Ce leur, sans accord, est-il un oubli de l'auteur
6. Ce vendredi-là, 14 novembre 1698, le Roi alla passer l'après-dinéc à Marly, et Mme la duchesse de Bourgogne dîna à Saint-Cyr, après avoir fait une visite matinale à la Ménagerie, et ne revint que fort tard {Journal de Dangeau, tome VI, p. 439-460).
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la Trappe, le valet de chambre du P. de la Chaise' en fut le porteur. ;
Un donné'^ de la Trappe, d'un esprit fort supérieur à son état, qu'on appeloit frère Chanvier % conduisit ce valet de chambre. Ils arrivèrent exprès fort tard, pour trouver tout fermé. Ils couchèrent chez M. de Saint- Louis, et, le lendemain, à quatre heures du matin, le valet de chambre fut introduit avec sa lettre. Il demeura quelque temps auprès de Monsieur de la Trappe, à l'entretenir, pour s'assurer par lui-même de l'état de son esprit ; il le trouva dans tout son entier, et il n'est pas étrange que ce domestique en sortît' charmé. Une heure après, il fut rappelé, et, comme Monsieur de la Trappe étoit instruit des soupçons qui avoient surpris le P. de la Chaise, et que ce domestique étoit un homme de sa confiance, il lui lut lui-même sa réponse, et la fit après
4. Ces mots : « du P. de la Chaise », sont écrits en interligne.
2. On désignait par le nom de donnés ou oblats deux catégories bien différentes d'individus, entre lesquelles Littré eût dû faire la distinction, comme les anciens dictionnaires : 1° des soldats invalides (estropiats) dont l'entretien était mis à la charge d'un monastère pour tout le reste de leur vie; 2° des séculiers qui, sans faire profession, mais en prenant certains engagements, se donnaient à un monastère avec leurs biens, obéissaient en tout aux supérieurs, et portaient une espèce d'habit religieux, quelque peu différent de celui des moines. Voyez Du Cangc, au mot Oblati, et le Dictionnaire de Trévoux, au mot Donnés. C'est de la seconde catégorie que parle ici Saint-Simon, comme il l'ésulte de la note suivante. On voit encore des frères donnés, ou convers, chez les chartreux, et il y a peu de temps que la Trappe même en comptait quelques-uns, moitié domestiques, moitié religieux.
3. Selon les notes du P. Léonard (ms. Fr. 24 123, fol. 84 v°), le frère Jean Chanvier (on lirait aussi bien : Chaunier; mais l'autre lecture est seule possible dans le manuscrit de Saint-Simon) était de Rouen et avait apporté à la Trappe une somme de dix mille livres ; il parvint au poste de procureur de l'abbaye, eu fit très bien toutes les affaires, et fut en grande liaison avec M. de Pontchartraiu, comme Saint-Simon le va dire. En décembre 1702, il fut révoqué de la procure, à cause de ses intrigues, et renvoyé également par « le comte de Montcharmel (sic), un des illustres protecteurs de la Trappe et retiré à l'Institution. >>