcment de terre soutenant le parapet du rempart, et à l'abri duquel les soldats de la garnison font feu.

4. Journal de Dcuujeau, tome VI, p. 420. — 5. Toiitles corrige tout.

6. Lavalléc, contestant l'exactitude du récit qui va suivre {Correspondance générale de Mme de Maintenon, tome IV, p. 2S1) et voyant, d'après le Mercure, que les opérations du 13 furent troublées par le vilain temps et une pluie continuelle, en a conclu que la scène de la terrasse, dramatisée par Saint-Simon, ne dut pas avoir lieu. Mais, outre que Dangcau dit que le Roi, avec le duc et la duchesse de Rourgognc, alla voir attaquer deux lunettes, puis revint dans le même endroit, « sur le cavalier qui est à la gauche du château,... suivi de tous les courtisans et de toutes les dames, » et que la Gazelle d' Amsterdam parle aussi des « dames, » j'indiquerai plus loin (p. 368) un document graphique qui prouve d'une façon irréfutable que Mme de Maintenon assista à ces spectacles militaires. Sa correspondance, très peu fournie pour cette époque, ou du moins ce que nous en possédons, ne dit rien.

7. La Gazette, (|ui rend compte dos opérations et des fêtes (p. 442- 446, 4o6 et 463-468), dit (p. 444) que, pour mettre en état les ouvrages qui étaient du côté de la porte Chapelle et du pont de bateaux, on avait rasé la muraille à la hauteur du parapet ordinaire, réparé la demi-lune et son chemin couvert, fait un avant-fossé avec chemin couvert, et préparé de l'artillerie pour le cavalier qui se trouvait sur le rempart et d'où le Roi assista aux dernières o])éralions.

devant moi. C'étoit le plus beau coup d'œiP qu'on pût imaginer que toute cette armée et ce nombre prodigieux de curieux de toutes conditions, à cheval et à pied, à distance des troupes pour ne les point embarrasser, et ce jeu des attaquants et des défendants à découvert, parce que, n'y ayant rien de sérieux que la montre, et qu'ir^ n'y avoit de précaution à prendre pour les uns et les autres que la justesse des mouvements^. Mais un spectacle d'une autre sorte, et que je peindrois dans quarante ans comme aujourd'hui, tant il me frappa, fut celui que, du haut de ce rempart, le Roi donna à toute son armée et à cette innombrable foule d'assistants de tous états, tant dans la plaine que dessus le rempart même. Mme de Maintenon y étoit en face de la plaine et des troupes, dans sa chaise à porteurs, entre ses trois glaces, et ses porteurs retirés*. Sur le bâton de devant, à gauche, étoit assise Mme la duchesse de Bourgogne; du même côté, en arrière et en demi-cercle, debout. Madame la Duchesse, Mme la princesse de Conti et toutes les dames, et derrière elles des hommes. A la glace droite de la chaise, le Roi debout, et, un peu en arrière, un demi-cercle' de ce qu'il y avoit,

•I . Coup d'œil corrige spectacle.

2. Et q[u] a été écrit en interligne, addition qui rend la phrase incorrecte et imparfaite.

3. Il y eut cependant quelques accidents graves, dont les gazettes font mention.

4. La chaise à porteurs et la chaise montée sur roues de Mme de Maintenon sont très souvent mentionnées par JJangeau (tomes VII, p. 8o, Vlll, p. 3o6, XII, p. 40o, XIII, p. 19 et 186, etc.), et Saint-Simon en parlera aussi en plusieurs endroits. En iôSo, elle se promène déjà, avec la Dauphine, dans une chaise tirée par des Suisses [Lettres de Mme de Sévigné, tome VII, p. 430). En 1699, à Marly, elle se fait traîner dans une chaise à porteurs montée sur roues, « machine très commode, » tandis que le Roi, à côté d'elle, conduit un chariot à quatre où sont assises Stir le premier banc, à côté de lui, la duchesse de iîourgogne, sur le second la princesse de Conti et Mme du Lude {Journal de Damjeau, tome VII, p. 83).

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