Cela est pris du Journal de Dangeau, tome VI, p
o. Vaissé, dans le manuscrit. — Les progrès de Keppel étaient déjà tels que Portland avait hésité à s'éloigner. Le bruit avait couru d'une tentative d'empoisonnement dirigée contre celui-ci (Sourches, tome V. p. 243). Sur les conséquences de cette rivalité, voyez la suite des Mémoires, tomes II de 1873, p. 20o et 3o3, III, p. 2o6, XIV, p. 396.
6. Cette dernière phrase, qui finit le paragraphe dans le manuscrit original, a été écrite postérieurement dans un blanc qui restait après establir et dans l'interligne suivant.
T. Journal de Dangeau, tome VI, p. 374; comparez tome XV, p. 172
Avant de quitter les étrangers, je ferai une courte mention du voyage que vinrent faire en France, les premiers mois de cette année, le frère du duc de Parme', qui y fut incognito, et, quelque temps après-, le prince Gaston^, second fils du Grand-Duc, par la singularité '' qu'ils furent tous deux les deux derniers ducs de Parme et de Toscane ^ Ce dernier garda aussi V incognito; mais, ce nonobstant, le Roi voulut le distinguer^, et qu'il baisât 3Ime la duchesse de Bourgogne. Il étoit fils de Madame
et 173. Ce douaire, qui devait être de cinquante mille livres sterling, ne fut payé qu'après le traité d'Utrecht, comme nous l'avons dit a'.i tome IV, p. 238, note 2. Il en est question dans les Lelters of William ni, tome I, p. 169, 182, etc.
1. François Farnèse, né le 19 mai 1678, devenu duc de Parme et de Plaisance (le septième de cette famille) par la mort de son père, le 8 décembre 1694, et marié, un an plus tard, avec la princesse palatine que sou frère aîné avait laissée veuve en 1693, mourut sans enfants le 26 février 1727, et le duché passa à son troisième frère, Antoine, dont il est question ici, lequel arriva en France vers le 15 janvier, venant de passer le carnaval à Milan, et eut audience du Roi le 1°' février. Ou l'appelait le marquis de Sala. (Journal de Dangeau, tome VI, p. 282 et 286; Gazelle d' Amsterdam, n" xiii.) Antoine Farnèse, né le 29 novembre 1679, mourut, dernier de sa maison, le 20 janvier 1731. Tous les princes de cette race étaient d'une obésité extraordinaire.
2. Ce second prince eut audience du Roi le 21 mai, selon la Gazette d' Amsterdam, et il fut reçu sous le nom de marquis de Sienne : voyez, l'article du Journal de Dangeau, tome VI, p. 352, que notre auteur va copier presque textuellement. Son père, n'étant que prince héritier, avait séjourné deux ou trois mois à la cour de France, en 1669 [Gazette, p. 763, 787-788, 808-809 et 928).
3. Jean-Gaston de Médicis, fils du grand-duc Côme III et de Marguerite-Louise d'Orléans (voyez notre tome III, p. 59 et 60), était né le 24 mai 1671. 11 devint graud-duc par la mort de son père, le 31 octobre 1723, et mourut à Florence le 9 juillet 1737.
4. C'est-à-dire : « Je ferai une courte mention.... pour cette singularité que, etc. »
6. Après leur mort, le premier de ces duchés passa aux Bourbons d'Espagne, le second à la maison de Lorraine, en vertu des traités de la Quadruple alliance et autres. — On voit, par cette allusion, que Saint- Simon écrit postérieurement à 1737.
6. Saint-Simon a fait, sur les difficultés de préséance entre les ducs
Princes de Parme et de Toscane incognito en France ; le dernier distiu"ué.
la Grande-Duchesse, cousine germaine du Roi*, et la vit fort tant qu'il fut à Paris. Le Roi prit même quelque soin de sa conduite : il chargea Albergotti^ à cause du pays^ de se tenir presque toujours auprès de lui et de prendre garde à lui faire voir bonne compagnie. Il demeura peu en ce pays-ci^, d'où il passa en Allemagne, chez la princesse de Saxe-Lauenbourg", son épouse, avec laquelle il se brouilla depuis à ne se jamais revoir*^. Le frère du duc de Parme demeura presque toute l'année'. Distraction Je rne souviens qu'à Fontainebleau, où on se donne plus d'Estrces. qu'ailleurs de grands repas les uns aux autres*, le cardi-
(Ic Toscane, de Savoie et de Ferrare, deux articles qui se trouvent dans le volume 36 de ses Papiers {France 191).
1. Il était donc, comme le dit Dangeau, neveu à la mode de Bretagne du Roi. Celui-ci venait, tout récemment, en janvier 1698, de donner des lettres de naturalité aux enfants de la Grande-Duchesse, pour qu'ils pussent lui succéder (Dépôt des affaires étrangères, vol. France 30o, loi. 4 v°, pièce lo).
2. 3Iaréchal de camp déjà cité en 1693 : tome I, p. 233 et note 4.
3. Albergotti, florentin d'origine, avait eu des lettres de naturalité, enregistrées le 18 mars 1681.
4. Dès le 2 juin, il retourna en Allemagne, sa résidence ordinaire. Ce voyage, non annoncé à la cour, n'avait eu pour but que de fuir pour quelque temps la femme dont il va être parlé.
o. Anne-Marie-Françoisc de Saxe-Lauenbourg, née le IS juin 1672, lille aînée de Jules-François, dernier duc de ce nom, et veuve d'un comte palatin du Rhin, avait épousé le prince de Toscane le 2 juillet 1697. Elle mourut à Reichstadt, en Bohême, le lo octobre 1741.
6. Marié malgré lui à une femme impérieuse, obstinée, énorme et laide, le prince quitta les arts et l'étude pour se jeter dans la débauche, et, durant son séjour à Paris, il n'y fit pas moins de scandale qu'à Prague. Quand il succéda à Côme III, qui avait livré la Toscane aux jésuites et à l'Inquisition, sou avènement fut le signal d'une réaction en sens opposé.
7. « Le prince de Parme s'en va en Angleterre, et reviendra pour voir la revue de Compiègne. On lui a fait voir Trianon et toutes les eaux de Versailles. » (Journal de Dangeau, tome VI, p. 368, 19 juin.) L'anecdote ([ui va suivre se placerait donc dans le second séjour, et le premier ne dura que cinq mois.
8. Pendant le temps que la cour y passait chaque année, en automne. Dangeau ne parle pas du prince lors du voyage d'octobre 1G98.
nal d'Estrées, logé à la Chancellerie', lui en voulut donner un, où il pria beaucoup de gens distingués de la cour. Il me pria aussi, et j'y trouvai de plus ce qu'il avoit lors de sa plus proche famille, pour lui aider à faire les honneurs au prince de Parme ; mais il arriva que nous fîmes le festin sans lui. Le cardinal, qui, allant et venant, avoit prié depuis plusieurs jours les gens qu'il voulut à mesure qu'il les avoit rencontrés, n'avoit oublié que le prince de Parme. Le matin du repas, le souvenir lui en vint : il demanda quel de ses gens l'avoit été inviter de sa part ; il se trouva qu'il n'en avoit chargé aucun. Il y envoya vitement; mais il arriva ■' que le prince de Parme étoit engagé, et pour plusieurs jours. On plaisanta beaucoup le cardinal, pendant le repas, de cette rare distraction. Il en avoit souvent de pareilles^.
Le Roi^ à la prière de Monsieur de Savoie, envoya Mlles de Soi enlever Mlle de Carignan^ par un lieutenant de ses gardes et°"'Bp"x^ei^( du corps ^', à l'hôtel de Soissons\ qui la mena aux Filles le comte
1. Dépendance du château, bâtie au temps du chancelier du Prat et augmentée par d'.\ligre et Séguier : voyez la suite des Mémoires, tome XIV, p. 118. Les d'Estrées avaient dans la ville un hôtel dont le beau portail existe encore.
2. Arriva est écrit en interligne sur se trouva, biffé pour éviter la répétition de ce verbe, qui était déjà à la ligne précédente ; mais un premier arriva est aussi sept lignes plus haut.
3. Une première rédaction de cette anecdote se trouve dans la grande Addition consacrée au cardinal d'Estrées, à l'occasion de sa mort, tome XV, p. 310-311, du Journal de Dangeau.
4. Cette anecdote est prise dans le Journal de Dangeau, tome VI. p. 301, 316 et 340.
o. Louise-Philiberte de Savoie-Soissous : sur elle et sur Mlle de Soissons, sa sœur aînée, voyez notre tome III, p. 277 et 278. Toutes deux avaient été baptisées ensemble, fort tardivement, le o janvier 1677 {Gazette, p. 32), et leurs tantes les avaient amenées à la cour de France en 1688 {Journal de Dangeau, tome II, p. loi). Nous avons vu l'ainéo expulsée en 1697, à propos de l'affaire du bailli d'Auvergne (tome IV, p. 19, note 6).