‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 300 sur 427 · Il doit y avoir ici une lacune; je cite exactement · texte numérisé non relu

Il doit y avoir ici une lacune; je cite exactement

6. C'est le conseil « pour les affaires d'État, les affaires de la guerre et les affaires étrangères, » qui, en février 1643, se compose de Mazarin, du Chancelier, du surintendant Bouthillier et des secrétaires d'État Chavigny et de ÎNoyers; en juillet 1644, du duc d'Orléans, du prince de Condé et de Mazarin, plus le Chancelier, le duc de Longueville, le surintendant Bailleul, Chavigny et Servien, ces cinq derniers tenus en dehors de la direction des affaires; en novembre 1630, de la Reine, du duc d'Orléans, du Garde dos

« La première comprend toutes les affaires pures d'État et de la couronne; la seconde, toutes les négociations, alliances et traités avec étrangers non confédérés ; la troisième, les différends qui naissent et les règlements qui se font entre les officiers de la couronne, les ecclésiastiques, la noblesse et le tiers état.

« A la première classe se rapportent les affaires de la guerre, les secrètes intentions du Roi, la nécessité et la consommation des finances, la disposition des hautes charges et gouvernements; et en ce conseil n'assistent que Leurs Majestés, le ministre, le secrétaire et les conseillers d'État affidés.

« A la seconde se rapportent les affaires plus publiques, comme les traités de paix, de mariages, d'alliances, la distribution des emplois pour les armées, tant par terre que par mer, et des entreprises qui se doivent faire pour les sièges de villes, les batailles, et de la proposition des édits ; et en ce conseil tous les ministres et maréchaux de France assistent.

« A la troisième se rapportent les affaires moins particulières à l'État, comme la décision des différends, et les règlements de charges des maréchaux de France, gouverneurs de provinces, généraux d'armées, officiers de la maison du Roi, prises de vaisseaux, droits de représailles, les intérêts des trois états, la résolution des édits, la contention d'entre les Cours; et il est à observer que Leurs Majestés, non plus que le ministre, n'assistent que rarement à ce conseil, où toujours Mgr le Chancelier préside, et où les Surintendants sont appelés; et toutes les délibérations qui s'y prennent s'expédient par déclarations, ordres du Roi ou arrêts en commandements*. »

Au sortir de la Fronde, en 1653, l'ambassadeur vénitien Michel Morosini- compte quatre conseils : de marine, de conscience, des finances et des dépêches, et, au-dessus de tout, le conseil suprême, où siègent le Roi, la Reine et tous les ministres d'État, avec le duc d'Orléans, les princes de Condé et de Conti, le cardinal Mazarin, le duc de Longueville, le Garde des sceaux, le Surintendant, M. Servien, le duc de Vendôme, les maréchaux du Plessis-Praslin et de Villeroy, et enfin les secrétaires d'État, appelés chacun séparément selon l'occurrence. « Ce conseil, ditil, est l'âme de l'État ; c'est de lui que dépendent la guerre ou la paix, le soulagement ou l'accablement des peuples : en un mot, la décision de toutes les affaires. »

Vers la fin du ministère de Mazarin, on trouve une répartition toute différente des attributions que nous venons de voir réunies d'après Guil-

sceaux, du Surintendant, de M. Servien et de M. de la Rivière {Journal d'OI. d'Ormesson, tome II, p. 637 et 645; Mémoires de M. de ***, p. 468). Mme de Motteville (tome II, p. 30), en disant que le duc de Longueville y entra au retour de Munster, ajoute que « ce n'étoit pas, en ce temps-là, une grâce aussi facile à obtenir qu'elle l'a été depuis. »

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