Les lettres re de refuser corrigent deux autres lettres
4. En effet, Portland écrivait à son maître (recueil Grimblot, tome I, p. 204) : « Le duc de Lauzun, principal conseiller du roi Jacques, semble affecter de me traiter avec tant de civilité, que chacun en est surpris. Je ne sais quel peut être son but, s'il en a un, comme je le crois. »
•j. Il commença à parler de départ le 20 avril, mais ne prit son
d'AlJ3emarle* Tinquiétoit et le hâta. Monsieur le Prince le pria de passer à Chantilly, et il lui donna une fête magnifique, avec ce goût exquis qui, en ce genre, est l'apanage particulier aux Condés". De là, Portland continua son
audience de congé que le iO mai {Journal de Daiujeau, tome VI, p. 349 ; Gazette d'Amsterdam, n° xliii). Dans ses dernières conversations particulières avec !e Roi et les ministres, il traita les projets d'arrangement relatifs à la succession d'Espagne qui occupaient alors les deux souverains ; on trouve le compte rendu de ces pourparlers dans les lettres de Portland, tomes I du recueil Griinblot, p. 446, 4oo, 477, 489, 498, el II, p. 19. Comme cadeaux, il reçut deux tentures des Gobelins rehaussées d'or, une épée ornée de diamants, et les portraits, richement enchâssés, du Roi et du Dauphin. Pour son maitre, il emporta sept tentures de tapisserie, et un jardinier fut envoyé en Angleterre, avec mission d'exécuter les plans que le Nostre venait do préparer pour Windsor. {Gazette d'Amsterdam, n°' l et u.)
1. Arnold-Juste van Keppel, fils du chef d'une très vieille famille do la Gueldre et d'une fille de l'homme d'État hollandais Opdam, était né en 1670, et il avait su si bien gagner la faveur du prince d'Orange, en le servant comme page, que Guillaume l'avait nommé gentilhomme do sa chambre et maître de la garde-robe, avec les titres de baron d'Ashford, de vicomte de Bury et de comte d'Albemarle (février 1697). Il eut le commandement de la première compagnie des gardes du corps en mars 1699 et l'ordre de la Jarretière en 1700. En 1702, la reine Anne le nomma de nouveau commandant des gardes ; mais il quitta peu après l'Angleterre pour la Hollande. Elu par ses compatriotes général de la cavalerie et des Suisses, il prit une part active aux dernières campagnes de la guerre de Succession, eut le gouvernement do Tournay en 1709, celui de Bois-le-Duc en 1718, et mourut le 30 mai de cette même année. L'Addition mise par Saint-Simon en regard de l'article de sa mort a trait à la rivalité des deux favoris, sur laquelle on peut voir aussi une note dans le tome 1" du recueil de Grimblot, p. 143, et deux passages des Aiinales de la cour pour 1608, tome II, p. 279 et 369.
2. Journal de Dangeaii, tome VI, p. 370. Est-il besoin de rappeler les fêtes offertes au Roi en 1662, 1671, 1694 et 169S, à Monseigneur en 1688, et dont il existe tant de descriptions laudatives, ces fêtes où, selon l'expression de la Bruyère, « un seul suffisait pour le projet cf pour la dépense » ? Saint-Simon en parlera plus longuement à propos des merveilles exécutées par Monsieur le Prince et des projets pour la réalisation desquels le temps finit par lui manquer {Mémoires, tome VI, p. 337, et Addition au Journal de Damjcau, tome XII, p. 374 et 376).
chemin par la Flandre'. Non seulement il eut la permission du Roi d'y^ voir toutes les places qu'il voudroit; mais il le fit accompagner par des ingénieurs, avec ordre de les lui bien montrer^. Il fut reçu partout avec les plus grands honneurs, et eut toujours un capitaine et cinquante hommes de garde^. Le bout d'un si brillant voyage fut de trouver à sa cour un jeune et nouveau compétiteur, qui prit bientôt le dessus, et qui ne lui laissa que les restes de l'ancienne confiance et le regret d'une absence qui l'avoit laissé^ établir. Sur son départ de Paris •*, il avoit affecté de répandre que, tant que le roi Jacques seroit à Saint-Germain, la reine d'Angleterre ne seroit point payée du douaire qui lui avoit été accordé à la paix; et il tint parole'^.