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CHAPITRE XXII

sonnelles ; n'en tirerait-on point parti pour affirmer le réquisitoire lancé contre nous ?

J'étais dans la salle de la paix à peser la valeur de cette intervention amicale, lorsque j'aperçus le substitut du procureur général, se promenant avec un rouleau de papiers sous le bras, de l'air d'un homme attendant un ordre à exécuter.

Je pensai qu'on allait nous faire arrêter à notre sortie de la salle. J'avais, dans une des tribunes de l'Assemblée, ma mère souffrante, et je ne voulais point qu'elle pût être témoin de ce spectacle.

Je rentrai dans l'Assemblée et je demandai au général Cavaignac si on allait bientôt me faire arrêter.

— Je ne le pense pas, me répondit-il ; si vous avez besoin de quelques jours pour arranger vos affaires, je prends rengagement de vous les faire accorder.

— Je viens de voir un homme de justice, lui dis-je, et je crois qu'il est là tout prêt à exécution : pour ma famille, qui est présente, je voudrais éviter une arrestation dans cet endroit.

— Je n'en sais rien ; au surplus, voyez M. Marie; il pourra vous instruire à ce sujet.

Je fis la même question à M. Marie, qui m'a-

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dressa un sourire gracieux et jésuitique dont je fus étonné, car je savais que j'étais, pour ce ministre; un véritable épouvantail; il me répondit qu'il n'avait point encore de mandats préparés, et qu'il ne pensait pas que je fusse arrêté sur les lieux.

Son sourire et ses paroles n'avaient rien de bien rassurant. Ne pouvait-on pas avoir des mandats tout prêts ; je savais, Dieu merci, à quoi m'en tenir là-dessus.

Je me retirai, à cinq heures du matin, avec le citoyen Fargin-Fayolle, un de ces hommes qu'on retrouve toujours dans les moments difficiles.

Grande fut la colère de M. Lherbette contre le Pouvoir exécutif, qui n'avait pas fait procéder à notre arrestation immédiate. C'était bien la peine, disait-il après, de nous avoir fait voter une autorisation de poursuites pour laisser les accusés se retirer où bon leur semblera !

C'est Jusquà présent la seule nuit entière que l'Assemblée nationale ait passée en séance.

Cette nuit de jugerie me laissa de fâcheuses impressions; j'avais constamment recherché la concorde, et je n'avais rencontré qu'esprit de haine et de division.

C'est pourquoi je me conformai au conseil de

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