Lisez : Moutier-en-Argonne
rente à ....
ans, gouverneur de Champagne et Brie et capitainelieutenant desgendarmes de la garde du Roi, laissant de prodigieux établissements à sa famille par une politique également heureuse, nouvelle et singulière, qui conduisit merveilleusement la beauté de sa seconde femme et le renferma dans sa maison, uniquement occupé à la faire de ce que Madame sa femme obtint jusqu'à la fin à la cour, et à l'agrandir par le mariage de Monsieur'* son hls d'une façon moins mesurée dans le monde.
eut le tabouret par la réunion du crédit de Mmes de Chevreuse et de Guémené et de celui de M. de Turenne , qui avoit ses raisons. Ce fut ainsi que le rang s'établit insensiblement en cette maison, de grâce en grâce et de branche en branche, sans néanmoins s'être étendu au delà de la branche de Montbazon et de Mlle de Rohan, uniquement dans celle de Gyé. C'est cette Mme de Soubise, moinsfameuse par tout le pouvoir que lui donna sa beauté sur Louis XIV que par le concert admirable avec son mari, les ménagements infinis gardés au dehors, les mesures réciproques eutr'elle et les maîtresses successives jusqu'à Mme de Maintenon* de celle-ci pour ne leur donner point d'ombrage, les autres pour seconder tous ses désirs pour sa famille , à cette
fertile en panégyriques du Roi, docteur avec les honneurs de prince le premier de sa maison, et, pour ce, longtemps disciple du cardinal de Noailles, proviseur, et séminariste de Saiut-Magloire par l'autorité de la comtesse de Fiirstenberg sur le cardinal oncle de son mari, qui le domina jusqu'à la mort, dont elle a fait depuis une sévère pénitence, coadjuteur de son évêché de Strasbourg, et le chapitre contenu par les mêmes moyens qui y avoient fait admettre ses preuves, et malgré les cris du cardinal de Bouillon, qui en fui perdu et duquel il eut les dépouilles ; sacré à vingt-sept ans juste, puis .... évèque et prince de Strasbourg; enfin cardinal 1706*, par Clément X, à la nomination du Roi; pour comble, ...., grand aumônier de France et chef do parti contre le cardinal de Noailles pour la fameuse constitution Unicjenitus; monté par cette voie à la tête des affaires ecclésiastiques à la place du cardinal de Noailles proscrit, poussa les choses à bout et Louis XIV à de telles extrémités, que les remords qu'il en eut à la mort le forcèrent, en cet état, à dire publiquement aux cardinaux de Rohan et de Bissy, subalterne du [)remier, ((ue c'étoit à eux, non à lui, à rendre compte à Dieu de ce (jui s'étoit fait dans cette affaire, n'y ayant rien fait que par leur avis ; prélat également orné de beauté, de grâces, de galanterie, de magnificence, de goût pour les plaisirs, le jeu, les dames, les fêtes, les bâtiments, et d'esprit accorl, adroit, de talents pour la théolo-
I. Lisez: /7/^. — -. M, est écrit en surcharge sur un premier son, bille.
condition, jusqu'à la mort, par son autorité sur tous les ministres, qui, jusqu'à sa fin, ont compté avec elle, par son crédit démesuré sur le Roi, par son maintien modeste et réservé à l'extérieur et par tous les moyens qu'elle sut si adroitement et si constamment employer, et si grandement profiter jusqu'à sa mort, 1709, à soixante-un ans pourtant, des écrouelles, belle encore parles soins d'ellemême, dont l'ambition la rendit esclave jusqu'à la fin, faisant encore alors tout ce qu'elle vouloit du fond de sa maison, où ses infirmités la confinèrent un peu plus d'un an avant de l'emporter, laissant beaucoup de regrets à ses enfants et à très peu d'autres, auquel Monsieur son mari, à peu près content de son immense fortune, ne parut pas ex-
gie, la pureté de la morale, la rigidité de la discipline, l'intégriti'' du dogme, la défense de l'Église, le maintien des prétentions ultramontaines adoucies par celui de l'élégance, la persécution des adversaires, l'oppression des collègues et des écoles rénitentes, des schismes et des séparations, des pièges et des affaires du monde, des tempéraments et du temps.
Remonté en son premier crédit dans le cours de la Régence par la toute-puissance de l'abbé Dubois et par communauté d'intérêts, il le sacra archevêque de Cambray quinze jours après n'avoir pu, avec l'applaudissement public de toutes les consciences, être ordonné prêtre dans le diocèse de Paris ; parti peu après chargé des affaires de France, pour hâter à Rome sa promotion au cardinalat, poursuivie par l'Angleterre et demandée par l'Empereur, concourut merveilleusement avec les cardinaux impériaux à l'exaltation d'Innocent XIII, 17-21.
« La comtesse de Ribeyra : Constance - Emilie - Sophronie *, née 1667, mariée sans avoir pu obtenir le tabouret, 1683, à dom Joseph- Rodrigue de la Camara, comte do Ribeyra en Portugal, dont postérité.
« La^^comtesse de Calhéta, née 1678, eut le tabouret immédiatement avant de se marier, 1694, à dom Alfonso-Francisco Vasconcellos, comte de Calhéta et de Castelmayor ou Castelmelhor en Portugal. Ce n'est que depuis cette
i. Ce prénom de Sophronie appartenait à la fille suivante, comtesse de Calhéta, dont Saint-Simon ne donne pas les prénoms et défigure le nom en Coffif'rn.
'< Le priuce de Rohan : Hercule- Mériadec,uél669, abbé, puis aîné par la mort de son frère ci à côté, survivancier, puis titulaire des charges de Monsieur son père, fait duc et pair de France...
«Est à noter que Guéniené fut érigée en principauté, ainsi qu'un grand nombre d'autres terres en France, par une dénomination de titre qui ne donne ni rang, ni bon neurs, ni prérogative quelconque, comme aussi les premiers princes de Guémené n'en ont point eu. Eux seuls de la maison de Rohan ont porté ce titre à cause de cette terre, et j oint uniquement au nom de cette terre, jusqu'à ce que le crédit de Mmes de Chevreuse et de Guémené fit hasarder à M. de Soubise do le prendre avec son nom. Le brillant de la faveur de sa seconde femme, qui eut d'abord le
trêmement sensible.
MlledeVentadour : Anne-Geneviève de Levis, héritière du dernier duc de Ventadour, pair de France, et de Charlotte-Éléonore-Madeleine de la Motte-Houdancourt, depuis gouvernante de Louis XV, veuve sans enfants de Louis de la Tour, prince de Turenne, fils aîné et survivancier du duc de Bouillon de grand chambellan de France et de gouverneur d'Au vergne, tué ...., maréchal de camp, au combat de Steinkerque , en Flandre, remariée de quoi M.
de Soubise, qui avoit fait ce mariage, donnant part à sa bonne amieMnieCornuel, si connue par son esprit et ses bons mots et qui se mouroit, et souffrant impatiemment qu'elle ne lui répondit rien, il la pressa en lui en vantant la grandeur et les richesses immenses; sur quoi enfin il en eut pour toute réponse
époque que le rang de cette branche entière de Montbazon, de la maison de Rohan, a été assuré.
« Le chevalier de Rohan : Henri,
ne , mort ...., à ans, en
Flandre, enseigne des gendarmes.
« Le prince Maximilien : né 1680 et, non sans cause, plus chéri que nul autre, tué .... à la bataille de Ramillies, en Flandre, à .... ans, enseigne aussi des gendarmes.
« Le prince Frédéric : né ...., mort ...., à .... ans; tous trois sans alliance.
tabouret, s'étant de plus en plus consolidé, donna lieu à ses entants aînés de le joindre à leur nom de maison, enfin aux cadets de le porter avec leur simple nom de baptême, comme ceux des maisons actuellement souveraines.
Ainsi vont les degrés. Les princes de Montbazon ont suivi après, par imitation.
« Le prince de Soubise, i2<' :
Louis, né 1097, survivancier des charges de Monsieur son père. »
que c'étoit le meilleur et le plus grand mariage du monde pour dans trois cents ans.
Branche heureuse en mariages de cette sorte. La princesse de Rohan conserva le tabouret que Madame sa belle-mère avoit mis dans cette branche la première, et qu'elle y sut bien établir après, à l'étendre jusqu'aux filles.
FILLES DE y. LE PRINCE DE ROHAX,
auxquelles, dès leur enfance,
Mme de Soubise, leur grand mère, sut bien faire donner le tabouret et achever ainsi cet ouvi'age.
« La princesse de Montbazon :
Louise-Françoise, née 1695, ma-
Mlle de Me-
lun : fdlede Louis,
prince d'Espinoy,
et de .... de Lor-
raine-Lillebonne,
mariée »
riée à Louis-Henri, prince de Montbazon, ci-dessus.
« La duchesse de Tallard : née 1696, Charlotte-Armande, mariée .... .... d'Hostun, duc et pair de France, depuis survivancier du gouvernement de Franche-Comté du maréchal son père et ambassadeur à Rome lors du conclave de l'élection d'Innocent XIII. C'est la seule des enfants de M. le prince de Rohan qui ait été mariée du vivant de Mme de Soubise, leur grand mère, aussi la seule qui ait été fiancée dans le cabinet du Roi, contre la règle, l'usage et la résolution prise. Il y eut mieux : lorsqu'aux fiançailles il fut question de signer le contrat de mariage, le Roi appela la fiancée et lui dit que le duc de Tallard, qui ne fut pair que depuis, étoit trop galant pour signer avant elle. Il fut si surpris, qu'il ne dit mot, et le maréchal son père si étourdi qu'il se put. Elle signa donc la première, à la vérité ; mais le Roi lui fit laisser au-dessus d'elle la place de son mari, et l'y fit signer après. Ainsi rien d'interverti en effet dans l'ordre, le maréchal de Tallard ayant aussi signé devant le 'prince de Rohan. Il y a postérité.
« La duchesse de la Meilleraye : Marie-Isabelle, née 1697, mariée .... à ...., duc de la Meilleraye, pair de France. »