Ce pourrait bien être du Charmel
'2. La copie porte, par erreur : vénération.
3. La leçon : séparer, qu'on avait adoptée jusqu'ici, ne donne pas de sens. On avait donné aussi : séparer, p. 593, ligne 36, où le sens est autre.
« Nous nous vîmes tous trois le lendemain pendant plus de quatre heures, et le surlendemain presque autant. Ma surprise fut extrême de voir les tergiversations d'un évêque, et, dans un homme sincère, austère, plein de bonnes œuvres, ce qui n'a point d'autre nom qu'emportement et fureur. Tout leur sembloit permis, juste, honnête, pourvu que les papiers demeurassent à la Trappe; et je vous laisse à penser si c'étoit en intention de les laisser paroître ou de les supprimer; et pour un cas semblable, toutes les paroles étoient pour eux des riens.
« Prières, tendresse, zèle, colère, rupture, menaces, jusqu'à abuser des confiances les plus anciennes et les plus intimes, tout fut employé à cent reprises, et reçu de ma part d'une manière qui ne pouvoit avoir d'autres sources, tant j'ose dire que je l'admire encore, que ma compassion d'un si aveugle égarement et mon respect tendre pour notre ancienne amitié et pour la sainteté éminente que j'avois toujours connue dans cet homme qui eût été épouvanté d'en voir un autre dire et faire la moindre partie de ce qui se passoit dans ces scènes, qui finirent par une rupture dont les suites ne sont plus de ce sujet.
« Ce qui en est, c'est le peu de droiture qui parut dans un homme d'ailleurs si vrai et si pénitent, sa tyrannie à l'égard d'un ami : en un mot, le tout permis quand il s'agit de l'honneur d'un parti, pour ne pas dire d'une secte (car cet homme étoit incapable d'en être, s'il eût pu la reconnoître telle), et d'empêcher la vérité, quand elle lui est contraire, d'être mise en sûreté et en évidence, vérité pourtant nettement sue de plusieurs, soupçonnée et entrevue de tous par la lettre ancienne de M. l'abbé de la Trappe à M. le maréchal de Bellefonds et par la lettre, nouvelle alors, à M. l'abbé Nicaise, dont le parti s'émut avec tant d'aigreur pour un seul mot bien doux et bien simple, mais vérité dont il importoit si fort aux jansénistes d'étouffer un monument exprès et un témoignage authentique. »
Page 4, note 2. Le texte do la déclaration des jésuites se trouve aussi dans les Mémoires de Sourches, tome VI (en cours d'impression), avec certains détails sur l'affaire, p. 3, 4, 7 et 8.
Page S, note 3. Ajoutez: « Le P. Léonard, dans son 170' portefeuille (Arch. nat., M 7o7), p. 157, rapporte l'anecdote qui suit, pour le mois de février 1699 : « Le P. Flanet, jésuite, ancien professeur en théologie « au collège de Reims, ayant mécontenté M. le Tellier, archevêque de « cette ville-là, au sujet d'une thèse soutenue au mois d'août dernier, « ce prélat a obtenu une lettre de cachet du Roi, du 13 de ce mois, " qui exile ce professeur à Pontarlier, au comté de Bourgogne, pour " avoir manqué au respect qu'il doit audit sieur archevêque. »
Page 7, note 2. Il est dit dans les Mémoires de Sourches, tome VI, p. 4, à la date du 14 janvier, que le Roi défendit d'étendre aux simples envoyés l'honneur nouveau d'être reçus par la duchesse du Lude, et trouva même mauvais qu'on eût fait cette innovation.
Ibidem, note 4, ligne 3. Heemskerck, étant pensionnaire de la ville d'Amsterdam, avait eu une mission extraordinaire à Vienne, en 1673 (Gallois, Lettres inédites des Feuquières, tome II, p. 217 ; Gazette, p. 730).
Page 8, note 2, ligne 4. L'éditeur du Supplément au Corps diplomatique a intercalé dans le texte du Cérémonial de Sainctot, sur la réception des ambassadrices, un mémoire de Zinzendorf, qui occupe les pages 46-51 du tome IV.
Page 13, note 3. L'éditeur du Supplément au Corps diplomatique a intercalé dans le texte de Sainctot une relation contemporaine de l'affaire de 1664. On a de plus un petit livre imprimé à Cologne, en 1670, sous le titre de: L'origine des cardinaux du saint-siège..., avec deux traités curieux des légats a latere et une relation exacte de leurs réceptions.,., augmentée de la relation du succès de Vinsidte des Corses contre le duc de Créqny.
Page 17, fin de la note 5. Un almanach illustré de l'année 1665 (Cabinet des estampes. Histoire de France, in-fol. max.) reproduit l'audience du Légat, mais exactement, en ne montrant couverts que le Roi et le Légat. 11 en est de même dans le grand tableau fait par Ziégler pour le musée de Versailles (rez-de-chaussée, n" 1070), quoique cette toile ait été exécutée d'après la tapisserie du Garde-Meuble, oi^i le comte d'Harcourt figure avec la tête couverte d'un grand chapeau à plumes.
Page 19, note 3, ligne 14. Saint-Simon fit faire en outre, subreptice-
ment, une copie des registres tenus par le grand maître des cérémonies Dreux, de 1701 à 1720 (Mémoires, tome XII, p. 319).
Page 26, note 2. Ajoutez : « L'annotateur des Mémoires du marquis de Sourches (tome VI, p. o, note 1) raconte de même qu'au moment du mariage, on trouva que le futur n'avait point été nommé, ni baptisé. Nous avons dit ailleurs (tome III, p. 466) que le fils de Dangeau ne reçut le baptême et les prénoms de Philippe-Égon qu'à l'âge de dix ans, ayant porté jusque-là le seul titre de comte de Courcillon et de Dangeau. »
Page 28, note 4. Selon Expilly, demoiselle se disait encore de la fille d'un homme anobli. Sur l'emploi de ce terme au seizième siècle, voyez les Mémoires de Vieilleville, p. lOo, et les Journaux de Pierre de l' Estoile, tome VI, p. 127.
Page 30, ligne 4. Les deux frères de Montgommery étaient Louis, comte de Bucey, et Jacques, baron d'Écouché, père de l'inspecteur de la cavalerie. L'un et l'autre avaient servi en Danemark.
Page 31, note 6. Dans le tome IV de l'Histoire des princes de Condé, p. 465-466, Mgr le duc d'Aumale a indiqué la part prise par le grand Condé à la rédaction ou la revision de l'exemplaire du récit de la Moussaye qui est conservé dans les archives de Chantilly.
Page 36, note 3, ligne 2. La Gallia christiana ne donne que soixantedix ans de vie à M. de Bourlémont. Les Mémoires de Sourches disent, à la date du 13 novembre 1697 (tome V, p. 3o7) : « Le soir, le vieux marquis de Bourlémont vint apporter au Roi la nouvelle de la mort de son frère l'archevêque de Bordeaux. Le Roi en fut fâché avec raison; car, outre qu'il l'avoit bien servi à Rome en qualité d'auditeur de rote et au traité de Pise, ce prélat avoit trouvé un secret merveilleux, qui étoit de se faire aimer et considérer également de la noblesse, des gouverneurs, des intendants, des peuples, du Parlement, du clergé, et même des moines. »
Page 37, note 4. Dans une longue notice que Saint-Simon a consacrée à M. de Bissy comme cardinal (vol. 45 de ses papiers, aujourd'hui France 213, fol. 165 v° à 108), et où se trouvent des détails sur le refus d'accepter Bordeaux, il dit que l'évêché de Toul compte dix-sept cents paroisses et comprend les montagnes des Vosges.
Page 39, fin de la note 8 de la page 38. Le mémoire de 1721 sur les Bouillon est celui dont la partie relative aux Rohan forme notre appendice IX, ci-dessus, p. 520-535.
Page 52, note 2. Le Czar avait déjà vu Guillaume III à Ulrecht et à la Haye.
Ibidem, note 3. Pendant la première partie de son voyage, le Czar avait manifesté une profonde aversion pour la France, prohibant la langue française en sa présence, et même condamnant à mort deux princes de sa suite pour avoir parlé à des sujets du Roi; c'est du moins ce que racontent les Mémoires de Sourclies, tome V, p. 345. Voltaire (Histoire de Pierre le Grand, chap. ix) dit qu'il ne voulut pas venir en
France à cause des relations d'amitié qu'il entretenait avec les ennemis de Louis XIV, Guillaume III et Auguste de Pologne.
Page 52, fin de la note 7. Voltaire a décrit la fête « de l'Hôte et de l'Hôtesse » donnée au Czar.
Page 61 note 3. Ajoutez : « On se plaignit à la cour qu'il marchandât les louanges {Mémoires de Sourches, tome VI, p. 32 et note 6). »
Page 62, note 1. Ajoutez : « En septembre 1697, pendant les conférences dePortland avec Boulllers, il avait été question que la cour de Jacques II se transportât de Saint-Germain à Blois; mais ce bruit avait été démenti {Sourches, tome V, p. 343-344). «
Page 64, note o. M. de Villeroy alla voir aussi son ami Vaudémont au passage {Sourches, tome VI, p. 22).
Page 70, note i. Ajoutez : « Les Mémoires de Sourches disent, à la date du 27 février (tome VI, p. 16) : « Milord Portland vint à Versailles « pour courre le cerf avec l'équipage du Roi ; mais, ayant été averti que " le roi d'Angleterre y devoit venir, il se retira sans chasser. «
Page 75, note 3. Ajoutez : « En 1707, faisant le mariage de son neveu avec Mlle de Nevers, il n'oublia qu'une chose : le notaire {Lettres de Mme de Maintenon à Mme des Ursins, tome I, p. 152). «
Ibidem, note 7. Lisez : de Lestrade, au lieu de d'Estrades.
Page 84, note 4. Étant avocat général, M. Talon avait collaboré à la rédaction des Ordonnances et pris une part très active à la démonstration de janvier 1688 contre le Pape.
Page 88, note 2. Sur la vogue des points d'Italie, voyez la Critique de l'École des femmes, tome III des Œuvres de Molière, p. 354, note 2.
Page 89, note 5. D'après une note inscrite par Gaignières sur la table de son Chansonnier, Mlle d'Outrelaize s'appelait Madeleine Blondel et était lîlle et sœur de deux lieutenants particuliers de Caen. Il semble que ces Blondel de Tilly avaient hérité d'un avocat nommé Gaspard le Marchand, qui bâtit le château d'Outrelaize et mourut en, 1621.
Page 91, ligne 1. Ajoutez cette note : « C'est surtout Mme de Sévigné qui se sert de l'expression : « nos Divines, » et Saint-Simon se souvient probablement de l'avoir trouvée dans les Lettres. »
Page 92, note 2. Orondate ne se trouve pas dans Artamène ou le Grand Ciji~us, quoi que Saint-Simon en dise ici et dans l'Addition 247 (p. 420), et encore que beaucoup de personnages de ce roman portent des noms analogues et qu'un passage du Dialogue des héros de romans, de Boileau*, semble confirmer le dire de Saint-Simon. Après en avoir parcouru par deux fois tous les volumes, j'allais entreprendre le dépouillement des autres romans qui figurent dans le catalogue de la bibliothèque de notre
I. Dans ce dialogue, qui porte principalement sur les deux plus célèbres romans de Mlle de Scudéry, Cyrus et Clélie, mais tient compte aussi de ceux de la Calprenède, Pluton demande à Diogène de lui nommer quelquesuns de ces héros chimériques de romans « qui ont toujours le haut bout dans les livres, et qui battent infailliblement les autres. » Diogène répond : « Orondate, Spitridate, Alcamène, Jlélinte, Britomare, Mérindor, Artaxandre, etc. v
auteurs lorsque M. Paul Mesnard m'a signalé très à propos un passage des Causeries du lundi (édit. 'i8o8, tome XIII, 10 novembre 1836, p. 37) où Sainte-Beuve dit, en parlant du père du maréchal : « Sa belle mine et ses airs de héros de roman (lai) avaient valu dans la société le surnom d'Orondate. Cet Orondate ou Oroondate est le principal héros du roman de Cassandre de la Calprenède. » Suit un court portrait du prince scythe ainsi nommé. — En effet, Oroondate apparaît dès le début de Cassandre, qui fut publié en 16o4, et il y occupe la place principale. Saint-Simon, qui possédait ce roman comme celui de Mlle de Scudéry, a fait une confusion de titres, et, maintenant que son erreur a passé partout sans contradiction, ni protestation, ni vérification, même de la part du savant éditeur de Tallcraant des Réaux (Sainte-Beuve non plus ne paraît pas avoir pensé à cette mention de Yillars-Orondate dans les Mémoires, ni avoir voulu en faire la rectification), il sera bien difiicile d'obtenir qu'elle disparaisse des biographies et des dictionnaires qui répètent Saint-Simon de confiance.
Page 93, note 3. Selon les Mémoires de Sourches (tome VI, p. il), M. de Castries paya vingt-cinq mille livres à la marquise de Villars pour avoir la place de son mari.
Page 98, note de note. Ajoutez : « Un maître d'hôtel du roi Louis XIII, nommé Guillaume de Loménie, seigneur de Faye, et résidant en la généralité de Limoges, fut anobli en décembre 1638, et reçut pour armes l'arbre de sinople que portaient aussi les Loménie de Brienne (ms. Fr. 4834, p. 632). »
Page 107, note 4. Ajoutez : « Imhof, dont Saint-Simon avait le livre : Genealogiœ XX illustrium in Jtalia familiarum, s'exprime ainsi, à l'article du duc de Bracciano (3' partie, p. 334) : « Ea mortua (prima « uxore), cum dimidia dotis sibi allatœ parsgnataî illius, e priore conju- « gio susceptffi, principi nempe de Rossano, restituenda esset, de bonis « periclitatus est suis. Aliam deinde cum accepisset uxorem, eamque « pronationis suœ genio sumtuosam, malis domesticis impeditus est raa- « joribus, et denique coactusavitam distrahere ditionem : vcndidit itaquc « Vicovarum, anno 1692, comiti Bolognettio; Anguillariani, anno 1693, « Grillio, patritio Genuensi; Albanum, anno 1696, Camerœ pontificia";
<> atque,ad extremum, BraccianumLivio Odescalco, pretio maximo »
Page 110, note 2. Ajoutez : >< Les Mémoires de Sourches rapportent, à la date du 5 décembre 1697 (tome V, p. 366) : « On disoit ce jour-là « que le Roi avoit écrit au Pape que, puisque Strasbourg demeuroit en « sa possession par la paix, il prioit S. S. de ne plus nommer que ses « sujets aux dignités de l'église cathédrale de cette ville, et que le car- « dinal de Bouillon, profitant de la conjoncture, en avoit obtenu la pré- « voté, qui étoit vacante, pour son neveu l'abbé d'Auvergne. — En note: « Cela n'alloit pas moins qu'à être un jour évoque do Strasbourg. »
1. 11 avait VAstrée de Honoré d'Urfé, Cyrus, Clélie, Almahide et Ibrahim de Mlle de Scudéry, Cléopâti'c, Pharamond et Cassandre de G. de la Calprenède.
Page 120, note 4. Le mémoire de la Reynie a été d'abord publié par P. Clément, dans la Police sous Louis XIV, Appendice, p. 415-417.
Page 123, note 2. La terre de Marcillac, avec titre de principauté, sise à trois kilomètres E. de la Rochefoucauld, était passée dès le quinzième siècle dans la maison de ce nom, après avoir appartenu aux Sainte-Maure et aux Craon.
Page 12o, note 4. Ajoutez : " Les Mémoires de Sourches (tome VI, p. 18 et 22) donnent des détails sur les conditions du mariage, que le Roi régla lui-même à la demande du maréchal et de Mme deMaintenon, sur la noce et sur les visites du lendemain. On blâma la tenue ou Vincognito de la duchesse de Bourgogne. »
Page 130, tin de note. Ajoutez : « Dangeau rapporte ce fait, à la date du 11 janvier 1687 : « Le Roi donna à M. de la Rochefoucauld « l'abbaye de la Chaise-Dieu, pour en partager le revenu entre son « oncle l'abbé, son frère l'abbé et le chevalier, comme il le jugera à « propos. M. de la Rochefoucauld l'a donnée à l'abbé de Marcillac. Les « deux autres auront des pensions dessus, et le Roi a dit au P. de la « Chaise que le chevalier de la Rochefoucauld seroit le dernier cheva- « lier qui auroit des pensions sur des bénéfices. » (Journal, tome II, p. 5-6.) Sept mois plus tard, le chevalier se démit de l'abbaye de Molesme au profit de son frère l'abbé de Yerteuil, en se réservant toutefois une pension de quatre mille livres sur le revenu, qui était réduit de vingt-deux mille livres à quatorze ou quinze raille {ibidem, p. 443). — On a quelque peine à se reconnaître au milieu de ces abbés et chevaliers de même famille qui changeaient plusieurs fois de surnom les uns avec les autres. »
Page 132, note 4. Ajoutez : « Le Roi avait pris le deuil pour le dernier Guise, mort à quatre ans et six mois. Voyez les Lettres inédites des Feuquières, tome. III, p. 220, et la Gazette de 1675, p. 195-196. »
Ibidem, note 5. Les Mémoires de Sourches (tome VI, p. 25, 29 et 31) donnent plus de détails que Dangeau sur la mort du petit prince et sur les visites faites par le Roi.
Page 134, note 5. Selon les Mémoires de Sourches (tome VI, p. 37), c'étaient quinze mille livres de rente que la paix avait forcé de rendre au duc de Lorraine. Ces Mémoires disent (p. 17) que Fervacques avait été pris subitement d'une « mélancolie » incurable, et (p. 38) que le don à BuUion fut fait très obligeamment pour la maréchale.
Page 141, note 1. Ajoutez : « Le duc de Lorraine écrivit une lettre de remerciements au Roi, datée du 17 mai, qui se trouve aux Affaires étrangères, vol. Lorraine 48, pièce n° 24. »
Page 154, note 4. Ajoutez : « Dans la correspondance de Fénelon, M. de Langeron est le P{etit) abbé, et M. de Beaumont est le Grand abbé ou Panta. »
Ibidem, note o. Ajoutez : « L'Échelle était raide de caractère, mystique, imprudent. Voyez une lettre de Fénelon, du 9 janvier 1707, dans le tome I de sa Correspondance, p. 191-192. •>
cm ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page 173, note 3. Ajoutez : « Nous avons dans l'Addition 2o4, p. 42o, cette expression : « l'aliéner du duc ».
Page 180, note 2. Un dossier retrouvé trop tard au Cabinet des titres (ancien fonds d'Hozier, Carretto) et les documents auxquels il m'a permis de remonter prouvent que j'avais eu tort, dans le tome II, d'identifier l'empirique Caretti avec Octave del Caretto, plutôt qu'avec Nicolas Scevoli ou Cevoli del Carretto, chimiste et patricien romain établi et naturalisé à Paris en janvier 1685. C'est bien celui-ci qui est notre homme. Il s'intitulait : « Marquis Nicolas Cevoli, des marquis del Carretto, des comtes de Sauta-Julia, Brovia, Niosa et Lodizio, fiefs impériaux dans les Langues de Piémont et de Montferrat, comte Cevoli en Toscane, patricien romain, citoyen noble de Savone, docteur en l'un et l'autre droit, en philosophie et en médecine. >< Ces qualifications nobiliaires n'étaient pas moins fausses que les brevets scientifiques qui s'y trouvent accolés. Se rattachant peut-être, mais par bâtardise, à une famille noble du nom de Cevoli, qu'il gratifiait complaisamment d'un palais magnifique dans Rome, avec des terres et des seigneuries aux environs, un comté en Toscane, des biens à Pise, et un revenu fabuleux de deux cent mille écus romains, il avait eu pour père certain aventurier du nom de François Cevoli, fils naturel d'un carme nommé Raynier Cevoli, et cette origine n'était que trop bien prouvée. François était parvenu en 1627, on ne sait par quelles voies, à épouser l'héritière de Frédéric, marquis del Carretto, et c'est en raison de cette alliance que notre Nicolas Cevoli, né en 1649 et dix-neuvième enfant de l'héritière, prétendait avoir des droits sur l'ancien apanage des Carretto. Mais, avant de le revendiquer, il voulut, vers 1670, se faire reconnaître comme héritier légitime des Cevoli et intenta un procès à Rome contre les dernières représentantes du nom, mariées aux marquis deVaïni' et Nari et à P. Mellini. Repoussé de ce côté, c'est alors qu'il se voua au soulagement des humains, et nous le trouvons, en 1680 et 1681, en pleine polémique avec le collège des médecins de Bruxelles, multipliant les facturas, les réclames les plus étranges, tenant bon contre les sentences des facultés de Paris, do Louvain, de Montpellier, du collège des médecins de Reims, etc.", augmentant chaque jour la liste de ses prétendues cures en Flandre et à Paris; publiant dans cette ville, en 1681, sous le titre de : Un avis aux cavaliers francois, et en forme de placard, l'histoire de ses aventures et de sa thérapeutique, arrangée à sa façon ^; imprimant encore des bro-
1. C'est le prince Vaïni dont 11 a été parlé ci-dessus, p. 39-43. La généalogie du Moréri dit qu'il épousa en 1672 Anne Ceuli, fille de Tibère Ceuli, d'une ancienne famille romaine. C'est évidemment une faute de lecture ou d'impression.
2. Factums et sentences forment un recueil factice, avec le titre de Jiellum Carrelanwn, que possède la Bibliothèque nationale (T= 10, u° 60), et dont jo dois l'indication à M. Pauly.
3. L'exemplaire de cette pièce est accompagné d'une réponse manuscrite en vers, avec ce titre : Apolofjie on le Marquis vengé.
chures en Flandre, dans le cours des années 1682 et 1683, sous les auspices du prince de Hache, mais attirant enfin sur sa tête le ressentiment de son homonyme du nom de Carretto, le tout-puissant marquis de Grana, qui le contraignit de quitter le territoire flamand. Cette expulsion fit assez de bruit pour que le P. Quesnel et Basnage se mêlassent à la polémique qui s'ensuivit ^ Naturalisé français (janvier 1683) et établi à Paris, dans la rue de Sèvres, le marquis vit la clientèle affluer chez lui, et il finit, en 1696-97, par prendre des associés pour débiter ses remèdes dans la même maison, se réservant pour son propre compte les conférences et les consultations. L'annonce de cette association dépasse tout ce que le théâtre bouffe a pu inventer comme charlatanisme de tréteaux, comme parade d'empirique. Citons-en seulement quelques lignes :
« Le premier remède qu'ils débiteront est un remède auquel ledit sieur marquis del Carretto n'a jamais voulu donner d'autre nom que de son Grand ronède, ou de l'Eau de son puits : c'est une petite fumée tirée du seul agent physique, extrait d'un véritable et unique Mercure ressuscité du ténébreux royaume de Saturne, exalté jusqu'à la première roue philosophique, et non point jusqu'à la troisième, comme beaucoup l'ont voulu croire sans considérer que, s'il étoit arrivé jusque-là, qui est l'extrême période de l'Art, il feroit des effets et plus prompts et plus efficaces qu'il ne fait à présent. Ce remède pris dans des liqueurs convenables, non seulement il guérit toutes sortes de maladies, mais aussi il préserve de toutes sortes de maux, conserve la jeunesse et la vigueur, et retarde la vieillesse et la mort jusques au terme prescrit par le Maître de la vie et de la mort. — Le prix de ce remède sans prix sera de cent livres le gros. — Et les trois gros formeront une des bouteilles desquelles le sieur marquis del Carretto a donné une si grande quantité qu'il s'est quasi réduit à la mendicité : et nous pouvons assurer avec vérité que l'invention de ce remède a coûté audit sieur marquis plus de cent pistoles le gros »
A la fin vient une liste de dix-huit malades d'extraction illustre que Carretto prétendait avoir soustraits à une mort certaine, et qui sont, avec la Feuillade et Caderousse cités par Saint-Simon : la marquise de Nevet, le comte du Bourg, le marquis de Saint-Hérem fils, Mlle de Mennefou, les maréchaux de Bellefonds, d'Humières et de Choiseul, la duchesse de Bouillon, le cardinal de Fiirstenberg, la duchesse de Yillars, le comte de Cominges, le marquis de Créquy, l'abbé de Mesmes, le marquis du Châtelet et M. de Versoris; sans compter quatre cent soixantetrois autres cures de classe inférieure.
Nous possédons enfin le sommaire en français et quelques pages en latin d'un volumineux factura-manifeste qui doit se rattacher au procès de Florence, pièce incomparable, autant qu'on en peut juger par ces frag-
1. Histoire des ouvrages des savants, décembre 1688 et mars 1C89. ^2. Bibl. nat., factums in-folio, F^ 296G.
nients, et qui se termine comme il suif, en forme de péroraison pathétique : « Aut charitate fretus, aut amicitia motus, aut importunitate pressus, aut authoritati et dignitati parens,scientia medicin;e utitur gratis, generose et sine ulla remunerationis spe, tantiim mcerens non posse utique pretiosissima pharmaca tantis laboribus, tantis «rumnis, tanto tempore tantisque dispendiis ex proprio cerebro deprumpta et confecta, etiam gratis et generose omnibus ipsis indigentibus exhibere, prout quamplurimum exhibet.... »
Sur la marge du fragment de ce factum conservé au Cabinet des titres, en regard des phrases qu'on vient de lire, une plume indignée, celle de Charles-René d'Hozier, a écrit : « Cette fin-là est bien insolente. Bien loin que cet horame-là fasse la médecine, comme il le dit ici, gratuitement, jamais on n'a fait payer aussi cher, et d'avar.ce, les drogues qu'il distribue, et qui sont toujours nuisibles au moins, quand elles ne sont ^as mortelles à ceux qui ont la foiblesse d'y croire et de s'en servir. »
D'Hozier a mis encore cette note sur la première page du Sommaire français^ : « Célèbre imposteur en médecine, qu'il exerce hardiment sur la vanité du nom qu'il usurpe, qui fait qu'on lui paye très chèrement des remèdes hasardeux, qui, avec le front d'un saltimbanque (qui est la première profession qu'il a exercée), a tellement surpris la crédulité du monde, qu'on ne se tient pas assez tôt tué, si on ne l'appelle pour abréger plus promptement le fil de sa vie. »
Et sur un tableau de filiation adjoint au factum latin : « C'est cet imposteur qui, sous le nom fastueux et supposé du marquis de Carretto, s'est venu montrera Paris en 169S, comme un autre Esculape; et, dans cette prévention que quelques grands ont eue de sa naissance et de son habileté surprenante, il a trompé, fourbe, séduit et pillé bien des personnes qui ne se sont pas trouvé (sic), par ses prétendus remèdes, avec plus de santé et de soulagement qu'ils en avoient avant de s'être livrés sans examen et sans connoissance à ce saltimbanque. »
On peut s'en tenir au jugement de d'Hozier. Cependant, pour compléter notre commentaire sur ce personnage, qui, véritable prototype de l'empirisme du dix-septième siècle, mériterait d'avoir un jour la place d'honneur dans quelque continuation des 3Iédecins au temps de Molière, j'aurais voulu dire ce qu'il advint réellement de ses revendications en Toscane et par quels prodiges d'audace il put se faire mettre en possession de l'héritage d(! sa famille maternelle ; mais les questions que j'ai posées sur ce point aux érudits de Florence, par rintermédiaire de mon confrère Paul Meyer, n'ont point eu de réponse jusqu'à ce jour.
Du reste, le nom dont il se parait semble avoir fourni bien des aventuriers dans ces dernières années du dix-septième siècle. Ainsi je trouve que, au cours de l'été de 1685, un Caretto ou Caretti, soi-disant
1. Un autre exemplaire, au déparlement des Imprimés, factums in-folio, F"' 296", porte des notes manuscrites sur les faussetés les plus flagrantes.
envoyé du duc de Savoie, et qui avait déjà eu maille à partir avec la cour impériale, fut arrêté à Strasbourg et amené à la Bastille, puis au Forl'Évèque, d'où il dut être expulsé ou renvoyé à Turin entre les mains de Victor-Amédée {Nouvelles extraordinaires du jeudi 20 septembre iC8o ; Archives de la Bastille, tome VIII, p. 370-371). Ce Caretto ne saurait être notre empirique, puisque celui-ci, à la môme époque, traitait le jeune Bréauté {Mémoires du marquis de Sourclies, tome I, p. 3Io). Onze ans plus tard, M. de Pontchartrain écrit à la Reynie (5 juin 1696, Arch. nat., 0* 40, fol. 187) : « Il faut faire exécuter les édits et déclarations à l'égard de Carette comme on pourroit faire à l'égard de tous autres, et il ne mérite aucune distinction ni faveur particulière. » Nous avons vu qu'à cotte époque l'empirique était à Paris, quoique Mme de Sévigné {Lettres, tome X, p. 162, 166, 168, etc.) dise qu'il avait quitté ses malades dès 1694 pour aller reconquérir sa « souveraineté; » mais il peut s'agir aussi d'un marquis Fi-ançois Caretti, qui, en mai 1697, poursuivi par l'Inquisition pour avoir quitté le froc et épousé trois femmes, toutes trois en vie, fut arrêté à Florence, malgré les passeports du Grand-Duc et sa protection {Gazette d'Amsterdam, n" xlv ; Gazette de Leyde, correspondance de Paris, 31 mai 1697). L'année suivante, ce marquis passa de Turin, « où il n'avoit pas voulu vendre à S. A. R. quelques tiefs impériaux qui lui appartenoient, et qui avoient été ruinés par les troupes de Savoie pendant la guerre, » à Gênes, puis de là à Milan, et M. de Vaudémont le livra au Grand-Duc en octobre : « ce qui donne mauvaise opinion du sort de ce pisonnicr. » {Gazette d'Amsterdam, n°' XLvn et xc, correspondances de Milan.) Dix ans auparavant, les prisons du duc de Savoie, à Miolan, renfermaient un autre personnage de môme nom, le marquis Alexandre del Carretto, coupable d'avoir levé des soldats au protit des Vénitiens ; et enfin, en 1698, un certain Charles-Constant del Carretto, marquis deMontfort, était prisonnier dans ce château. {Miolan prison d'État, parMM.Aug. Dufour et Fr. Rabut,,p. lo3 et 175.)
Page 183, fin de note. Ajoutez : « II existe aussi un mémoire, non terminé, du chevalier Blondeau de Charnage (mort en 1776), sur le Rang de la maison de Rohan, mémoire favorable aux prétentions de cette maison, dans le volume 2331 des Pièces originales du Cabinet des manuscrits, fpl. 461-492. »
Page 204, ligne 11. Etïacez le trait d'union entre Astarac et Grailly- Foix.
Page 214, note 5. Ajoutez cette autre rédaction inédite, tirée de la notice du duché de Montbazon (Dépôt des affaires étrangères, vol. France 213, fol. II v) : « Ce fut une femme forte et illustre, qui se rendit célèbre à la tête du parti huguenot par sa capacité et par un courage fort au-dessus de son sexe, et dont la fermeté, poussée jusqu'à la férocité et parfaitement secondée par ses deux filles, fit supporter aux Rochellois assiégés par Louis XIII les dernières extrémités de la guerre et les plus horribles extrémités de la famine, par une opiniâtreté sans égale et par un exemple si entier, qu'après avoir mangé les rats, les
souris et ce qui répugne le plus à la nature, elle en vint en effet aux cuirs de son carrosse. Tant de fureur mêlée de tant de vertu, quoique aveugle et rebelle à Dieu et à son roi, trouva grâce devant le vainqueur des hommes et des éléments. La conquête de la Rochelle, qui fut l'étonnement des nations, ne fut pas moins l'ouvrage de son bras que de sa tête. Sa juste vertu se complut à la clémence et aux grâces, même envers une vertu injuste et destituée de toute autre ressource. Mme de Rohan fut traitée avec bonté et distinction par Louis XIll, et même avec toute sorte de considération. Elle se retira en son château du Parc, où elle ne put survivre trois ans aux désordres et à la chute du parti huguenot, qu'elle voyoit imminente. Elle y mourut dans ce Poitou, son nourricier, le 26 octobre 1631, à soixante-dix-sept ans. »
Page 215, note 4. Ajoutez : « Comme le Dictionnaire de Moréri le rappelle, ce fut Anne de Rohan que le roi Henri IV choisit pour mener sa sœur Catlierine au duc de Lorraine et de Bar, en 1599. »
Page 217, note 1. Une copie du contrat de mariage du duc de Rohan se trouve dans les papiers de dom Morice, ms. Fr. 22 343, fol. 116.
Page 222, note 2. Ce n'est pas Sully, mais la comtesse de Panjas', dame d'honneur de la duchesse de Bar (ci-dessus), qui, selon les Mémoires iiistoriques, politiqîies et littéraires d'Amelot de la Houssaye (tome II, p. 75), aurait obtenu cette faveur pour les sœurs d'Henri de Rohan. « Madame, dit-elle à sa maîti-esse, je m'étonne que vous ne fassiez pas plus d'honneur à Mlles de Rohan, qui sont vos plus proches parentes et qui vous font la cour avec tant d'amour et de respect, qu'à beaucoup d'autres personnes qui leur sont bien inférieures en naissance. Il me semble que vous devriez les traiter avec distinction et commencer par les faire asseoir. » La princesse y consentit avec plaisir.
Page 226, note 4. Ajoutez : « L'abbé de Dangeau a fait une notice statistique sur le duché de Montbazon, dont un exemplaire imprimé se trouve au Cabinet des titres, dossier Rohan 15 190, fol. 281-283, à côté des lettres d'érection en duché. «
Page 231, note 5. Ajoutez : « Le château de Dampierre, qui vint aux Luynes par héritage de Mme de Chevreuse, possède encore le portrait que Ferdinand Elle peignit d'elle, et dont Victor Cousin a parlé. »
Page 238, note 3. Ajoutez : « Au dix-huitième siècle, selon Expilly, (leJitilhomme se disait du fils d'un anobli, comme demoiselle de sa fille.»
Page 240, note 2. Ajoutez : « Dans une lettre de 1708, nous trouvons cette expression : « L'état où il est rend la demande très
« favorable. » {Correspondance des Contrôleurs généraux, tome III, en cours d'impression, n° 133.) Ruihière parle, dans ses Éclaircissements sur la Révocation, 1" éd., 1788, p. 38, des « choses que, dans le lan- « gage de la jurisprudence, on appelle favorables. »
1. Jeanne du Monceau do Tignonvillc, fille de la gouvernante do Catherine de Bourbon, et mariée on lo81 à François-Jean-Charles de Pardaillan, comte de Panjas, chambellan ot gouverneur du pays d'Armagnac. Aniclol de la Houssaye a écrit : Pangcac.
Page 249, note 1. Nous avons déjà rencontré l'expression : prendre récompense d'une charge, ci-dessus, p. 136, note 3.
Page 2o4, note 6. Ajoutez : « Le prince de Soubise fit retirer le corps de sa belle-mère du cimetière de Charenlon, en octobre 1685 (Arch. nat., 0» 29, fol. 474). »
Page 259, note 3, ligne 6. M. de Rancs, étant âgé de vingt-huit ans lors de son mariage [Pièces originales, vol. 91, Argouges, fol. 456-158), devait en avoir quarante-deux lorsqu'il fut tué.
Page 267, note 2, ligne 11. La transaction de 1601 donna lieu à des contestations sur lesquelles on peut voir le tome IV du Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, p. 372-376.
Page 272, note 5. Saint-Simon avait aussi (n" 696 du catalogue de ses livres) un recueil, en quarante-deux volumes in-8% de pièces servant à l'histoire de France pendant la Ligue et pendant les guerres civiles du règne de Louis XIII.
Page 274, note 8. Sur les différents emplois du titre d'AUesse royale suivant les temps, voyez \c Cérémonial de Sainctot, ms. Fr. 14 117, p. 77 (imprimé dans le tome IV du Supplément au Corps diplomatique, p. 7), les Mémoires d'Amelot de la Hoiissaije, tomes I, p. 54-61, et II, p. 356, et les citations du Dictionnaire historique de l'Académie française, au mot Altesse,
Page 275, fin de note. A propos de la Sorbonne et des thèses sorboniques, on doit rappeler que Bossuet, ayant commencé sa thèse à la Sorbonne, et se trouvant interrompu par suite de dissentiments entre les docteurs de cette maison et ceux du collège de Navarre, alla l'achever aux Jacobins, dans la grande salle des écoles de Saint-Thomas (9 novembre 1650). Mais, pour obtenir la validité de cet acte, il lui fallut un arrêt du Parlement, qui, sans tirer à conséquence pour l'avenir, et en raison de la suffisance exceptionnelle du candidat, l'exempta de faire de nouveau sa sorbonique.
Page 289, note 6. Ajoutez : « Le texte des lettres de Pontchartrain à la princesse de Soubise est transcrit dans les Preuves de dora Morice, d'après l'original, et offre quelques différences avec le nôtre. Dom Morice a transcrit aussi la lettre adressée au cardinal de Bouillon et les lettres de Société, en latin, avec le Serenissime princeps, délivrées par l'archevêque de Reims le 25 décembre 1697. »
Page 292, note 5, ligne 10. Comme Mme de Ribeyra-Grande, sa sœur la comtesse de Calhéta avait aussi été fiancée dans le cabinet du Roi, le 10 mai 1694.
Page 296. Voici en quels termes Saint-Simon a raconté, dans la notice du duché de Montbazon (France 213, fol. 15), le célèbre épisode de la mort de Mme de Montbazon : « Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon et mère de M. de Soubise, étoit encore parfaitement belle et aimée dans tous les mouvements des partis, lorsqu'elle fut attaquée de la rougeole, dont elle mourut très brusquement, à Paris, l'aprèsmidi du 28 avril 1657. De cette mort on a fait le roman de la conversion
du célèbre abbé de la Trappe, et on a conté qu'en étant fort amoureux et se trouvant à la campagne lorsqu'elle tomba malade, il étoit accouru, mais trop tard, et qu'étant monté avec précipitation jusque dans son antichambre, sans parler à personne, il y avoit tout d'un coup aperçu sa tète séparée de son corps, qu'on embaumoit, et que l'horreur, jointe à la surprise d'un si terrible spectacle pour un amant, avoit opéré sa conversion dans l'instant même. Il est impossible d'être plus exactement instruit de ce fait que celui qui s'amuse à ces notes, et, par son nom seul, on en seroit convaincu: il sait la chose de ce prodige de nos jours, qui a bien voulu satisfaire sa curiosité là-dessus, et la voici avec exactitude, après deux mots de préambule nécessaire. L'abbé de Rancé et M. de Chavigny, ministre et secrétaire d'État, qui a tant brillé en son temps, étoient fils des deux frères. L'abbé étoit jeune, plein d'esprit et de feu, avec toutes les grâces de l'esprit et tous les charmes de la nature', fort savant, mais fort occupé de ses plaisirs et recherché de l'élite de la meilleure et de la plus distinguée compagnie ; entre autres, M. de Beaufort et le cardinal de Retz étoient ses amis intimes, et ce dernier en commerce le plus tendre avec lui jusqu'à sa mort. M. de Rancé étoit aussi ami intime de Mme de Montbazon, et fort familièrement chez elle; il étoit le meilleur ami des siens, il étoit d'une probité et d'une sûreté éprouvée, et, tout jeune, étoit de tout avec eux. Avec cette explication véritable, on comprendra aisément qu'il n'étoit pas besoin d'amour, non que sa jeunesse, ainsi que son âge plus mûr, son esprit, son savoir, son feu, sa douceur et la sublimité de son âme n'aient eu de grands rapports avec saint Augustin. Sur ce pied-là donc, M. de Rancé, qui n'étoit point à la campagne, sut Mme de Montbazon malade dès le premier moment. Il étoit déjà dans les remords de son état : Dieu avoit commencé à le toucher ; il vouloit quitter cette vie mondaine et dissipée, mais il étoit entraîné par les plus illustres et par les plus aimables amis, et, quoique résolu à changer de vie, il tiroit contre ses chaînes et luttoit entre Dieu et le monde. Dans cet état, il s'aperçut aisément du danger de Mme de Montbazon : il ne le lui cacha point, il lui parla de Dieu et des sacrements, il l'exhorta jusqu'à la fin, et ne la quitta point qu'elle ne fût morte. Il est vrai que ce spectacle fut celui que Dieu lui préparoit pour triompher de son cœur, et que les réflexions qu'il lui fit faire ne lui permirent plus de reculer ni de flotter. Il prit son parti, ou plutôt la grâce victorieuse l'arracha à ses amis et à lui-même, et, quoiqu'il mît un sage intervalle entre le grand monde et son entière retraite, il est vrai que ce moment fut celui de sa délivrance. Et voilà l'exacte vérité. » — Gaignières, comme Saint-Simon, croyait à la tradition « qui porte que ce qui contribua le plus à faire quitter le monde à M. de Rancé fut la mort de Marie de Bretagne, duchesse de Montbazon, la plus belle femme de son temps, de laquelle il étoit passionnément amoureux. » Voyez son Chansonnier, ms. Fr. 12 687, p. 331.
Page 300, note 4. Ajoutez : « A loccasion de ce mariage, M. de
Noailles, archevêque de Paris, réunit à dîner dans sa maison de Conflans, le vendredi 23 mai 1698, Mme deMaintenon, le maréchal de Noailles et toute la famille. Le Roi était ce jour-là à Meudon. L'archevêque venait de faire paraître, en même temps que Dossuet, une réponse véhémente aux dernières lettres de Fénelon, et l'on était au plus fort de la crise (p. 149 et suivantes) où. ce prélat montra tant de désintéressement et sauva le duc de Beauvillier malgré les manœuvres de Mme de Maintenon. »
Page 303, note 1. Ajoutez : « Au commencement de cette même année, la maréchale et la duchesse de la Ferté avaient obtenu un arrêt du Conseil défendant à tous créanciers, pendant deux ans, de saisir leurs chevaux, carrosses et meubles (Arch. nat., E 1904, "24 mars 1698). »
Page 311, note 6, ligne 4. La duchesse de Verneuil et son mari avaient déjà figuré, comme princes, au mariage de la reine d'Espagne, en 1679 {Gazette, p. 436), contrairement à ce que Saint-Simon a dit en 169"2.
Page 318, note 3. Quelques anciens auteurs ont prétendu que les comtes, gouverneurs de provinces, devaient être au-dessus des marquis, gouverneurs de frontières; mais, justifiée ou non, la hiérarchie contraire prévalut et fut confirmée par les Rois : voyez deux mémoires de dom de Betencourt et de Tobiesen Duby fils, dans le Journal des Sava7its, année 1788, p. 607-620, et année 1789, p. 3oi-3o8, et le Dictionnaire de Trévoux, art. Marquis.
Page 328, note 4. Feuquière écrivait, au figuré : « Depuis sept ans que le bal dure, je n'ai pas, Dieu merci, perdu une seule fois la cadence; mais je ne sais pas si j'ai dansé de Ijonne grâce. » (Lettres inédites des Feuquières, tome IV, p. 239.)
Page 333, note o. Voltaire parle de 1' « accortise italienne (accoriezza), » dans Is Siècle de Louis XIV, chap. xxxvii.
Page 341, note 4. Ajoutez: « Voyez un arrêt du 4 mai 1693 portant surséance, pour le du,c d'Estrées, au payement des dettes de son père : Arch. nat., E 1873. »
Page 343, note de note. Ajoutez : « L'usage et l'abus des survivances existaient dès la fin du quinzième siècle, en dépit des révocations générales que les Rois faisaient de temps en temps : voyez les Pièces justificatives pour servir à l'histoire des premiers présidents de la Chambre des comptes de Paris, n" 14. »
Page 374, note 4, ligne 3. Il y a un exemple de livres et francs employés simultanément, pour le même compte d'apothicaire, dans le Malade imaginaire, acte I, scène i [Œuvres de Molière, tome IX, p. 282).
Page 421, titre de l'Addition 230. Corrigez comte en marquis.
Page 422. L'Addition suivante eût dû être placée avec le n" 230 :
230 bis. — Le marquis de Saissac.
(Page 118.)
4 avril 1691. — Saissac avoit été maître de la garde-robe et grand joueur, et ç' avoit été là son unique métier : ce qui l'avoit fort répandu
dans le monde; mais il n'étoit pas fidèle, et ^agnoit à foutes mains. L'esprit, l'adresse et l'effronterie le soutenoient; bon homme d'ailleurs, et de la maison de Clermont-Lodève, dont il fut le dernier. Il étoit déjà beaucoup plus que soupçonné, lorsqu'à un gros reversis où il jouoit avec le Roi, un ministre vint parler au Roi, qui donna son jeu à tenir au maréchal de Lorge et ne revint point. Saissac crut en avoir bon marché; mais le maréchal le prit sur le fait à un fort gros coup et se crut obligé de le dire au Roi le soir même. Cette affaire combla la mesure : il eut ordre de se défaire de sa charge et de s'en aller chez lui, d'où, quelque temps après, il eut permission d'aller en Angleterre, où il demeura longtemps et gagna beaucoup d'argent*.
Page 4'2"2. L'Addition suivante se place après le n" 2;>0 bis :
2S0 1er. — Le chevalier de la Rochefoucauld. (Page 130, note 1.) ■
21 novembre 1691. — Le chevalier de la Rochefoucauld avolt seul pris tout l'esprit de son père. C'étoit un homme fort goutteux, toute sa vie fort considéré, qui avoit beaucoup d'amis considérables, fort compté dans sa famille, et le conseil de beaucoup de gens.
Page 423, fin de l'Addition "2orî. L'anecdote des louis distribués au dessert se retrouve dans les HisloricUes de Tallemant des Réaux (tome 11, p. 146, 147 et lo6), qui l'attribuent aussi à BuUion, mais avec des circonstances un peu différentes, et il y est dit encore que le surintendant portait sur lui une boîte remplie, non pas d'excréments humains, mais de poudre de champignons, pour assaisonner les plats. En IS'Jo, Dulaure a reproduit l'une et l'autre anecdote dans une note de son Histoire ■physique, civile et morale de Paris, tome VII, p. 262, d'après l'Addilion à Dangeau (publiée par Lémontcy, en 1818, à la suite de son Essai sur rétablissement inonarchique, tome IV de ses Œuvres, p. 246- 247), ou d'après les pLiblications de fragments de Saint-Simon faites antérieurement par la Place et Soulavie. L'auteur des Mémoires du marquis de Montbrun avait mis l'anecdote des louis au compte de Souscarrière.
Page 434, fin de l'Addition 264. Cette anecdote sur Mlle de Mclun se retrouve dans une autre Addition sur Mme de Torcy, tome XI du journal, p. 442.
Page 445, ligne 1. Ajoutez celte note : '> Mazarin, comme premier ministre, avait pris l'habitude de tenir tous les soirs, chez la Reine mère, une conférence qu'on appelait le petd conseil, et où, toutes portes ouvertes, il lui rapportait les affaires étrangères. {Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. 115-I16.) »
1. L'historiette de M. de Snissac sn trouve dans les éditions des Lettres de Mme de Séviqnô que Saint-Simon pouvait connaître.
Page 4oo. Le brevet de ministre d'État pour M. de Bouillon, en date du 16 août IGoo, présente des différences considérables avec les lettres patentes pour Foucquet. Le voici d'après l'original (Arch. nat., K 118, n° 43*), que Baluze n'a pas publié : « Le Roi..., considérant combien il importe à son État et à son service d'appeler dans son conseil où se lisent ses dépêches et se traitent même en sa présence ses affaires les plus secrètes et de plus grande conséquence, des personnes considérables par leur qualité, et de qui la sage et bonne conduite puisse faire espérer que leur avis et leur ministère seront utiles à S. M. et au public; et ayant reconnu et éprouvé en diverses occasions très importantes comme M. le duc de Bouillon s'est acquis une grande capacité, une connoissance universelle de toutes choses pour la guerre, et pour la politique une prudence singulière..., l'a constitué et établi l'un des ministres de son État, pour, en cette qualité, avoir dorénavant entrée, séance et voix délibérative en tous ses conseils, etc. » A côté de ce brevet se trouve aussi, en original, celui de Turenne, daté du 4 septembre suivant, où la formule est toute différente : « Employer au ministère de ses affaires et dans son conseil étroit et des dépêches.... » (K 118, 11° 43^.) Par un passage du Journal de Duhuisson-Aubenaij, tome I, p. 97, on voit que c'est le secrétaire de la maison du Roi qui expédiait ces brevets.
Page 461, note 4. Voyez, dans les Mémoires de Soiirches, a la date du 20 novembre 1697 (tome V, p. 360), la nomination de commissaires pour juger avec le Roi, sur le rapport du jeune Pontcarré, une contestation de primatie entre les archevêques de Lyon et de Rouen, l'un et l'autre ayant demandé des juges extraordinaires pour éviter la longueur des plaidoiries.
Page 462, note 1. On peut encore citer des arrêts rendus sur diverses matières : 16 juin 1648, cassation de l'arrêt de jonction des Cours (Mémoires de Mme de Motteville, tome II, p. 72) ; 18 juillet 16o2, arrêt rendu à Pontoise, sur la sédition du 4 juillet [Dubuisson-Aiibenaij , tome II, p. 239); 23 juillet 1632, arrêt cassant la lieutenance générale des Princes {ibidem); 22 août 1634, arrêt déclarant la vacance de l'archevêché de Paris au détriment du coadjuteur (J/e//toîVcs de Claude Joly, p. 169-170). C'est au conseil d'en haut qu'on décida, le 18 mai 1648, que l'abbé de la Rivière serait porté pour le chapeau (Motlcville, tome II, p. 32); que, en 1699, le Roi discuta l'affaire du maréchal de Salon, avec les trois ministres seuls, sans Monseigneur [Mémoires de Saint- Simon^ tome II de 1873, p. 210); que, lors de la mort du duc de Choiseul, en 1684, le Roi adjugea au comte du Plessis la dignité ducale {Écrits inédits de Sai/it-Simon, tome VI, p. 281; Dangeau, tome I, p. 31), etc.
Page 468, ligne 1. Le conseil des dépêches avait été rétabli à la majorité du Roi, en mars 1651, et il avait reçu pour chef, en août, M. de Chàteauneuf : Journal de Dubuisson-Aubenay, tome II, p. 26; M. Chérucl, Minorité de Louis XIV, tome IV, p. 421.
Page 471, note 6. Dangeau dit, à la date du 23 avril 1691 (tome III j
p. 327) : « Depuis que le Roi est revenu deMons, il a recommencé à tenir tous ses conseils comme il a toujours fait. Ce devoit être aujourd'hui un conseil de dépêches ; mais, comme il a beaucoup d'atlaires importantes, il a voulu que ce soit un conseil royal, où il n'y a que les ministres qui y entrent. » Le lundi 6 mai 1709, il note qu'on n'avait pas tenu depuis longtemps le conseil des dépêches à Marly {Journal, tome XII, p. 408). En 170o, Saint-Simon dit que le conseil ne se tient pas tous les quinze jours, et qu'il ue vient point à Marly {Mémoires, éd. 1873, tome IV, p. 342).
Page 473, note 3. Ajoutez : « Saint-Simon dit (tome IV de 1873, p. 342) que la cassation des lettres d'État se fait indifféremment au conseil des dépêches ou au conseil d'État. »
Ibidem, note 6. L'avocat Barbier {Journal, tome I, p. 422) dit : « Les secrétaires d'État y reçoivent en cassation toutes sortes d'affaires et matières inconnues aux princes et ministres qui le composent, en sorte que la faveur a grande part à ces jugements, quoique suprêmes et sans ressource. »
- Ibidem, note 7. Ajoutez : « Saint-Simon dit (tome II de 1873, p. 328) que le seul talent du secrétaire d'État Châteauncuf était de rapporter mieux qu'aucun magistrat au conseil des dépèches. »
Page 474, ligne avant-dernière. Comme arrêt du conseil des dépêches, on peut citer aussi celui du 15 septembre 1G83, sur le mariage des protestants. Voyez Lémontey, Éclaircissements historiques sur les causes de la révocation de Védit de Nantes, p. 277.
Page 474, fin de la note 8. Un arrêt du 12 juin 1693, rétablissant les prêtres du collège de l'Oratoire de Provins en possession de la maladrerie de Croulebarbe, est signé de douze commissaires (Arch. nat., E 187S).
Page 476, note 4. Le 27 août 1704, le contrôleur général écrivait à l'intendant Bàville,au sujet du rôle joué par son fils Courson dans l'affaire Rohan : « On ne peut rapporter avec plus d'ordre, plus de netteté, plus de précision, et en meilleurs termes. Le Roi en a été très satisfait et me l'a marqué comme à lui. Quoicju'il n'y ait rien en cela qui ne dût être et à quoi je ne m'attendisse bien, cependant, comme c'est la première fois qu'il a eu l'honneur de parler devant S. M., cela doit être regardé comme une action importante, et c'est aussi à ce titre seul que je vous en fais mes compliments. Son avis n'a pas été suivi dans la décision ; mais je suis engagé à soutenir que cela ne diminue rien de la beauté du rapport, ni de la solidité de l'opinion, car j'ai été aussi de son avis, comme plusieurs autres, et nous en serions encore sans le respect et la soumission qui est due aux jugements que prononce S. M. » (l)i>])|)ing, Correspondance adminislrativc sous le règne de Louis XIV, tome 11, [i. 403.)