‹ MémoiresChapitre 108 sur 154 · CHAPITRE XX. •2ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. •2ô

u Remerciez Dieu, messieurs! Oh! que je suis heureux! Huissiers, battez le palais pour rassembler les représentants. Merci à Dieu! »

Et M. Cavaignac, le héros de Juin, osa dire à la tribune : — Nous faisons de l'histoire !

Quelle histoire 1

Voilà de beaux actes et de beaux noms, pour le jugement de la postérité !

« Des passions, des passions et toujours des passions ! » répondit Pierre Leroux.

CUAPITRE XXI

Demande de poursuites contre Louis Blanc. — Première ardeur du baron Portalis. — Démission de MM. Portalis, Landrin et Lacrosse. — Fureur de M. Jules Favre. — Intrigues des conservateurs. — Députation de la rue de Poitiers au général Gavaignac. — Le dictateur obéit aux royalistes. — Le nom de Godefroy. — * Les douceurs de la vengeance. — La Commission d'enquête. — M. Barrot et M. Baucbart. — Ledru-RoUin, Louis Blanc et Caussidiere. — M. Barrot, inquisiteur. — Voyage de M. Jérôme Bonaparte à Paris, sous le règne de Louis-Philippe. — Sesentrevues avec M. Marrast et autres personnages. — Sa conversation avec M. Barrot. — La dynastie d'Orléans, la mort du roi, un en-cas.-^ Rapport de la Commission d'enquête — Terreur de M. Baucbart. —La Montagne et le général Cavaignac. — Latacbede sang. — Il doit être bien malheureux I — Juin et Juillet. — Ma visite au général Cavaignac. — Curieuse conversation. — Mes rapports avec le citoyen Ducoux. — Les royalistes demandent sa destitution à M. Sénard. — Prudence de M. Ducoux. — L'œil de la police. — La contre-révolution. — Conseils de M. Portalis. — Quand nous en serons à M. Thiers. — Quand la maison sera brûlée.

Quelques jours après les événements du 15 mai, MM. Portalis et Landrin avaient demandé à la

Chambre rautorisation de poursuivre Louis Blanc.

Ces deux membres du parquet, républicains ardents après les journées de Février, avaient déjà fléchi devant les réactionnaires dont ils recherchaient l'approbation, en venant ainsi, comme magistrats, prendre rinitiative d'une accusation contre un de leurs collègues.

Les deux principaux arguments de leur réquisitoire étaient ceux-ci :

Louis Blanc a félicité Témeute de reconquérir le droit de pétition en pleine assemblée.

Louis Blanc a parlé deux fois à l'émeute.

Malgré leur insistance dans le cours d'un vif débat, les mystères de l'instruction secrète n'ayant pas été révélés aux représentants du Peuple, l'autorisation de poursuites fut refusée.

M. le baron Portalis et M. Landrin s'indignèrent et donnèrent leur démission. M. Lacrosse s'était joint à eux et s'était également démis de ses fonctions de membre du bureau.

M. Jules Favre, qui, par une ancienne aninïosité contre Louis Blanc, avait appuyé la proposition et demandé qu'on livrât l'accusé sans éclaircissement préalable, se retira furieux.

L'Assemblée cependant, dans cette circonstance,

Page 1