‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 111 sur 142 · Les soldats le nommaient familièrement /e Père la Pensée · texte numérisé non relu

Les soldats le nommaient familièrement /e Père la Pensée

de Savoie, je lui donne ma voix pour être connétable de France. Peut-être ne parviendra-t-il pas à cette haute dignité, mais s'il ne l'obtient, il en est digne et cela doit lui suffire. Je suis fort son serviteur.

ni

Le maréchal de Joyeuse ^ est de grande maison et très bon capitaine, mais il commence à vieillir. Il est mon vassal par la terre de Mathaux ~ qu'il a eue de feu Madame sa femme, fille du baron de Verpel, mon voisin et mon ami particulier. Le meilleur homme du monde. Je n'en sais pas davantage.

Enfin le maréchal de Choiseul ^ est fils du marquis deFrancières ^, gouverneur deLangres. Il a fort longtemps attendu le bâton de maréchal, dont il est très digne. C'est le plus ancien lieutenant général

1. Jean-Armand de Joyeuse, maréchal de France en mars 1693 et qui mourut le 1" juin 1710. Par contrat du 4 juin 1658, il avait épousé sa cousine, Marguerite de Jojeuse, fille de Michel de Joyeuse, seigneur de Verpeil, morte elle-même le 22 juin 1694, sans laisser de postérité. (Le P. Anselme, Hist. gén. et chron. de la maison de France, t. III, p. 843 et 845.)

2. Mathaux, actuellement corn, du cant de Brienne-le- Château (Aube).

3. Claude de Choiseul, marquis de Francièi'es (1" janvier 1632-11 mars 1711). Il était lieutenant général depuis 1676, quand le Roi le fit maréchal de France, en mars 1693. A sa mort, il était doyen des maréchaux.

4. Louis de Choiseul, marquis de Francières, bailli et gouverneur de Langres en 1649.

des armées du Roi. Il ne voit goutte de près, mais de loin avec sa lunette d'approche, ou même sans lunette, il voit très bien ce qui se passe. lia de l'esprit et de la conduite. C'est un très digne maréchal de France et à qui il ne manque rien autre chose que du bien.

Page 1