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CHAPITRE IX

Les places avaient été choisies un peu au hasard, et Ton s'étonnait de mélanges singuliers. Adroite, presqu'au-dessus de Bérangor, un banc de légitimistes, M. de laRochejaquelein entre autres; puis, un banc de royalistes, autour de M. Barrot ; MM. Dupin, DuvergierdeHauranne, de Malleville, Remusat; à la cime de la gauche, à l'angle extrême de la Montagne, Barbes, Etienne et Emmanuel Arago.

C'est là qu'était marquée ma place]^de représentant.

Un peu plus loin, les^deux places réservées à Baune et à Martin-Bernard; puis, Félix Pyat, Guinard, David (d'Angers), et l'abbé Lacordaire, en froc blanc. Au-dessous de lui, M. Lamennais. En face de la tribune, M. de Montalembert.

La coterie du ^National occupait la gauche, audessus des bancs ministériels.

Les députés nouveaux venus, étrangers aux anciens partis, étaient, en général, relégués dans les fonds, à l'extrémité de cette vilaine salle longue, où la moitié des assistants n'entendait rien.

On avait beaucoup parlé à l'avance du costume décrété par le Gouvernement. Personne, ou à peu près, ne s'y était conformé, pas même les mem-

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bres du pouvoir. J'étais peut-être le seul avec le gilet blanc, à grands revers, à la mode de la Convention.

Lorsque la première émotion fut calmée, le citoven Dupont (de l'Eure) monta à la tribune et lut un discours préparé en commun avec ses collègues, pour remettre collectivement les pouvoirs du Gouvernement républicain à l'Assemblée nationale:

« Citoyens représentants du Peuple,

« Le Gouvernement provisoire de la République vient s'incliner devant la nation, et rendre un bommage éclatant au pouvoir suprême dont vous êtes investis.

« Elus du Peuple ! soyez les bienvenus dans la grande capitale, où votre présence fait naître un sentiment de bonbeur et d'espérance qui ne sera pas trompé.

« Dépositaires de la souveraineté nationale , vous allez fonder nos institutions nouvelles sur les larges bases de la démocratie, et donner à la France la seule constitution qui puisse lui convenir, une constitution républicaine. »

(Cri universel : Vive la République! )

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