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CHAPITRE XXI

tionnaires ; car j'avais encore les allures el Tœil de la police un peu partout : aussi voyais-je tous les iils de leurs trames. La contre-révolution niarchait à grands pas, et allait bientôt nous donner une leçon pratique de sa gratitude envers ceux qui, pendant quelques mois, n'avaient eu d''autre souci que de sauvegarder les vaincus et de leur laisser part égale avec les vainqueurs.

Le dernier in-quarto du rapport de la commission d'enquête venait d'être distribué ; M. Marrast, président de l'Assemblée nationale, fixa le jour des répliques au vendredi 25 août.

Il me souvient qu'un peu avant le 25 août, M. Portalis, qui paraissait me vouer une espèce d'aflection, me disait :

— Vous feriez bien de solliciler du Gouvernement une mission étrangère : on vous l'accorderait certainement.

Je lui demandai le pourquoi de ce conseil, qui n'était point du tout en accord avec mes intentions.

— Parce qu'à tort ou à raison, l'on vous craint, et que l'on voudrait se débarrasser de vous, à tout prix ! me répondit-il.

250 MÉMOIRES DE CAUSSIDIERE.

— Pourtant, je crois être sincèrement républicain, lui dis-je.

— Oui, mais d'une nuance trop foncée.

Sur ce que je lui objectai, que chaque corps d'armée avait son avant-garde, et que le Gouvernement s'éloignait du but de la révolution, il ajouta :

— Au surplus, quand nous en serons arrivés à M. Thiers, plutôt que de nous joindre à lui, nous nous rallierons à vous.

Il aurait aussi bien fait de dire :

« Quand la maison sera brûlée, nous apporterons du feu pour l'éteindre. »

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