‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 307 sur 427 · Caractères de la Bruyère, tome I, p · texte numérisé non relu

Caractères de la Bruyère, tome I, p

3. Addition au Journal de Dangeau, tome XVI, p. 2S et 31; Mémoires, tome VI, p. 441, et tome XII, p. 19-20.

5. Saint-Simon, tomes X, p. 282-283, et XII, p. 19-20; Addition au Journal, tome XV, p. 224. Comparez une lettre de Fénelon au duc de Chevrcuse, 9 avril 1709.

6. Tome II des Écrits inédits, publiés par M. Taugère, p. 277-278. Comparez unpassagedel'arficIcCoisLiNjdansletomeVde la même collection, p. 221-222.

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de dire que cela est établi en l'air et n'a point de véritable existence. Ce sont des hommes dont la profession ni l'espèce n'est point déterminée, et que le Roi choisit de tous états, en très petit nombre, pour leur communiquer ses affaires et prendre leur avis sur ce qu'il juge à propos, sans nécessité ni de les suivre, ni de continuer h les prendre. Tout consiste à les mander en chaque conseil, et presque jamais à leur dire une fois pour toutes de se trouver k ses Conseils. Dès cet instant, ils y entrent sans patente et sans serment*. Cette entrée leur donne ce nom de ministre d'État et tout l'éclat et l'autorité qui en résulte. Une pension de vingt mille livres y est attachée par usage de l'un à l'autre. Nul rang au reste que celui de la considération et du besoin qu'on a d'eux, qui ne consiste qu'en attention et eu politesse. On ne voit rien là qui donne droit au pouvoir dispositif et législatif, puisque tout n'y est qu'estime et effet de cette estime, mais sans office, sans charge, sans titre, sans rang, sans solidité quelconque : en un mot, sans aucune base sur laquelle puisse porter un aussi grand privilège que celui d'être associé aux grands de l'État en l'exercice de la constitution des grandes sanctions du Royaume. »

Et non seulement, dit notre auteur dans un autre écrit-, Louis XIV ne prenait que des gens de rien pour ministres ; mais, pendant la seconde partie de son règne, il aurait eu pour système politique de toujours préférer des esprits médiocres : « Des ministres choisis tout neufs par ce monarque, j'appelle neufs sans survivance de ceux qu'il avoit trouvés, on n'en peut citer que trois, vu ses craintes du mérite : Pomponne, choisi pour succéder à Lionne dans l'importante conjoncture de la paix du Nord et de la ligue du Rhin, qu'il achevoit encore, et, après sa disgrâce et la mort des deux ministres qui l'avoient ourdie, rappelé dans le Conseil pour présider particulièrement aux affaires étrangères; sa sagesse, sa retenue, sa modestie furent les antidotes de son nom, dé son esprit, de sa capacité. Le même se doit dire des ducs de Beauvillier et do Chevreuse, qui ajoutèrent une tremblante timidité qui rassuroit et plaisoit infiniment au Roi. Je nomme le duc de Chevreuse, parce qu'il eut plus de vingt ans la réalité secrète du ministère sans être entré dans le Conseil. Pontchartrain enfin, qui ne put assez cacher son esprit, accommoder ses avis, ramper et trembler assez pour ne pas déplaire à la fin, quoique soutenu par le goût que le Roi trouvoit dans les gr.àccs de ses manières et de ses expressions. C'est ce qui le fit chancelier, à son grand désir, pour n'avoir plus les finances, ni à voir le Roi que comme simple ministre d'État, et qui soulagea enfin ce prince par sa volontaire retraite, quoique tous les dehors fussent parfaitement gardés. Louis XIV.... ne se plaisoit qu'avec les personnes de l'un et l'autre sexe sur qui il se sentoit beaucoup de supériorité, ou qui avoient l'adresse de bien cacher leur esprit, de lui paroître fort inférieurs au sien. C'est ce qui a maintenu ses moindres ministres, c'est ce qui a si aisément et si conti-

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