Tome III de 1873, p
G. Journal de Dangeau, tomes IX, p. 300, et XIV, p. 72; Projets de gouvernement du duc de Bourgogne, p. 02 ; Éloge du duc de Bourgogne par
Plus de premier ministre primant ou suppléant le Roi. Cette maxime* fut maintenue rigoureusement de 1661 à 171o. Louis XIV, dit notre auteur*, était « trop jaloux de son autorité et de sembler tout faire » pour se résoudre à la moindre apparence de sujétion^. Sur ce point, il l'approuvait absolument : nous en avons la preuve dans un grand discours qu'il adressa au Régent, en 1722, pour dissuader ce prince de mettre le pouvoir aux mains de Dubois, et qu'il appuya d'argumentations historiques*. On sait qu'il n'eut pas gain de cause et que l'héritage des Richelieu, des Mazarin fut reconstitué, à plus d'un demi-siècle de distance, pour le trop célèbre cardinal Dubois. C'était précisément manquer à cette seconde maxime du feu roi : point d'ecclésiastiques, point de cardinaux surtout, dans le conseil suprême 5; les prélats, les prêtres ne sauraient avoir de place et de rôle que dans le conseil « de conscience » ou dans celui des parties, et leur influence sur le
Saint-Simon, publié en 1880, p. 9-10. — Le Dauphin, fils de Louis XV, n'entra dans ce conseil que le 13 janvier 1757, à la suite de l'attentat de Damiens, ayant vingt-sept ans et demi. Au contraire, le Régent fit entrer son fils dans tous les conseils dès 1717 ou 1718, à quinze ans.
1. « Je résolus, sur toutes choses, de ne point prendre de premier ministre..., rien n'étant plus indigne que de voir d'un côté toute la fonction, et de l'autre le seul titre de roi.... Pour ce dessein, il étoit absolument nécessaire de partager sa confiance et l'exécution de ses ordres, sans la donner tout entière à pas un. « {OEicvres de Louis XIV, texte arrangé par Pellisson, tome I, p. 27-'28; comparez les Mémoires de Louis XIV. tome II, p. 385.) Il faut rapprocher de cette phrase l'opinion toute contraire de Fontenay-Mareuil, qui écrivait, sur l'année 1622 : « Lorsqu'on fut arrivé à Paris, le Roi tenoit souvent des conseils où entroient Monsieur le Prince, le cardinal de Retz, M. le Chancelier, le Garde des sceaux, M. de Schonberg et les quatre secrétaires d'État, et ne faisoit rien que par eux. Cette manière de gouverner ne plut à guère de gens, et il y en avoit beaucoup qui croyoient que, dans les grands États, le gouvernement d'un seul est toujours le meilleur, et que, quand les rois ne sont pas assez' forts pour gouverner eux-mêmes^ il vaut mieux qu'ils en laissent la conduite à celui qu'ils en jugent le plus capable, qu'à un conseil ; se plaignant des longueurs qu'on apportoit à l'expédition des moindres choses, qu'on ne savoit à qui s'adresser pour tout ce qu'on vouloit demander, qu'ils étoient tellement divisés qu'il sutfisoit d'être bien avec un pour être mal avec les autres, qu'ils s'opposoient souvent aux meilleurs avis par jalousie de la gloire et de l'avantage qui en reviendroit à ceux qui les donnoieut; et autres inconvénients qui ne se peuvent presque éviter dans les compagnies qui n'ont point de chef assez autorisé pour les régler et les tenir dans le devoir. » (Me'moires de Fontenay-Mareuil, p. 165.)