Elle eut lieu le 29 juillet
6. Nous avons déjà eu mention de la charge de maître des cérémonies, tome III, p. 137. Celle de grand maître appartenait à MM. de Rhodes depuis 1385. Saint-Simon en parle assez longuement dans deux Additions au Journal de Dangeau, tomes I, p. 114-115, et VIII, p. 61, à comparer avec les Mémoires, tome XVII, p. 69. Cet officier ne prêtait serment qu'entre les mains du grand maître de France, et il avait à peine trois ou quatre mille livres de gages, avec un casuel de pareille
de s'y trouver. Les ducs demandèrent d'y être couverts'. La Reine mère, qui de tout temps favorisoit les princes étrangers par amitié pour la comtesse d'Harcourt '' et la duchesse d'Épernon^ sa sœur, qui en avoit '' le rang,
valeur, quoique le prix de la charge fût de trois cent cinquante mille livres environ (ci-après, p. 19, note 1).
i. Le chancelier de Marillac, dans son traité inédit sur le Conseil du Roi (Arch. nat., ms. U 94o^, fol. 54 v°), dit : « La coutume de se tenir tête nue devant les Rois ne s'est introduite que depuis le roi Henri II, du temps duquel, en sa propre chambre, nul ne se tenoit découvert, et, s'il eût vu quelqu'un découvert, il lui eût envoyé demander ce qu'il lui vouloit, ainsi que je l'ai appris de feu M. le connétable de Montmorency. Mais, à présent, la coutume est autre. M. de Villeroy, par une lettre qu'il écrit à M. de Beaumont, ambassadeur en Angleterre, du 19 février 1605, parlant de ceux qui doivent être couverts devant le Roi aux audiences des ambassadeurs, ajoute ces mots : « Anciennement, nos Rois « étoient servis à table par les gentilshommes étant couverts, et ne per- « mettoient pas qu'en leurs chambres les princes, seigneurs, ni les « gentilshommes demeurassent nu-tête, s'ils ne parloient au Roi. Mais, « quand le feu roi Henri III revint de Pologne, il permit que cette « liberté fût changée à l'imitation des princes étrangers qu'il avoit « visités en son voyage. » Saint-Simon, dans une Addition au Journal (le Dangeau, tome VI, p. 307, a résumé l'historique de cet usage, en le faisant remonter au règne de François I" et à la mode des chapeaux remplaçant le bonnet. Comparez un mémoire qui se trouve dans le ms. Fr. 19 G03, fol. 38, et un autre, de l'année 1636 environ, dans le ms. Clairambault T"21, p. 183-185. Quant au cas spécial des audiences d'ambassadeurs, sur lequel Saint-Simon reviendra en 1699, ce fut Henri IV qui, forcé de laisser le duc d'Ossuna se couvrir devant lui comme devant son propre roi, voulut que quelques courtisans français ne restassent pas découverts et limita ce privilège aux seuls princes, par haine des deux ducs d'Épernon et do la Trémoïlle. Voyez, à ce propos, les Œuvres de Malherbe, tome 111, p. ."iS, les Mémoires de Fontenay-Mareuil, ]). 51-5^2, et le Cérémonial de Saiiictot (ms. Fr. 14 117, fol. 657-661), imprimé dans le Supplément au Corps diplomatique, tome IV, p. 6, 48 et 57.
2. Marguerite-Philippe du Cambont de Pontcliàteau, femme d'Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, et nièce du cardinal de Richelieu : tome I, p. 187, note 1.
3. Marie du Cambout, mariée le "28 novembre 1634 à Bernard de Nogarct, duc de la Vallette et d'Fpernon (tome II, p. 93), devenue veuve le 25 juillet 1661, et morte le 12 février 1691, au Val-de-Gràce.
4. Ce premier imparfait est bien au singulier, quoique le second
et qui de tout temps avoient été ses favorites, crut faire beaucoup pour eux que faire décider que personne, en cette audience, ne seroit couvert que le Légat seul. Cela ne faisoit rien à Monsieur, ni aux princes du sang, qui ne s'y trouvèrent pas parce que le Légat eut un fauteuil, dans lequel il fit sa lecture et son compliment, et que Monsieur même n'auroit pu avoir un tabouret*. Les comtes de Soissons'^ et d'Harcourt*, nommés pour mener le Légat à l'audience \ demandèrent à en être excusés puisqu'ils ne se couvriroient point; ils furent refusés. Ils le menèrent, demeurèrent tête nue à toute l'audience, et le remenèrent. Ces faits n'ont jamais été contestés par les princes ni par personne^. Étant allé" un matin faire
avaient, qui suit, soit au pluriel. On peut dire que le premier se rapporte seulement à la comtesse d'Harcourt, qui avait le rang de duchesse sans même en porter le titre.
1. Sur l'emploi, selon les degrés hiérarchiques, des fauteuils, des chaises et des tabourets, voyez le Nouveau traité de la civilité, chap. vi. Un règlement de 1583 portait : « Personne ne peut seoir en présence de S. M., ni à sa vue, sans son exprès commandement. » Il sera encore question des tabourets p. 23o-!237, ''240-"2ol, "233, 209-260.
2. Eugène-Maurice de Savoie, fils puîné du prince de Carignan et comte de Soissons par sa mère, était né le 3 mai 163a, et Louis XIV lui avait donné la charge de colonel général des Suisses et Grisons (1637), un titre de lieutenant général, le gouvernement de Bourbonnais (16o9), celui de Champagne et Brie (1660). II mourut à Unna, le 7 juin 1673, laissant pour veuve Olympe Mancini, nièce du cardinal Mazarin. En 1660, il avait passé un mois à Londres comme ambassadeur.
3. Henri de Lorraine, mari de la comtesse d'Harcourt : tome I, p. 188.
4. C'était toujours un prince de Savoie ou de Lorraine qu'on chargeait de cette conduite : Addition au Journal de Dangeau, tome VI, p. 307.
3. On a le procès-verbal de cette audience dans les mémoires de M. de Breteuil (ms. Arsenal 3839, p. 133-198), et le compte rendu exact s'en trouve aussi dans la Gazette de 1664, p. 762-764; de plus, Olivier d'Ormesson, qui était à Fontainebleau, en parle assez longuement et d'après de bonnes informations {Journal, tome II, p. 189). On peut donc comparer avec ces textes, soit le récit qu'on vient de lire, soit d'autres rédactions qui se trouvent dans les Écrits inédits, tomes ni, p. 10-12, V, p. 283-286, et VI, p. 133-133.
6. Il y a deux .\dditions sur cette historiette, l'une à l'endroit où
ma cour au Roi à Meudon*, où il étoit libre aux courtisans d'aller, le hasard fît qu'après le lever du Roi j'allai m'asseoir dans une pièce par oii le Roi alloit passer pour aller à la messe, qu'on appeloit la chambre de Madame. Justement la tapisserie qui fut faite de cette audience, avec les visages au naturel, étoit tendue dans cette chambre'. Je remarquai que les deux comtes de Soissons et d'Harcourt y étoient représentés couverts. Je me récriai sur cette faute : Chamlay, assis auprès de moi, répondit que Messieurs de Savoie et de Lorraine étoient couverts aux audiences^. J'en convins; mais je lui appris la différence de celle-ci. Je sentis ou la ruse des princes de s'être dédommagés pour l'avenir par une tapisserie subsistante, ou la sottise de ceux qui l'avoient faite : j'en parlai aux ducs de Chaulnes, encore alors en pleine santé', de Chevreuse, de Coislin, qui avoient été à cette audience, et à d'autres encore. M. de Luxembourg, qui vivoit et qui s'y étoit trouvé, et qui, avec MM. de Chaulnes et de Coislin, s'étoit le plus remué lors de cette audience, entra dans cette méprise. Ils parlèrent à Sainctot, qui étoit lors maître des cérémonies. Il convint tout d'abord qu'il étoit vrai que les deux comtes étoient de-
Dangeau parle de l'audience donnée à l'ambassadeur de Savoie le 2 janvier 1698 (c'est probablement parce que cette Addition se trouve au commencement de l'année que Saint-Simon nous a raconté tout de suite l'affaire des dames de Heemskerck arrivée dans les derniers mois), l'autre (tome VH, p. i99) à propos de la « couverture » sous Henri IV.
1. Nous avons vu comment Meiidon était devenu, en 1695, la résidence particulière de Monseigneur (toino 11, p. IS'ô-iS't).
■2. A|)rès la mort de Monseigneur, en 1711, le mobilier magnifique de Meudon fut enlevé, et c'est ainsi que la tapisserie dont parle ici Saint- Simon, et qui faisait partie de la suite dite : Histoire du Roi, fut mise au Garde-Meuble, où elle existe encore. Une reproduction en photochroniie en a été faite pour V Histoire de la Tapisserie.
3. Voyez le mémoire de 1G96 sur les privilèges particuliers dont jouissaient ces deux maisons (mss. Clairambanlt 7:21, p. 491-493, et 1 193, fol. 98-101), et un passage des Mémoires de Motteville, tome iH, p. 78.