Du secret, de la discrétion
le plus fidèle. Mme de Maintenon et Monsieur deCambray ne laissoient pas Monsieur de Chartres longtemps de suite à Chartres : il vint à Saint-Cyr au retour de la cour à Versailles'. A Saint-Cyr, personne ne levoyoit; je lui envoyai demander à l'entretenir^ : il me donna le lendemain. Je lui racontai toute l'histoire de la Trappe, mais sans parler du motif véritable qui avoit fait donner la démission, qu'en cette extrémité même nous n'avions pas voulu dire au P. de la Chaise; ensuite, je lui dis le secret. Il m'embrassa à plusieurs reprises; il écrivit sur-le-champ à Mme de Maintenon , et , dès qu'il eut sa réponse une heure après, il s'en alla chez elle trouver le Roi, à qui il parla. C'étoit un jeudi^. Le fruit de cette conversation fut que, le lendemain, qui étoit le jour d'audience du P. de la Chaise\ où je savois qu'il s'étoit proposé de se faire ordonner de renvoyer la démission, il eut là-dessus une dispute si forte avec le Roi, qu'on entendit leur^ voix de la pièce voisine". Le résultat fut que le P. de la Chaise eut ordre d'écrire à Monsieur de la Trappe, comme il avoit déjà fait avant la course de D. Gervaise à Fontainebleau, que le Roi vouloit savoir son véritable sentiment par luimême, si la démission devoit avoir lieu ou être renvoyée, et, au premier cas, de proposer un sujet pour être abbé; et, pour être certain de l'état et de l'avis de Monsieur de